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Le Florilège composé pour Meilihua

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 21-05-2022 01:13.
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    Sujet
  • #2693198
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Tiananmen

      Au seuil du haut lieu des passages, ton premier regard m’élucida
       
       
      et frôlée chaque muraille gonflait tes bras de fleurs
      tu avais des traverses qui poussaient comme des greffes d’aventure
      et nos rires étaient mutins devant les mémoires de jade
       
      tu savais ce secret de palais insonore où nos sommeils évinçaient les trésors
      et de toute la longueur de nos âmes promises
      cette soie volante qui s’en allait figurer des ailes aux frontons graves
       
      mais la rumeur conquit tes sens, et parmi sa multitude
      adressée aux métamorphoses, ta main lâcha la mienne.
      Ce matin, à Tiananmen, nos silhouettes, à ma craie tremblante
       
       
      Et l’ombre des soldats qui en déborde déjà la fusion

      Partance

      sans que nul vétilleux n’argue
      de la mélancolie de la révolution
      le jour finissant
      n’a pas de ponant

      c’est que parmi les altitudes
      proémine le château de flammes

      aussi les rapides réfléchissants du fleuve
      avec les safrans d’équipage
      enverguent le jaune anémone
      et désancrent le plus rouge

      tous les livres qui évoquent les mers
      tous les soupçons qui albument les mers
      ont recouvert de leurs feuillets francs
      la longue ville double des rives
      et des vitraux du collapsus cathédrale
      coule toute l’aigue-marine

      et la vigie d’eau flamboyante
      consume dans son silence
      les brisants chantefableux
      avec les îles médiocres

      tandis qu’à sa hurlée lustrale
      elle révèle les littoraux émerveillants

      Arroseresse

      encore l’énergie candide
      pour que sourde
      et glisse l’arcure de transparoir

      pétille l’assouvissance humique

      le céladon
      relaissé à chaque impasse
      veine l’urbain abîme

      et humblesse du sang lucide
      le rose va s’épanouissant

      son frisson
      aura thésaurisé le passage

      si frêle d’éluder l’indéhiscence
      la main s’alentit

      diaphane repos à même ses semblables de pétales

      Extase aligère

      affublant l’une des saillies de la tombe 
      un papier
      où s’est étiolée la polychromie de l’éploiement
      déchirée l’alchimie compendieuse de la nue 
      détient le vent étonnant 

      son ombre 
      parmi le demeurant des offrandes
      magique l’oiselle exhaustive 

      les ailes doublent
      capricantes
      diaphanéisent
      l’essor des papillons symbiotiques 

      l’infime soupir sélène
      pour le cercle 
      encharmé par les robinsonnades de la volute

      ne se refermera pas

      autour du bleu qui les gîte

      Au seuil du Tao

      ombres des carreaux
      et des feuilles effleureuses de ciel
      créatures fabulées
      sur le safran d’un damier
      qui va se diaphanéisant

      la lumière
      empoussière les lampes insomnieuses
      poudre des craintes et des deuils
      dans un exil de rayons

      éconduite
      la couleur d’un mur
      l’angle à peine
      plie la page du ravir

      la limite qu’il paraphait
      s’éploie par deux ailes frémies
      où toute silhouette
      qui fit vanité de sa tumescence
      se confie au mimodrame des métamorphoses

      La rose de soie s’allume

      météoriques lampes en semis du plafond
      car s’y dévouent les rayons
      que vont allouant les voilages

      si minces leurs arcs
      afin de se joindre et d’évincer le cercle de métal
      par le cercle de lumière
      montrent l’ahan de fluides tendeurs

      las de leurs mille élans
      après avoir mimé le feu du filament
      ils tombent sur le rose de la rose
      asile et consolation
      dans sa marcescence éludée
      et le gracile outremer de son vase
      où boire n’a plus part à l’eau des contingences

      Hippophanie

      quand sa prégnance
      fut admise par la nue
      la lumière franchit

      le pluriel aurifère
      épanche sa transparence

      les verts prononcent la formule de la colline

      à l’acmé de la retrouvaille bâtisseuse
      le lilial et la tuile

      en colimaçon
      l’ingénuité se joue d’une clôture obstinée

      l’ogive se parfait
      autour de sa frondaison éclose d’une ombre

      l’offrande ne sait rien
      de ce que gouverna le sang
      et du passé simple des pétales
      ne distingue pas la chair

      aussi descendance des rayons
      comme source d’arabesques éclair
      bais et moreaux s’allument
      aux fins d’harmonier le soir qu’ils pacagent

      Empire du rouge

      les plus obsessifs angariants
      jusques aux cristallins
      les plus luminocides
      partis traquer le primicère

      elle
      linéament du tranquille
      et féale de l’effet
      contemple sur le textile
      le tremblé des faisceaux qui libèrent les sangs

      une fluence de nuances
      où jamais n’achever
      ni dauphin bondissant
      ni cheval franchissant

      où rouler le myocarde
      dénudé de sa cadence pallide
      immolant à la rubellite
      tout aval de galet

      le rapide ravit une ombre de saphir
      puisque l’étoile s’en prévalut
      qu’insensiblement élève
      de feuillet en feuillet
      la confidence manuscrite

      et la toile neigée
      qui s’épanche enfaîtage

      adret prolongé d’arabesques
      noires s’intersectionnant
      pour les basculages symétriques
      des cardiophanies bées

      ses angles après un spasmé d’efflorescence
      s’éthérisent
      aux fins de quadravalancher la confluence

      Dissolution

      ce soir enfin
      sur la natte de la mélancolie
      mes yeux se reposent
      dans la patiente contemplation
      de l’orangé lointain du temple

      sa braise survivante
      posée délicatement
      au bas du versant noir

      alors en plein cœur ou dans l’esprit
      je ne sais
      cette révélation que la lumière suffit aux choses
      que l’édifice n’a plus sa pierre équarrie
      que mon regard n’a plus sa chair humide

      un lent geste de nuage mauve
      essuie soudain la lune
      comme une dernière larme d’ivoire

      Avec l’arbre mort

      éperdue d’aube
      la jeune leucémique des lisières
      étiolé le rouge
      au démasqué d’osséine
      dans sa geôle angiologique

      rose mémoire qui fascine
      bradycardiaque essor qui s’orange
      page du bleuir que lettre l’éteinte
      un ciel encore ébruite
      les couleurs du fragile
      le bois se repaît
      rassasie ses ramures

      sur l’herbe où s’absorbe la robe blanche
      la main dolente ira fraîchissant
      cueillant la rosée gouttelée miroitante
      de la cassure des ombres

      Phantasma

      *

      Coïncidé avec l’inconnu de la page
      son réveil
      mon stylet demeurant en suspens

      le long de la lenteur allant l’animal relevant
      exhaustivement s’effila la tissure
      qui m’avait acharné à notre épopée

      après qu’au bas du siège
      il se fut coulé
      il devenait ce traverseur de la pièce
      dont chacun des dépouillements
      raffiné de chandelle en chandelle
      et de ciseau de soupir en atramenteux délié
      convergeait maintenant
      vers son pelage d’ardoise nué de lunules liliales

      le guéridon fut approché par son intensité
      autour du pied la queue muée en spire

      ainsi par les quatre pattes planté
      parmi le textile évocatoire
      il connaissait un obstacle fée
      au fruit des ramescences de l’espace

      **

      Ma main échappa le stylet
      qui dépêcha vers les frimas des souvenirs
      la cavalcade fantastique des mouchetures

      et ce fut au-delà du procès
      translaté par le syntagme
      « s’éloigner de la table »

      je me sentais renoncer le serment
      stygien de colliger nos affines désheures

      au point de prolifique
      où les gemmes de sa contemplation s’attachaient
      ces miens yeux recouvrés s’évertuaient à participer

      à l’invisible fascinatoire
      étrangers indéfiniment

      et n’abordant par à-coups crépusculins
      que cette seule étreinte d’un mur avec un blanchoiement

      ***

      Besogneux subjonctif du trivial
      puisse un volume frayer des rectilignes de krypton
      au-devant d’une soierie inopinée
      sur l’aberrance d’un fil
      à la rencontre des poudres de négligence

      entre le ravissement et le mur
      il aura fallu que je m’abâtardisse
      enchevêtreur d’élucidations déciduales

      de paume en pulpe et de pas en trace
      la tragi-comédie de ma pantomime
      irait inférant un cratère
      à l’orle duquel l’inclination
      vassaliserait ma complexion

      ****

      L’assombrissement
      son principe n’en était pas la fenêtre
      à sa séquence de vêpre

      il brumait des verticales des angles
      elles allaient ondulant
      danseuses du dragon

      entre la seconde
      et la seconde
      luisit
      le double turquoise pailleté
      d’un regard

      et le bondir félina la merveille

      puisqu’il était ce transtroubadour épanoui

      s’alentit se
      retourna aux fins d’appareiller mes prémices
      avec son savoir que l’éclosion recommencerait

       
      et l’amande en moi battant
      plus dispensatrice que myocarde
      au milieu de la fontaine du désir et
      de l’énigme
      j’éprouvais à nouveau goutte à goutte
      sur l’eau de mes iris
      le silence de Meilihua
      qui lui faisait toute cette sourieuse parure
      où thésauriée se réfléchissait
      la justesse de la gamme de mes amauroses

      Issante

      le congé des repères
      échevelle le délai

      sylphide au long dénoué de jais
      la silhouette des lisières

      parmi l’aubier
      dont s’embrument les verticales
      fabuleront des huis

      linéaments de l’enfuie
      la jeunesse s’inachève en redoux d’or
      la trace interroge la poudre
      dans la lumière giboyeuse

      ce qui a chaussé ses erres
      espace la dernière bête d’évidence

      Cathédrale

      radiaux
      et déictiques bras
      ailes éployées
      un ange
      étoile malitorne
      a guidé les magnificences
      que des reflets cannellent
      à même l’oubliance des prosternations

      et rien ne sait plus brûler
      hors l’ogive élancée du tréfonds
      qui va détroussant la cendre

      les couleurs des vitraux
      se sont lovées
      dans la flamme de mon démasquement
      à sa pointe d’adolescent soleil
      la fugacité
      éfaufile sa seconde flâneuse

      Inaccompli

      les passages
      lotissent l’étoile
      entre leurs défauts de célérité

      s’allume en braise
      le calme du myocarde

      longtemps
      par nulle pénétration
      la lisière ne vieillit le charme

      à l’approche des pâtures
      l’angle dévoué
      réunit les tentations
      en son dardement abiétin

      Mais ce défi à l’ascendant de l’hôpital
      sa fraction pour fronder le tracé

      d’écorce en écorce
      est absorbé
      l’aspect suranné

       
      Transfixant le reposoir de feuilles
      cette discosurgie
      où confluer avec le poecile des planètes sanguines

      ce qu’augure son rose sylphide
      prévaut

      le faîte
      de ses pièces de lumières
      parsème le brun au pluriel

      leur mouvement
      emporte

      le retour mêle sa poudre
      à la tissure d’aranelle

      l’une
      effleure
      et s’éloigne

      avec l’autre   
      se coalise
      une équerre soudaine

       
      Et n’étant jointe
      la couleur
      retourne
      au moment végétal

      la fraîcheur souffle les reptations clarteuses

       
      Ne sera que cette lacune
      aurore des lacunes
      à l’orée des immeubles
      la prochaine systole

      Lame du ciel

      oiseau
      ailes éployées
      envergure des vents
      des satinés des moires
      chatoiement de l’indicible
      lente lame glissée

      lambeaux d’azur
      que thésaurise la branche

      tête coupée
      à l’ogre de soleil

      éteules de rayons
      de mica de diaphane
      sur l’ultime marbrure
      qui prénomme l’hiver

      Prestidigitatrices

      le vivier du mouvoir
      dérive les pâtures

      ses sèves négatives
      épuisent les obliques

      à ce point miroitante la lisière
      ravive les prémices

      parmi le mordoré viridivore
      la relique des chevaux blanchoie

      astral vulnéraire au bris de la ramure
      la clef se dépoche dans la halte déclive

      à l’issue du sinueux
      aéricole mirance des aubiers
      la décision coïncide avec le recouvrement
      puisque ravir jumelle perdre

      aussi la promeneuse pharamineusement escapadée
      jusqu’aux posologies caduques
      contemple le lent enroulement
      où viendra saillir la veinure affranchie des fluences

      Legere*

      pour la bête immaculée 
      qui sait surgir du vert élytral 
      et dominer surprise les tombes
      pendant que les sillons aurigères de la calligraphie 
      se fondent dans le geste céréalier 
      l’angle transmue sa pierre en pain

      un bateleur nébuleux 
      décèle les prémices de la fraîcheur 
      et le souffle brandillant
      qui a recueilli le soupir parmi son nimbe 

      tout à l’aplomb d’une croissance par-delà la glèbe 
      que la dilection variablement inachève 
      ce signet de neige 
      qui va reliant au ciel
      l’inflexion d’un florilège

      Puisque des chèvres dominaient

      Le cimetière

      Installées sur le mur

      Qui le sépare

      De la forêt

      Elles avaient quelque chose

      De si réconfortant

      Dans leur quiétude

      Et leur présence débonnaire

      Parfois

      L’une après l’autre

      Elles disparaissaient

      Dans la forêt

      Puis

      L’essaim

      Par degrés

      Des béguettements

      Et des sabots fouleurs

      Annonçait leur retour

      Sur la laie gravillonnée

      L’une d’elles

      Toute blanche

      Vint se dresser

      À l’extrémité du mur

      Presque au-dessus

      De la tombe de Mademoiselle LIN

      Elle me regardait fixement

      Sans un mouvement

      Tranquille arderesse

      D’arêtes et d’angles

      Éclatante de lumière

      Elle se détachait ainsi

      Sur les sombres et les verts du végétal

      Percés d’éclisses bleu de ciel

      Je ne pouvais m’empêcher de penser

      À l’apparition angelicielle

      Qu’évoque en sa fin

      Ou au commencement

      Cette bonne nouvelle millénaire

      Et qui demande si clairement

      Si lucidement

      Aux visiteuses endeuillées

      Frappées de stupeur

      Entre les pierres émues :

      Pourquoi chercher parmi les morts

      Celui qui est vivant ?

      La balade résurrectionnelle en lycosélénescence

      après long temps de berge
      et d’humine et d’élancement asymptotes
      aux agnelines du contre-courant
      qu’échevelait pour érinnyes le cyanogramme des vortex

      au lieu que sur la noyade tantale
      continuât d’incider mainte affine alluviale

      un escalier intima le dépassement des cataractes

      entre les degrés de son alliage
      la taille-douce des losanges qu’échoïse l’orient
      lotissait l’eau de la rubacelle
      enchâssant son facetté de délitescence dans mon sang

      en aquafleurs y mua mon pas fou
      ses langueurs et les corolles de la jointière des vents

      en fascinatoire prodrome
      qu’amphimoire l’énigme des houles
      la quintessence de la moelle alienne

      comme le doue d’indomptable hexaèdre la viviane murmurocardiaque
      voilà le carbone courant l’amulette sommitale
      l’intaille pour princée du franchir le fuseau de l’incarnat

      et des épiphanies de l’azuréenne ramescence
      où incis arceau la chantefable
      louvette à la craie pellucide
      le regard aura passementé
      et le berceau et l’incunable de ses cristallins

      Schizophrénie

      au tréfonds du vêpre d’atermoi
      un ébahissement préhensile schismatise le voilage

      cascatelles khrismescentes
      où l’oiseau s’accuse de la consécration de l’oiseau
      foli au-dessus des lettres regretteuses de cryptides

      les dérélictions qui délinéaient le messier des enfances
      comme imminences pourtournent les nuances

      et la solution de sanguine
      parfait la pyrexie d’envolement

      sporades versiquadrangles
      en six ténuités le bois phéomuable
      dont les découpes vont
      prorogeant la conjointure de ciel
      discorde la valence du mur
      d’aile en aile effleureuse

      sur le spicilège ignescent que désabandonnait
      le fauve ocellé de la caryatide équerre

      ensuite du confin des flanelles zéphyrs
      lilialement leurs chiffonneries fléchissant

      un vasculaire voleux muricosouffle son poudrin

      Carnavals en gare

      rets gris pâle
      lacs bleu de lune
      comme à l’élongation d’un dernier nocturne
      l’aube multiple des écrans
      a saisi les visages afin de crypter l’humain

      et l’aquarelle des moroses
      rien qu’un écho de voyage
      à même le flocon qui devient eau
      emperle froide chaque vitre

      or malgré leur droiture
      les angles se désordonnent
      iront se défaisant

      quel oeil pour cette fulgurance
      qui aura dardé leurs lignes ?

      les poignées de papier en fête
      s’épanchent d’une irruption de jouvence
      la polychromie du spontané
      mime un quai de pétales
      mes souliers s’en recomposent
      dans le risque d’un pas désheuré

      le kaléidoscope des missions de soufre
      du métal qui roule hurlé
      avec du métal qui parallélise
      glisse tout le long de l’oubliance

      déjà les loups de l’ancienne mascarade
      ont nuagé le ciel de leurs braises fugitives

      L’absurde

      Mon pas d’errance
      enjambe des pierres
      qui annellent un feu éteint

      le long de l’autre berge
      une villa parmi la nuit finissante
      trisse le nacarat qui la fenêtre

      une évanouissante silhouette lente
      se coule d’un quadrangle dans l’autre

      à l’instant de son éclipse
      un appel au tréfonds de moi murmure
      si elle reviendra en mage
      se prosterner avec le présent de l’aurore
      devant ma patience nouveau-née

       
      D’une bête
      c’est la soudaine sombreur
      qui s’approche

      prodrome de l’épure du silence
      avec son pas égal en houppelande

      Gravitationnelle

      métal glacé de la poignée
      ses reflets épuiseurs de lexique
      accroissent leur énigme
      dans la main translucide

      entrebâillé
      le risque des fraîcheurs

      houle verdoyée
      la promenade du franchir

      léger tremblé
      de l’imminence en écho des oiseaux

      mais le cyan l’ocre le fauve
      assermentent leur tissage
      quand le rose des pétales mitoyens
      s’aile élucidant l’essor

      tressaut du sang
      une systole transhumaine
      aux coordonnées les plus naufrageuses du circuit

      mais le ressaisit
      le racinage de vaisseaux et d’haleine
      quand vannant le crépuscule les félines ténèbres
      séparent le rouge
      des leucémies qui étoilent

      Soir d’hiver

      la flambe d’un mouchoir
      fanal chiffonné
      au confus du raidillon

      arcure de la lenteur
      une fumée cyanosée

      la périssoire des lointains
      son demi-moment de rivage orange
      pour le rose alangui

      l’épilogue du soufre
      nimbant l’émaciation des mauves

      et les sylphes d’un frisson d’encre
      sur les bois sommeilleux
      débarcadère des étoiles

      Nocturnale

      tout à sa mélanique arborescence
      la cour
      ira glissant des éclis de safran
      dans le confus de son faîte

      reflets paniques
      sur le carnaval des carreaux

      flagelles de nacre
      dyades pourpres
      bluettant lapis
      jusqu’à l’exhaustive épousaille
      de l’alevinière des distances et des vitesses
      que palissade le bambou

      au clair des parallélogrammes
      dont s’ensoufrent les solitudes de la maison
      une séquence fissile
      des palinodies de jokers
      s’offrent au vent s’évadant
      d’entre les ciels décloués

      Segment

      elle allait s’enquérant
      d’une distance encline au vertige nouveau

      le rouge malingre des instants accrus
      instillait un train parmi les écorces stridentes
      afin que s’élongeât la surgie du voyage

      la fonte des blancheurs ubiques
      fait miroiter le raidillon

      de leurs vols jumeaux
      le coupent deux jais ravisseurs
      et du larcin qui les brinquebale
      phosphore le lointain

      elle s’étonne que sa plume cardiaque
      ignore le pouvoir des ailes acolytes

      or serti dans le figement le nocturne des yeux
      s’attache à l’éclair tout à coup dépris
      sa diffluence de tuile et d’ardoise
      de mordoré limbique et de fauve

      son effarée ruisselure
      qui va radiant le jour sur la baie d’hôpital

      Pansements d’aube

      des lignes noires
      pour tigrer l’ajour

      entre deux limbiques colonnes
      de safran pâlissant
      l’arbre rêveur de l’arbre
      sur l’adolescent bleuir

      gorgé de l’encre des magnifiques
      l’incorporel pinceau
      appuie les longs partages

      et un fauve se sera coulé
      dans son cruciforme jaillir

      aux mains cacochymes
      des réveils étonnés
      la grâce de recueillir
      les carrellements de la métamorphose

      pour la blessure des combles
      les destinations qui mortaisent
      pour la plaie apothéotique
      et les morts d’oubliance et de marbre

      Féerie marine

      affranchi
      des naufrages
      un minime discoïde
      étincelle son interstice
      dans le continu qui foule

      ce n’est pas qu’il s’élève
      aluminant ainsi les lignes de ma paume
      c’est qu’à sa carène fraîche
      nous nous destinons

      tout le long de la cathédrale
      intermittences d’un poecile saxifrage
      s’avive sa confiance de vitrail
      et pour viatique la rosace
      lui cède le plus ambré
      de sa corolle pellucide

      des huilistes qui vont fantaisiant l’orthogone du pont
      il désapprend le vêpre glauque
      et les cassis angoreux de la déréliction stellaire

      quand le zéro des dynes
      dans une escale brouillée
      enclôt et l’arrière et l’avant

      le renucléent à même ce sol
      ses chromosomes de hublot

      apte à pousser
      tout autour du périmètre de son orbe

      les valeurs du bateau sur une mer qui flavesce

      Drapeaux de Chine

      grands drapeaux dans un vent d’été
      qui appond et confie un sang
      au corps de verre me glissant
      à travers l’île mi-réelle ?

      tant d’éploiements où persévère
      la couleur qui dore
      l’étoile sagittaire avec son arc d’étoiles
      retrempent le secret systolique
      hèlent le lacis du pouls

      le fluide héberge les pérégrins d’ombre las
      et parfois des oiseaux ou des cimes
      battements d’encre ou acuités smaragdines
      tout à cette manière de délivrances
      sur le haut pastel de ouate
      calligraphient la vérité d’un jour encore

      Tradescantia

      * legere : verbe latin signifiant « cueillir, choisir, rassembler », étymon du verbe français « lire » qui est d’abord « recueillir par les yeux », « assembler des paroles ».

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    • Auteur
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      • #3378494
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photoislander
        Membre Oasis
          • Sujet: 8962
          • Réponses: 96830

          c’est très beau, je ne comprends pas tout, mais il y a quelque chose d’envoutant dans cette poésie subtile et mystérieuse, quel régal

        • #3378495
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoNoireLune
          Membre Oasis
            • Sujet: 1482
            • Réponses: 52493



            Bonjour à vous…Tradescantia
            En résumé une écriture puissante et libre…

            Très amicalement…


            La Po?sie ?a sert ? faire du bien...
            ?a d?noue le n?gatif...
            et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...
          • #3378519
            Administratrice
            Avatar photoSybilla
            Maître des clés
              • Sujet: 17854
              • Réponses: 198274

              Bonjour Tradescantia,

              Quelle immense profondeur en tes images de toute beauté et assez troublantes !
              C’est une magnifique poésie émouvante très engagée !

              Belle journée cher ami poète!
              Toutes mes amitiés
              Sybilla

              Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
            • #3378622
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour…

                … Ravi de vos visites au coeur du florilège de Meilihua… Elles y font ce supplément de corolles…

                … Engagée, libre, mystérieuse, trouvailles _de la même racine que troubadour : qui s’évertue à trouver, à se trouver_ ces mots précieux composent comme un talisman…

                … et je crois décidément que redire celui qui exprime ma reconnaissance n’est nullement répétition, c’est la croissance en perles du collier de Gratitude…

                Cette neuve journée sur une terre du ciel vous soit tout à la fois bienveillante et aventureuse ! …

                Tradescantia

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