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Sujet
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Ils dorment comme ils peuvent sur des lits de glaïeuls,
Dans les nuées vont les oies sauvages vers l’été :
Leurs ombres triangulaires sur les herbes comme un linceul
Tapissent la campagne, ensorcelant l’évanescente réalité.Ils sont deux , se serrant comme des chatons apeurés,
A coté d’eux deux petits tas, leurs vêtements enlevés.
Ils sont nus, longtemps ils se sont aimés sans retenus,
Se couvrant de baisers, se perdant dans l’inconnu.Leurs mains fines, élégantes caressent leurs cheveux,
Le doux Eole s’amuse avec leurs mèches rebelles,
Les décoiffant d’un souffle tiède, amical et curieux.
Rien dans leurs sourires ne peut paraître cruel.Combien de temps cacheront ils leur amour,
Les tendres innocents qui se retrouvent au point du jour,
Loin des commérages, des sous-entendus des balourds,
Bientôt ils quitteront le village pour toujours.
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