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Poème partagé par Palmier – création poétique en ligne
[b][size=x-large] Le Chien et le miroir (Fable)[/size][/b]
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S’en venant du marché un bifteck aux mâchoires,
Un chien fort bien nourri, alerte, dégourdi,
Passa, chemin faisant, devant un cagibi
Où l’on entreposait un attirail de foire.
Au milieu de ce dépotoir,
Trônant sur son trépied se tenait un miroir !
Ce miroir n’était pas un miroir ordinaire.
D’un objet reflété il faisait une paire,
D’un nain il vous faisait apparaître un géant,
C’était un miroir déformant.
Le chien, s’y regardant, observa, stupéfait,
Un autre chien, mafflu, gras comme un portefaix,
Qui tenait fermement en sa gueule massive
Un bifteck carrément d’une taille excessive !
« Fichtre ! se dit le chien, voilà un compagnon
Servi bien mieux que moi, le sale maquignon !
J’ai un petit bifteck, lui c’est presqu’un jambon,
Il a tout le gigot et moi un rogaton ! »
Et le voilà, plein de colère,
Qui se jette sur ce compère.
Sans chercher à savoir d’où sortait ce voisin,
Il fonce, l’imprudent, sans tâter le terrain.
Il casse le miroir d’une seule ruade,
Se met la gueule en sang de mille estafilades,
S’assomme et puis s’affale, essoufflé, abruti.
Mais ce faisant, notre ahuri
Avait abandonné son beau morceau de viande,
Et un chat qui passait en fit vite provende,
Emportant le bifteck au sommet d’un sapin,
Loin du capharnaum où gisait le mâtin,
Tout saignant et blessé sur son lit de décombres.N’abandonnez jamais une proie pour son ombre !
[/size]17/11/09
Extrait de mon recueil « Les Fables de mon jardin »
🪶 Signature de la plumeAvec mes amities
Alain
Pour voir mon site : Mes vers a moi
""Les tambours de la solitude eveillent, aux frontieres de l'exil, l'Eternite qui baille sur les sables."""
(Saint John Perse)
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