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Sujet
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L’air transporte les mots de cette terre exsangue,
Que le poète extrait, tels diamants de leur gangue,
Taille, polit, brillante en ce pays proscrit,
Eclairé par leurs feux, à l’aune de son cri.Voici, frais et légers, en touches d’aquarelles,
Des mots d’eau et de vent, de ris de jouvencelles
Qui phrasent broderies sur robes calicot,
Et vibrent au zéphyr comme coquelicot.Leur font écho, lovés dans bras de porcelaine,
Fleurés subtilement dans des senteurs de laine,
Les mots suaves et chauds et précieux talisman,
Ceints au timbre de voix de leur douce maman.Là-bas, fuyants et froids, jetés à la police,
Les mots des faux amis livrant mère au supplice,
Fétide puanteur de bouches et de sueur,
Sans cesse ravivée au vent du déshonneur…Aux champs, gras et pesants de rudes invectives,
Les mots du laboureur à la jument rétive,
Tombent en lourds paquets dans le sillon luisant,
Près du bouvreuil rosi comme tache de sang.23/11/10
Carte postale envoyée d’un pays en guerre…
Les mots du bonheur… les mots de délation, d’enlèvement cruel.
Et puis la vie continue, banale…
Brillanter : tailler un diamant en brillant – Ris : rire, plaisir.
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