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Poème partagé par islander – création poétique en ligne
Va parler à la couleuvre lovée dans la parure d’une herbe sifflante,
Va parler à la chouette aux ailes blanches, doucement inspirée de
Ton esprit mélancolique,
Au héron qui se dresse avec le soleil à boire toute peur de la plaine
travailleuse,
à l’abeille distraite par la source de ta poésie intemporelle et souple,
Par la source sans consentement qui exige qu’on respecte
son âme pure et rafraîchissante,
Va parler au désert et au feu qui rassemble les pierres
en un cri brûlant,
A l’arbre qui se tait, heureux de son mystère
dressé par la prudence de ses feuilles
Au ciel qui chante ses couleurs comme une femme
devant un miroir attendu de tous,
Parle à la mer qui sait écouter, sans exiger que tu comprennes
sa durée autour des lamentations brusques de la terre
Éloigne-toi de l’homme brutal, de l’homme assouvi par la pauvreté
de sa folie qui te détruit sans savoir le secret des mots,
Va parler poète à la femme, à la chanson
de son dos qui assouplit le jour et la nuit
A l’étoile qui scintille, et qui reste attelée
à la grande charrue de ton cœur attendant qu’on l’embrasse,
Ton voisin n’a plus l’âme d’un enfant émerveillé ni le talent
de comprendre les blessures d’un cheval de trait
Il se meurt de cette flamme, en volant tes rêves, tes mots,
Va poète rend leur la lumière douce qu’ils te volent
obscurément,
Comme ce trésor unique que seul tu connais
depuis l’aube creusée d’une enfance aux fleurs illégitimes mais soyeuses.
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