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Sujet
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Chaque jour qui passe,
Dans mon cœur je ressasse
Ce que, de guerre lasse,
J’ai fait de ma carcasse.Ô, souvent, la routine
Me souffle sa comptine
Dès que l’ennui lutine
Mes divines matines.
L’aventure se cache,
Pingre, mesquine et lâche ;
Nul se sait, que je sache,
L’appâter sans relâche.Parfois, je vibre en douce,
Quand j’écume la mousse
Pour cueillir la secousse
Qui m’émeut la frimousse.
La journée s’est éteinte
Et j’ai noyé l’empreinte
Qui nourrissait les plaintes
D’un ami dans la crainte.De temps en temps, je pleure.
La souffrance antérieure
Délaisse sa demeure,
L’illusion de mes heures.
J’affronte enfin la peine
Que ma foi bohémienne
A drapé, comédienne,
Sous les feux de la scène.Alors, la nuit m’embrasse
Et me mène avec grâce
Aux rives de l’espace
De mon sommeil vorace.
Morphée me prend la main
Et me souffle en sous-main
Le repos qui, demain,
Me rendra l’air humain.A chaque jour suffit sa veine,
A chaque nuit suffit sa peine,
Et la vie restera ma reine
Aux sautes d’humeur musiciennes.Ces nuits là me vont bien, sais tu ?
Si je pouvais, ainsi vêtu,
Promener mon flegme têtu
Sur tous les autels des vertus,
Si je pouvais, chaque matin,
Croire à mon propre baratin
Et tuer mes mauvais instincts,
Je le chercherais, mon destin!Mais rien n’est simple, quelquefois …
Il aura suffit de deux fois
Pour que les démons d’autrefois
Un écho cru trouvent en moi ;
Pour que ces mots mordant la chair,
Pour que les cauchemars d’hier,
Pour que les relents de l’enfer
Reviennent parfumer mon air.Depuis, il arrive qu’il vienne
Souffler sur la triste éolienne
Des mélancolies souveraines
Qui hantaient mes nuits collégiennes.
Lui, que je ne peux plus chasser …
Lui qui m’a, minot, fracassé …
Lui qui m’a toujours pourchassé,
Même quand je l’ai terrassé …Et quand il s’en vient m’enlever,
Quand je vois son poing se lever,
Les yeux qui sont sur moi rivés
Ne cessent de m’invectiver.
Ils ont perdu l’accent d’avant,
Et ça devient très éprouvant
Quand derrière ce paravent
Je reconnais mon poursuivant.Il a les mains couchant ces mots
Qui vous racontent là ses maux.
L’odieux démon, parfait jumeau,
C’est moi, mourant, pianissimo …Ô, si je devais, aujourd’hui,
Décider jusqu’où, chaque nuit,
Morphée peut m’emporter sans bruit,
Je goûterais à tous ses fruits.
Car la peur de ce cauchemar
Me permet d’espérer pouvoir
Garder un tantinet d’espoir
De ne pas sombrer dans le noir.Il faut parfois se connaître
Jusqu’aux confins du mal être
Pour ne pas voir apparaître
Ce qui n’aurait pas dû naître.
Il faut toujours se souvenir
Comment on ne veux pas finir
Si l’on ne veut pas devenir
Le tourment de son avenir.Car la fleur de l’incertitude
Brise la perfide hébétude
S’immisçant dans mon attitude
Quand je m’offre à la plénitude.
Ô, doutes, vous me rongez l’âme,
Mais dans le rappel de vos blâmes,
Je pourrais trouver mon sésame
Sans voler à l’autre ses larmes.Ne me ménagez pas, surtout !
Vous êtes mes plus beaux atouts
Pour ne pas plier le genou
Face au démon qui me dit « nous ».
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à chacun(e) de vous … ^^