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Plus jamais çà !

  • Ce sujet contient 3 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoZAGHBENIFE, le 25-01-2020 12:41.
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    Plume de platine
    ★★★★★☆
    Avatar photoELTEOR
    Membre Oasis
      • Sujet: 5996
      • Réponses: 2553

      Poème partagé par ELTEOR – création poétique en ligne

      Plus jamais çà !

      J’ai hurlé ma douleur, j’ai imploré la mort
      Et je crie maintenant, aux portes de l’agonie
      Les horreurs de la guerre qui ont mis dans mon corps
      La semence maudite engendrée par l’ennemi.

      J’ai pris les armes, la patrie était en danger
      Il fallait la sauver et pour la liberté
      Des hommes allaient mourir, tués et foudroyés
      Par les balles, des balles qui fauchaient l’âme des damnés.

      Et moi aussi je suis tombé au champ d’honneur
      Donnant ma vie et mes vingt ans pour abreuver
      De mon sang, la terre meurtrie qui porte jusqu’au cœur
      De la folie les plaies des soldats apeurés.

      L’enfer, du fer et du feu, du sang et la mort
      Terré comme un rat pour ne pas crever ce soir
      La boue recouvre ma peau, je pue, tout mon corps
      Exhale l’odeur des cadavres, j’ai peur du noir.

      L’instant est venu, je vais monter à l’abattoir
      Sortir de ce trou, courir droit vers l’ennemi
      Je ne pense pas, j’ai froid, perdu tout espoir
      Je sens la mitraille frôler mon âme, ma vie.

      J’avance, je vois tomber, mourir autour de moi
      Un cri ! Un enfant de vingt ans à l’agonie
      Il pleure et réclame la mort, c’est l’effroi
      L’horreur totale, la guerre, utopie et folie !

      Il pleut des balles d’enfer, un crachat de mitraille
      Le temps est lourd, pesant, du fer dans les entrailles
      Je meurs et j’en ris ! A m’en faire mal ! Ciel bleu
      Un beau jour de guerre, pour périr sous le feu !

      Ils étaient fiers, ces grands et beaux bataillons
      Marchant du même pas, à creuser des sillons
      L’ennemi ancestral, incarnait tout le mal
      Comme lui, on retrouvait, l’instinct animal !

      Terrés dans des trous de rat, parmi les charognes
      TUEZ ! TUEZ ! S’entretuer, sale besogne
      Pourquoi ? Pourquoi ? Je vois la mort autour de moi
      Ces corps meurtris, tout ce sang versé, pourquoi ?

      Suis-je né pour cela, c’était çà mon destin
      A porter un fusil, marcher vers le chemin
      Qui me mène au tombeau, sauver la patrie
      Au prix de ma vie, quel mépris, quelle ironie !

      Entendez-vous, résonner le son du clairon
      Annonçant la fin des combats, sur le perron
      De mairie, énoncer le nom des combattants
      Victoires, faits d’armes et leurs exploits éclatants !

      Et dans les villages de France se dressent
      Près des vieux marchés, la stèle vengeresse
      Où sont inscrits les patronymes des héros
      Honneurs aux morts, à tous ceux tombés sans un mot !

      Méditez braves gens, la guerre est folie
      Furie des humains, elle n’est jamais abolie
      Que ma mort vous serve, éviter ces horreurs
      Sauver vos vies et fuir les fureurs d’un führer !

      Chaque nuit, de nouveau l’éternel cauchemar
      J’ai mal ! Si je pouvais, ne plus me souvenir
      Je pourrais m’endormir et larguer les amarres
      Evacuer de l’esprit, ces maux à bannir !

      Je revis, je revois, je ressens et je meurs
      D’incessants tourments qui rongent les fondements
      De mes pensées, des humeurs, rumeurs et clameurs
      Carnaval de douleur, à crier d’hurlements !

      Au matin, sur la peau, des sueurs de métal
      Dans la bouche, le goût amer, du temps passé
      A combattre dans les tranchées, un jeu brutal
      La mort autour de moi, la peur de trépasser !

      Le feu des enfers, le fer brûlant de l’obus
      Eclatant, déchirant les chairs, mettant à nu
      Nos ancestrales torpeurs, toujours à l’affût
      Epiant l’ennemi, attendant sa venue.

      Comment survivre, avoir vécu tant d’horreurs
      Rester indemne, je ne peux plus supporter
      Les réminiscences des combats, les frayeurs
      Des soldats à l’assaut, les corps déchiquetés !

      Je porte les cendres de la guerre, relique
      D’un voyage vers l’abîme, vers le néant
      Où l’homme n’est plus humain, arme métallique
      Au service de la folie de mécréants !

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