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Nouvelles Fables : Le destrier et l’âne

  • Ce sujet contient 1 réponse, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoPalmier, le 01-06-2014 15:25.
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    Avatar photoPalmier
    Membre Oasis
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      Poème partagé par Palmier – création poétique en ligne

      [size=large]Le destrier et l’âne[/size]

      Un palefroi fringant, richement équipé,
      Tout fier de ses atours, arborait mine altière.
      Sur un chemin étroit, boueux et pleins d’ornières
      Il croisa un beau jour un pauvre âne bâté.
      – Place ! Rustaud, manant, bourrin de bas étage !
      Rugit le glorieux ! Cède-moi le passage !
      Poussant Aliboron dans la fange et la boue,
      Voici notre cheval se haussant du licou,
      Bousculant le baudet, le piétinant sans peine,
      Il passe fièrement sans reprendre l’haleine.

      A quelque temps de là, son maître toutefois
      Suivit un grand seigneur qui se nommait Geoffroi,
      Dans son ost, son armée en guerre
      Pour quelques arpents de terre.
      On y mourut beaucoup, transpercés, étripés,
      Pourfendus et navrés de maints grands coups d’épée.
      Le cheval y subit grande déconfiture
      Le laissant éclopé et perclus de blessures.
      Quand tous ces noblaillons hargneux et batailleurs
      Eurent tout leur content de morts au champ d’honneur,
      Ils se firent la paix, s’embrassèrent au front,
      Partirent ripailler, copains comme cochons.

      Mais notre ami le cheval,
      Lui, se trouvait au plus mal.
      Il faillit en crever et ne dut son salut
      Qu’à un vieux chat-huant à la tête chenue,
      Médecin, guérisseur d’élite,
      Qui vivait comme un cénobite
      Au coeur de la forêt, au sein d’une hêtraie,
      Refusant de quitter son trou pour un palais.
      Il était fait de cette étoffe
      Dont sont tissés les philosophes.
      Le cheval, recousu, les plaies rabibochées,
      Regagna, pantelant, son fief et son clocher,
      Pendant tout un long mois, claudiquant dans la fange
      Couchant dans les fossés ou dans de vieilles granges.
      Mais son maître, autrefois si fier du palefroi,
      Dédaigna ce cheval qui marchait de guingois !
      – Que ferais-je ? dit-il d’une telle monture !
      Qu’on l’attelle au chariot qui porte les fumures,
      Qu’on l’envoie dans les champs, hors de ma vue surtout.
      Il fut un destrier, il n’est plus rien du tout !

      Attelé au chariot, croisant dans les fondrières
      Le baudet comme lui peinant dans les ornières,
      Le cheval, repenti, lui demanda pardon
      De l’avoir insulté de méchante façon.
      L’âne dit : — Voyez donc, compagnon d’infortune,
      Comme tourne et se meut la roue de la fortune !
      Parfois elle vous hisse, puis elle vous abat.
      Le destin est ainsi, un jour haut, l’autre bas.
      Point de vaine fierté pour un sort éphémère,
      Tous les honneurs du jour ne sont que des chimères.

      🪶 Signature de la plume

      Avec mes amities

      Alain

      Pour voir mon site : Mes vers a moi

      ""Les tambours de la solitude eveillent, aux frontieres de l'exil, l'Eternite qui baille sur les sables."""
      (Saint John Perse)

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      • #2917191
        Avatar photoPalmier
        Membre Oasis
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          Merci à daniel et à felinelove !

          🪶 Signature de la plume

          Avec mes amities

          Alain

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