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Poème partagé par ROLLANDPOEME – création poétique en ligne
Marie-Louise a le charme indéfinissable
D’une grande noble Dame : nom à particule,
Vocabulaire poli, maîtrise du point-virgule ;
Chapeau Givenchy sur son visage vulnérable.Il est son roturier, son bouffon de service,
Quand la mélancolie vient fredonner son air ;
Son troubadour qui poétise pour la distraire,
Mais, dans ses alexandrins son amour se glisse.Comtesse Marie-Louise Armande de POINTAILLAC
L’invite dans le parc à lui tenir compagnie.
Lui prend le bras, parle de MOZART, de l’infini,
Ou encore lui récite des vers de PETRARQUE.Dans l’allure de leurs pas, parfois, ses mots soupirent,
Et son esprit s’échappe, il s’envole grivois.
Jaloux de ces instants il abandonne son bras ;
Elle n’entend pas dans le zéphyr son cœur frémir.« Souffrez Madame qu’à vos pieds mon âme agonise
Ecrasez-la si tel est votre vrai désir ».
Ce sont des mots qu’écrie sa plume, dans le délire
D’une vibrante blessure qui le martyrise.Mais femme aussi, Marie-Louise se dévergonde,
Vagabonde sans honte sur des sites coquins,
Et sans scrupules la Comtesse se dit mannequin.
Devant l’écran elle fantasme en perruque blonde.Absent de ses manigances nocturnes, par hasard,
Chez lui, dans le noir et le silence d’une nuit,
Flânant d’écrans osés en ceux de poésie,
Il la rencontre ; Luisa : son pseudo rempart.Un vrai clin d’œil du ciel ou cruauté divine ?
Doit-il ouvrir sa page, lire, répondre aux messages,
Parler d’amour platonique dans un cœur trop sage,
Inventer des romances où le sexe domine ?Cherche-t-elle une rencontre sincère, amoureuse,
En billets doux ou dépravée à la cosaque :
Sensuelle et sordide de vices et d’arnaques,
Sans le rite galant des rimes langoureuses ?Après une nuit cauchemardesque d’hypothèses,
De doutes, il rejoint Marie-Louise dans ce monde
De fantasmes roses, de mensonges où se confondent
Les rêves et la vie, tout en images de synthèse.Armando sera son pseudo et nénuphar
Son avatar. Il pense que Luisa-Armando,
Même en virtuel formeraient un beau duo.
Reste à écrire l’histoire au style colin-maillard.Inexpérimenté, souvent un adversaire
Du monde numérique, vide de consistance,
De cet univers irréel où la présence
De l’être n’est qu’une facétie imaginaire,Il a l’impression d’entrer dans un labyrinthe
Ouvrant la voie à une aventure sans maîtrise,
De dangers sournois en de lugubres traitrises,
Et de voguer du meilleur au pire sans contrainte.Extrait d’une nouvelle en vers publiée dans mon dernier recueil » Le temps n’épargne pas même le rose « .
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