-
Sujet
-
Poème partagé par gentilprince – création poétique en ligne
PAPA… PARDON…
Année 1992:
Je suis son père,
Il est mon fils.19 novembre,
Seul dans ma chambre,
De l’hôpital
Robert Mortal.
Par la fenêtre,
Je vois des êtres.
Tous, là, ils passent,
Moi, je trépasse.
Voilà un an,
Que je l’attends…
Cela s’arrose ?
Non je suppose.
« Thierry, mon fils…
Vite… Vite… Je glisse »
Il y’a ma femme,
Cette noble dame.
Elle vient souvent…
Et très longtemps…
Lui, vient jamais,
Il est pressé,
Par son métier,
C’est compliqué.
Tient ? L’infirmière
Douce lumière.
Merci pour tout,
Je pars tout doux.
Dix huit heure trente,
Finie l’attente.
Dans mon linceul,
Je suis tout seul.Année 1992:
Je suis son fils,
Il est mon père.Dix neuf novembre,
Putain d’novembre…
« J’sais pas quoi faire…
Trop nul ! C’est clair. »
Un temps pourri
Dehors c’est gris.
Oui ? Quoi mon père ?
Ca va, Pépère.
Un doux mouton,
Qui dit pardon.
Ça fait longtemps,
J’ai pas pris l’temps…
D’aller le voir,
Dans son mouroir,
« Des alcooliques
Pas tyranniques. »
Ma mère me dit :
« Allez, vas y… »
Elle me supplie,
J’ai pas envie…
C’est bien trop loin
De mon jardin.
Mon téléphone,
Au bout résonne.
C’est qui ? C’est qui ?
Est-ce un ami ?
Pfft… Ma mère m’appelle…
C’est pour Noël.
Dix neuf heure trente…
J’mets en attente.Année 2012 :
Je suis un fils,
En manque de père.Dix neuf novembre,
Triste est novembre.
Souvent je pense,
A mon absence.
Comme je m’en veux,
Plus rien, je peux.
J’étais trop blond,
Trop jeune, trop con.
Sans compassion,
Ni émotion.
Comme un beau fruit,
Au cœur pourri.
Mes vrais amis,
Là, j’ai tout dit.
Vous tous mes proches,
Je sais, c’est moche.
Je n’suis pas fier,
Mais c’est derrière.
Je vis avec
Un cœur trop sec.
Je le désarme,
Avec mes larmes.
Que puis-je y faire ?
Dois-je me taire ?
Ma thérapie,
Sont mes écrits.
Papa, maman,
Moi votre enfant,
Je crie « PARDON »
J’étais si con.
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.

