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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
Deux fois par an quoiqu’il arrive !
Le mois laissait l’automne effacer son été.
L’azur s’était fardé d’une semblance pâle
Où l’astre de nos jours se revêtait d’un châle
De stagnantes vapeurs sans nébulosité.Alors que j’arpentais un trottoir de mes rues,
Par mes songes séduit, captif accoutumé,
Qu’il flottait des senteurs d’octobre parfumé,
Je les perçus de loin, dans l’espace, les grues.D’un grand V magnifique elles allaient fuyant
Cet hiver inclément des pays scandinaves,
Conduites par l’instinct et libres des entraves
De la neige maudite et du froid assaillant.Et j’entendais leurs cris sur la ligne invisible
Qu’elles suivaient sans doute avec fidélité,
Se laissant entraîner par une vérité
Qui ne les faisait point réfléchir sur leur cible.Énigme de la Vie ou secret naturel
Que ces oiseaux volant vers la terre promise
Au mépris des climats à l’humeur indécise
Pour faire tous les ans le même rituel ?Inéluctablement sur la route identique,
L’aller puis le retour de France ou d’étranger
Les voyaient à l’automne ou printemps voyager
En une longue flèche au fer emblématique.Que j’eusse aimé partir sur ce V des adieux !
Quitter dès maintenant la saison qui s’annonce,
En emportant la rose, en oubliant la ronce…
Mais, j’étais immobile à regarder les cieux.
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