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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Un moment de ma vie je me prenais pour un peintre,
Sur des toiles je réinventais un monde un peu moins pingre.
Un matin j’avais jeté sur la toile des cheminées d’usines,
Hautes, grimpant vers le ciel se moquant de leurs voisines.Elles étaient en briques rouges s’élevant dans un ciel sombre
Où les étoiles masquées par les fumées opaques et grises
Avaient le plus grand mal à éclairer les rues de la morne pénombre,
Un vent d’Automne les poussant vers le Nord loin des cités conquises.Mon amie de l’époque qui parfois se faisait modèle d’artistes
Trouva ma toile bien étrange, encore une peinture socialiste
Me chuchota la douce, autrefois j’aimais tant la dessiner
Sur mon cahier de croquis, je passais des nuits à la croquer.Je portais toujours sur moi mes planches à dessins :
Sur un muret je m’installais pour croquer des maisons,
Les mercredi je dessinais les bateaux sur les bassins
Des Tuileries attirant comme le miel d’étranges compagnons.Mais l’innocence de ces dessins m’avait bien vite ennuyé,
J’admirais la force de vie des graffitis qui surgissaient la nuit,
Mon académisme en prenait un coup devant leurs libertés,
J’abandonnais les paysages, les bois , je n’avais rien compris.Peut être aurais je du tenter l’aventure de l’artiste peintre,
Mais les fumées vont où le vent les emmène ,
Je voyais encore ces compagnons aux allures de gentlemen
Mais les cheminées dormaient encore dans un recoin.Suivons nous le bon vent, j’ignore toujours où vont les fumées
Que j’ai dessiné, vers quels mirages mes rêves les ont portées,
J’entends parfois la nuit la chanson du vent à mes oreilles,
Elle me dit de partir , de larguer les amarres , pertinent conseil.
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