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Les Mondes perdus : à la recherche de Mademoiselle LIN

  • Ce sujet contient 3 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 13-05-2022 05:30.
  • Créateur
    Sujet
  • #2693014
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Prologue

      Pourtant pas un de mes mots qui n’invoquât ta survenue

      et le son mûr recomposa toute une porte à rouvrir
      or de ma main vaste par la tienne rejointe
      le poème interrompu s’emparerait furieusement

      quand te diminua le pronom qui te réverbérait dans mes pages
      tu t’en allas mêler à ton désarroi les abrupts
      et mon poème toujours te méconnaîtrait dans l’abîme de neige

      mais parmi les cités sans âge que les mers ont ravies
      parmi les étranges et belles images de leurs découvreurs
      tu reparais et te réconcilies avec le poème

      pas un de mes mots qui ne change ta mort en voyage abyssal

      I – Heracleion

      Comme un grand fanal d’art le port sombré m’oriente

      s’est achevé là-haut le pesant de ma discordante chair
      et la mer me dévale dans ses aubes virides
      qui ravivent l’imminence de ta silhouette

      de la pierre ouvragée jusqu’à l’image d’un dieu
      croît un regard où s’ovalisent les millénaires
      ma couleur y vient lente et pure comme la patience à la patience

      d’une telle destination mille bateaux immobiles
      le féerique capharnaüm du bestiaire des proues
      mon amour y dissipe toute fièvre naufrageuse

      et la rue noyée qui n’a plus de nom sera pour ton pas retournant

      II – La cité des Lions

      Qu’être par-delà le feu si prompt à cendrer tes affres

      sinon ce diaphane visiteur des flambeaux submergés ?
      tout respir suspendu dans la ténèbre plurielle
      se refermait déjà la chambre idolâtre du poème spoliateur

      mais aux lueurs s’échelonnant est distancée l’impénitence
      et prodigue de nautiles fabuleux le pardon
      fulgure comme un rugir clair le long du palais fauve

      renoncer transvide la quête dans les grands lions qui rêvent
      ils ont des proies suffisantes toujours
      en la fluidité musiquante de leurs ombres

      où revient puiser le jais si doux de tes cheveux

      III – La pyramide de Yonaguni

      Franchis les cimetières apétales de l’oubli déjà s’épand

      la mer des ciels fabulant à l’entour de l’étoile séculière
      la grâce qu’ils coulent dans leurs déclins ressource mes prunelles
      approfondit la présence dans le filigrane des esplanades colosses

      mille rocades mutiques pour s’étonner de concert
      le brûle-pourpoint des marches en manière de faille
      où tomber et gravir ne sont qu’une même retrouvaille

      ainsi se pérennise notre sentiment nomade
      de faune et d’ineffable l’espace recompose les angles
      et sur la pierre infinie des puissantes fois antiques

      tu m’apprends encore à déceler les fleurs qui vont abrillant nos mains

      IV – Pavlopetri

      Les vitrines thaumaturges auraient beau multiplier les milices de l’effacement

      me portait la grande erre encline au rivage
      m’entraînait l’imputrescible musette de pensée
      vers les quiétudes des eaux artistes

      passeur des serments rescapés voilà l’oeuvre des tréfonds
      cette promenade de silence entre les colonnes toutes franches
      ce mur fol désirant la méticuleuse aire de notre concorde

      puisque parmi la merveille ruiniforme des quotidiens
      parmi les tombeaux que tenturent
      des jaillissements d’argonautes il m’est rendu

      de te regarder dormir dans le poumon versicolore de l’éternité

      V – Port-Royal

      Flibustier de ta candeur mon poème intempérant

      aura vécu son séisme et la division de sa pléthore
      ainsi l’absence réputerait la mer seule pour image
      sa geste originelle qui débâcle les convictions

      les manuscrits noyés ressourcent l’encre ogresque
      à l’humblesse des degrés un astre vainc par les cornes d’un taureau
      mais quel élan pour obvier à mon pas d’altitudes altéré

      l’arcane du profond collige des tablettes
      mais quelle voix pour chanter le charme des signes…
      or figent parmi l’erratique butin des poissons-gemmes

      ces purs yeux me sachant jusqu’au battement prime

      VI – Le Conestoga

      Les radians de mon deuil se démesurent dans la mer

      j’y respire par les mots qui découvrent les épaves
      et les aiment assez pour dire leur beauté neuve
      la bouquetière du temps qui les apothéose

      de la prairiale quille et des passiflores du beaupré
      de la trace vocalique où va germinant un nom
      s’exhale l’esprit du voyage

      d’amples inconnus comme l’épiphanie des voiles
      des carnations fulgorées comme un équipage à l’improvisé
      et cette intègre ardeur à seule fin de lever l’ancre

      le silence serti du poème qui pointe ton atoll

      Épilogue

      C’était ta tombe et mille siècles avaient coulé

      c’était ta tombe myocarde des mers battu
      et radieux de vivants inouïs et de lexèmes recréateurs
      c’était la calligraphie d’or où chuchote le recreusement des abîmes

      la féale entrebâillure de la pierre noire
      et la volute céruléenne de ta cendre qui s’enfuit
      pour exaucer ma prière atemporelle

      j’accrochai là le vieux gâchis tenace
      avec toutes les solitudes et toutes les angoisses…
      jusqu’à transfigurer la franchise du poème en mon corps qui s’allonge

      renouant avec l’exquis de tes épaules sommeilleuses

      Tradescantia

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    • Auteur
      Réponses
      • #3377356
        Administratrice
        Avatar photoSybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 17854
          • Réponses: 198274

          Bonjour Tradescantia,

          J’ai adoré voyager dans ces lieux mythiques et ces cités englouties riches d’un ancien patrimoine culturel au travers de tes magnifiques poésies !

          Belle journée cher ami poète!
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3377362
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photodolores
          Membre Oasis
            • Sujet: 5309
            • Réponses: 62922

            Bonjour Tradescantia,

            Après recherche d’un certain nombre de mots
            J’y ai vu un peu plus de lumière, tu dépeins sous
            Ta plume des mondes inconnus dont le nom de ces cités
            j’ai du chercher ces mondes et sculptures engloutis
            Et celle que tu appelles Lin n’est plus depuis longtemps
            au vu de tes mots mais tu en fait un bel éloge,
            Je ne pouvais pas lire sans points ni virgules
            J’ai dû m’adapter à ce que j’avais compris.
            Merci du partage
            Qui m’a trituré l’esprit mais cela à le mérite de te répondre.
            Bonne journée Amitiés.

          • #3377480
            Plume d'or
            ★★★★☆☆
            Avatar photoTradescantia
            Membre Oasis
              • Sujet: 480
              • Réponses: 1116

              Bonjour,

              Je suis reconnaissant à l’égard de vos lectures et des mots qui peignent vos ressentis…

              Tradescantia

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