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Poème partagé par ROLLANDPOEME – création poétique en ligne
Ennemie du trépas
Cette jeune infirmière
Au prénom de Clarisse
En Déesse métisse
Et blouse de services
A la Salpêtrière
Chaque jour le combat.Là, en soins intensifs
Sa trentaine amochée.
Les doses de perfusion
Maintiennent un brin de vie
A son corps intubé
Aux brefs soupirs plaintifs.
Espoir de rémission
Dans l’tube qui le nourrit.La mignonne infirmière
La peau parure de miel
A la grâce princière
Ses longs doigts doux et lisses
En silence complice
Des bienfaits accomplissent.
Et quand ses mains expertes
Pansements entreprennent
Quand ses cheveux d’ébène
Lui frôlent le visage
Ses sens à lui jouissent
Malgré le prochain naufrage
Et le torse en bandage.Une extase pour son nez
Le parfum enivrant
De la belle Clarisse
Un vertige exalté
Un sourie de malice
Quand son souffle l’effleure.
Et sensation de mâle
Dans le bas de son ventre
Au décolleté ovale
D’où émergent ses seins
Qui bougent et mouvementent
Comme deux noirs diablotins
Au-dessus d’ ses joues pâles.Mais son corps en supplice
Aux brutaux traumatismes
Voilà sa vie qui glisse
Dans l’effroyable abîme.
En spectre diabolique
Les chiffres sur le cadran
Infiniment tragiques
Donnent le compte à rebours.
Son inconscient comprend
Que l’impasse maléfique
Est sans issue de secours.Avant l’ultime râle
Dans un sourire factice
Il susurre à l’oreille
De la Déesse Clarisse :
« J’aime vos doigts de miel
Le décolleté ovale
Le parfum mimosa
De femme sensuelle
Et d’infirmière fatale.
Votre corps en bouclier
Allongez-le sur moi
Vos lèvres sur les miennes
Devenez ma gardienne
Crains trop le sablier
Se vidant à l’aurore.
Clarisse… j’ai si froid…
Et si peur de mourir. »
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