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Poème partagé par Palmier – création poétique en ligne
[b][size=xx-large]Le grammairien et l’âne[/size][/b]
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Sire ! dit le faquin avec un grand salut,
Je suis un grammairien expert et reconnu.
Ma science est infuse et depuis mon baptême
Je connais tous les mots, leurs règles, leurs phonèmes.
Je me fais fort, Ô Roi, d’apprendre le latin
A quiconque ici-bas, animal ou humain.
Tenez ! Eprouvez moi ! Amenez moi un âne,
Même pas de haut vol, un baudet bien profane,
Un bourricot bien nul, extrait de son fumier.
Je lui enseignerai les verbes réguliers,
Le qualificatif, les cas, le participe,
Et de notre grammaire il saura les principes.
Il me faudra du temps, c’est un âne, Seigneur,
Mais donnez moi trente ans et il sera Docteur !
Vous n’aurez à payer que ma pension complète
Pour voir, de vos yeux voir, ce miracle d’esthète.
Car je suis un artiste, un prodigieux mentor.
Je vous mets au défi de prouver que j’ai tort.Le bon Roi acquiesça. – Je veux voir ce prodige!
Mais je vous ai à l’oeil ! Cet âne, je l’exige,
Doit devenir savant, poète et écrivain,
Sinon, je vous tiendrais pour un vil malandrin,
Et vous ferais payer ce tour, le temps venu.
Vous en êtes témoin, le défi est tenu.Las ! Au bout de vingt ans, l’âne meurt de faiblesse,
Le bon Roi, lui aussi, succombe de vieillesse.
Et le filou repart, repu de sa pension,
Son gousset bien rempli, sans remplir sa mission.
Brave gens, attention aux charlatans de foire
Bardés de beaux discours et de tours dérisoires.
Défiez-vous des gens qui vous font illusion
En vous ébahissant de leurs propositions.
Examinez avec sagesse
Les conditions de leurs promesses.
[/size]Avec mes amitiesAlain
Pour voir mon site : Mes vers a moi
""Les tambours de la solitude eveillent, aux frontieres de l'exil, l'Eternite qui baille sur les sables."""
(Saint John Perse)
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