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Poème partagé par jaicemail – création poétique en ligne
Le blaireau, prudent omnivore
Qui dort le jour et sort la nuit
Eut l’idée, pour tromper l’ennui,
D’aller voir du cinéma gore.Il se fit pelisse impec,
Lissa sa tête blanche et noire,
Et quitta son quiet territoire,
Avec les ruses d’un fennec !Il gare à l’ombre du ciné,
Passe un nez fin à la portière,
N’hume pas d’odeur étrangère…
Donc surgit, l’air déterminé.Le voici près de la caissière
Qui lui donne un « Bonsoir Blaireau ».
« Holà ! » crie le godelureau,
« Restons discrets j’en fais prière,Dame, je suis pourtant casqué !
Col relevé ! Longue visière !
Pouvez-vous dire par quel mystère,
Vous m’avez si tôt démasqué ? »« Mon bon Monsieur » dit la femelle,
« Dans ce milieu de lapereaux
On repère les gros blaireaux,
A leur terrier sous leur semelle ;Et pour passer incognito,
(Et c’est pour vous le mieux à faire),
Vous devez revoir votre affaire,
Fortissimo et subito.Voici donc pour votre gouverne,
Au gré de vos emportements,
Trois forts points de comportement
Qui font qu’en vous, blaireau l’on cerne.Un ! Pour creuser votre terrier
Vous jetez à l’avant vos griffes
Puis d’un recul qui ébouriffe
Vous déblayez comme un guerrier !Mais là ! Dans ma file d’attente !
Dans mon ciné ! Je vous vis fouir !
En déterrant, vous fîtes fuir
Tous mes clients dans la tourmente.Et maintenant, sanguinolents,
Aidés d’amis haltérophiles
Et cynophiles, ces cinéphiles
Sont en chasse au blaireau violent.Deux ! Rongeurs, guêpes et grenouilles,
Comblent vos nocturnes festins ;
Et vous flattez vos intestins,
Avec lombrics en lieu de nouilles !Mais là ! Vous offrîtes repas !
Dans mon ciné ! Dans la pénombre !
Et voilà malades en nombre,
Par gros blaireau et ses tapas !Ils croyaient se rincer la dalle
Avec des popcorns bien soufflés ;
Ils ont nausées, sont boursoufflés,
Veulent vous sécher d’une balle !Trois ! On connaît vos « fesse à fesse »
Entre copains, dans votre clan ;
Et l’on sait que ce bataclan
N’est que marques de politesse !Mais là ! L’ouvreuse a chaviré
Quand soulevant votre queue blanche,
Vous lui pressâtes sur sa hanche,
Vos deux glandes à musc viré.Elle en dit deux mots à son homme,
Lui-même ouvreur…mais au rugby :
Il vous veut steak de wallaby,
Donc s’il vous trouve il vous assomme.Lors, craignant qu’on ne le dévore,
Blaireau se tassa dans le fond…
Mais il reçut au carafon,
La tronçonneuse du film gore.
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