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Sujet
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« Tes appâts façonnés aux bouches des Titans »
« L’ Idéal » de Baudelaire.A mon Amie
Qui ne sait pas se donner
Mais qui pourtant sait s’offrir !Avec ce regard plissé
Qu’il a toujours tant aimé
Elle vient enfin d’arriver
Et vers lui s’est retournée.Sa voix jamais entendue, chaque nuit
Il l’invente comme perdu, s’en nourrit
Déjà il sait qu’il va la reconnaître
Puis qu’il va la voir et qu’il va renaître.Pour un instant encore, elle veut qu’il la regarde.
Elle apprend son regard et ne se veut bavarde.
Il connaît ses manières, elle voit sa vie en somme.
Elle ferme ses paupières attendant qu’il la nomme.C’est son prénom qu’il lui murmure
Ce premier mot qu’il lui susurre.
Elle sait que c’est son nom à elle,
Musique d’une voix si belle.Sans rien lui demander, elle énonce son prénom
Car ils savent qu’il attend ce tout premier don.
Les voilà maintenant face à face dans l’attente
L’un de l’autre d’une fébrilité patiente.Lui : Nous avons franchi la nuit en songe.
Elle : Saurons-nous nous garder du mensonge ?
Lui : Pour aimer, une voix doit-elle mentir ?
Elle : Je suis habité par ce repentir.
Je crains d’aller au-delà de l’admis.
Je veille à ce qu’il n’en soit pas ainsi.Près de sa main gauche à elle, il a posé sa main
Mais sans l’effleurer pour que jusqu’à demain
Ils conservent en mémoire ce doux rapprochement
Des « mains négatives » marquant l’empreinte du temps.Elle : Nous n’irons pas plus loin, n’est-ce pas ?
Lui : Nous connaissons les limites de notre émoi.
Elle : C’est vrai que déjà mon cœur bat.
Lui :C’est qu’il y a tant de mois que je vis en toi !
Elle : Et si nous décidions d’aller au-delà ?
Lui : Alors à jamais nous perdrions cet amour-là.Elle éteint son sourire et ses yeux s’embrument.
Il voit ce nuage qui se pose, cette larme qui s’allume.
Ils connaissent la fragilité de ces corps approchés
Leur désir l’un de l’autre par tant de mots rêvés !Lui : Nous sommes condamner à toujours nous aimer.
Elle : Aurons-nous la force de ne pas nous enlacer ?
Lui : Nos faiblesses rendent cela nécessaire.
Elle : Pourquoi toujours se sentir si précaire ?Puisqu’ils savent ce qu’ils ne veulent pas
Elle pose sa main doucement sur son bras
Car ils ne risquent plus rien maintenant
Ils s’aiment trop pour chuter plus avant.Ils n’ont plus de la vie rien qui nécessite l’approche.
Alors ainsi ils vont repartir chacun vers leurs proches
Sachant qu’à tout jamais en eux ce désir est rivé
Et chaque nuit ils sauront à nouveau le susciter.Son visage est plus nu qu’un ciel délavé par la pluie.
Il sait qu’elle va repartir à jamais, vers ce toujours,
Qu’ils ne se verront plus, que déjà ils s’ennuient,
Qu’il n’est plus d’avenir jusqu’à la fin des jours.Elle est debout devant lui désarmante, alarmante.
Leurs yeux se sont noyés dans des larmes répandues
Elle ne veut pas partir, elle fuit comme une amante
Il veut la retenir mais ses mains restent tendues.Elle s’est tant éloignée, il sait qu’elle va se retourner
Alors elle s’arrête, le regarde et puis elle pleure !
Ils sont inconsolables, leurs univers se meurent !
Il vient de perdre son amour mais elle est son Amie pour l’éternité….Sa silhouette s’estompe et crie
Que jamais plus et dans aucune nuit,
Il n’y aura cette ferveur que pour lui
Elle ressentait jusques à la folie !La catastrophe du monde s’est arrêté ici.
Lui : Comment, mais comment vit-on après ceci ?
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