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Sujet
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Huile sur toile (D’après D. Schintone)
LE CONDOR
De ce grand prédateur, il n’a pu voir que l’ombre
Victime désignée arrachée au troupeau.
Crucifié par les serres et déjà hors du monde,
Il jette un œil voilé sur l’étendue salée,
Pâture des ovins et lamas guanacos.
Seuls les battements sourds de ces ailes immenses
Cadencent les efforts du prêtre officiant
La liturgie sacrée. Plumage noir et blanc
Au col bordé d’hermine, le Condor va sa route ;
Elle mène à la falaise, au flanc d’Urupaja.
Là, dans une crevasse il a bâti son nid.
Il dépose sa proie qui ne se débat plus,
Dispense la provende à nichée affamée.
Son devoir accompli, il prend quelque repos.
Également se nourrit, il a besoin de forces.
Puis bascule de l’aire, c’est son dernier voyage.
Figure légendaire des Andes cordilière,
Roi de l’Altiplano, le héros du Yawar,
L’Apua délaisse les rênes du pouvoir.
Les ailes déployées, porté par les courants,
Il embrasse royaume de défilés profonds
Où coulent les torrents qui découpent sierra,
Passe Machu Pichu, il veut être plus haut.
Survole les névés, et le chaos rocheux.
Encor quelque brassée de puissante voilure
C’est le désert glacé précédant les sommets.
Des crêts immaculés, trouve enfin l’ascendance
Plus haut tu monteras, Icare symbolique
Messager du soleil, vénéré par l’Inca.
Tu te perds dans l’espace, Don Quichotte royal
Tu vas sans Rossinante, décrocher le soleil
Et puis tu disparais, avalé par le ciel.Parceval
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