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Sujet
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Ce qu’il me faut comprendre.
Ce qu’il me faut apprendre :
Si vous sortez du champ de vision
De tous ces gens sans attention
Voilà qu’ils vous oublient
Et vous finissez commme sans vie
Pour eux.
Sans euxAlors faut-il ici d’emblée
Ne plus rien envisager
Et les oublier comme eux
Si tôt franchi le bleu des yeux ?Jeudi 26/11/2009:
Matin :
Orly persiste et signe.
Toutes ses pistes insignes.
L’A86 n’ a plus de sens :
Insensée ? Déshérence.
Je n’ai plus de raison d’envisager
Sans plus de passion mais pressées
Ces conductrices sans poésie
Sans regard ami, sans mon amie.Les rails de sécurité veulent alpaguer ma voiture :
Pourquoi non ?
Je pense aux lofées de mon voilier à la belle voilure.Après-midi :
Tant croisé d’inhumanité !
Est-ce humain encore
Ce qu’il faut supporter ?Soir :
Sous la pluie parisienne
Son sourire commercial.
A cette pharisienne.Je n’ai pas croisé d’autres humains aujourd’hui.
Mon coeur glacé demande à fondre
Son geste sur moi y suffira.Nuit :
Où aller ?Vendredi 27/11/2009 :
6h00 :
Quand ai-je écrit :
je voulais te prendre en considération
parce que tu es considérable?
A qui ?
Seuls ses écrits sont-ils fréquentables ?
Suis-je à considérer ?
Son silence est sa réponse.
J’ ai la même.12h00 :
J’apprends à regarder les gens sans les voir.
Cette fille est trop jolie pour ne pas l’avoir.
Très mauvais début pour mon apprentissage de l’indifférence.17h00:
Ma destination est Marseille.
Mon billet me le rappelle.
Moi, j’aimerais rester dans ce hall
ET attendre, attendre… un appel.Embarquement immédiat :
je ne suis pas pressé.Samedi 28/11/2009 :
Retour à Marseille.
Avec une carte de crédit,
aucun problème eschatologique.
Dégoût.
Retour dans ma famille :
j’ai oublié pourquoi.Dimanche 29/11/2009:
Suite de mon apprentissage de l’indifférence.
Comment choisir un film au cinéma ?
Très simple; mesurer la longueur de la file d’attente.
Plus la file est longue,
Plus le film est mauvais.
Me voici dans cette longue file;
Sur l’affiche…….cette fille.Vais-je vraiment voir cela ?
Oui.
C’est de l’efficacité de ma formation
Dont il est ici question mais sans passion.Y -a-t-il si lontemps déjà
Que sur cette rue d’Alésia
A peine les heures de travail accomplies
Je me précipitais pour voir Fellini
Comme » E La Nave Va »
Qui me laissait devant l’écran, béat
Cette beauté !
Cette promesse !
Tant d’allégresse !
Tant de finesse !Dans la lueur des néons allumés
Ma cigarette à peine consumée
Comment savoir alors
Que je brûlais
mes années d’or ?Dans cette file d’aujourd’hui
Dans cette cohue
Tant j’ai déchu.
Mais puisqu’il faut qu’ici
Et désormais me plie
A leurs rires ébahis
A leurs amours ridicules
A leurs pensées plus légères que des bulles
Je m’assois. Je regarde.
Et des larmes me viennent.Vraiment quel mauvais élève je suis.
y parviendrais-je à cette indifférence ?
Plus qu’un autre n’ai-je pas cette compétence ?
De me taire.
De rire.
De sourire.
De mentir.Plus d’une heure d’ennui!
Mais maintenant je peux
Lors d’un festin heureux
De tant de victuailles
Et raconter vaille que vaille
Avec force volonté
L’écheveau dévidé
De ce film insipide.
Comment? Vous ne l’avez pas vu?
Que je sais conseiller aux intrépides
Que la bêtise rend heureux.
Oui, je sais, il faut dire : les malheureux!Voilà dimanche accompli.
Demain,je commence lundi.
Et vous?Lundi 30/11/2009:
Que devient mon amour ?
Si j’y pense, toute ma volonté décline.05h00 :
Je dois partir.
Aucune envie :
Ni de partir,
Ni de rester.
Pars, Claude!
Peut-être vas-tu rencontrer
le dernier Amour de ta vie?
Je pars.
Je ne Le rencontrerai pas.
Je n’ai pas rendez-vous.
Je l’ai déjà écrit ici :
l’A86 est insensée.11h00 :
Rennes, la ville de mes débuts.
Dans son parc j’ai compté
Ayant trop lu Bazin
La durée des baisers
Que je voulais sans fin.Mardi 01/12/2009 :
Ouessant pleut sur Rennes.
Le phare de l’hôtel appelle les naufragés.
Alors, j’obéis et voilà je naufrage :Aimer, est-ce cela ?
M’as-tu dit, « Veux-tu m’embrasser ? »
Je t’ai dit, « Je t’ai tant aimé! »M’as-tu dit, « Veux-tu me regarder ? »
Je t’ai dit, « Oh oui t’embrasser! »M’as-tu dit, « Veux-tu donc m’aimer ? »
Je t’ai dit, « Puis te regarder! »M’as-tu dit, « Veux-tu me baiser ? »
Je t’ai dit, « Oui! »Un sarcastique bonheur
Recouvre mon humeur.
Ce passé accompli
D’où suinte nostalgie
Ce qui fut .Mercredi 02/12/2009 :
Dans cette ville d’aventure
J’ai commencé ma vie professionnelle
Avec une âme sans griffure
Et déjà une envie passionnelleDe voir, d’apprendre
Devoir apprendre
Pour que ma destinée
A mon rêve ressembla
Pour que ce puîné
Dans leur yeux toujours brilla.Jeudi 03/12/2009 :
Saurons-nous jamais
Qui la jeta sur ce trottoir
Après tant de déboires
Le saurons-nous jamais ?Elle est laide et vieilie
Repoussante cette sanie
Son corps un repoussoir
Mais…
Mais elle a un regard.Alors elle me regarde
Et ce que je renvoie
Cette encore suffisance
Mon sourire toujours froid
Sont de l’ indifférence.Voilà comment je vis!
Par malhonnêteté
Encore empreint d’ennui
Voilà ce que je me dis :
Quelle belle indifférence
Combien de compétence
Dont tu fais preuve ici.
Ta formation réussie
Porte enfin ses fruits.De terreur je frissonne.
Je ne suis pas comme ça !
Et la peur me somme
De vouloir cesser là
Cette inhumanité.Son regard dans mon dos.
Dans ma voix des sanglots.J’ ai repris des avions
Mais pas ma formation.Samedi 04/12/2009 :
Plein Sud cette chaise orientée
Ce vieillard ainsi réchauffé
Qui écoute le soleil
Absent ou presque pareil
A ses pieds un chien dort
Tous deux attendent la mort.De retour, j’ ai embrassé ma femme
Caressé mon chat, cette petite âme
Puis j’ ai regardé les cieux
Dans les yeux.Dimanche 05/12/2009:
Je veux rester assis
Près du vieillard et son chien
Je ne veux rien d’autre, plus rien
Que l’on m’ oublie.Je pleure…
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