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Poème partagé par JacquesHiers – création poétique en ligne
Les grands corps des cargos
Qui grincent au long des quais,
Un mât et son falot
Dans le ciel embrumé;
Après bien des endroits,
Il y a des Anvers
Et des filles de joie
Près des comptoirs déserts…Le néon qui renvoie
Des mines de travers
Avec des yeux cernés
Et des rouges cramois
Sur des bouches usées;
Et tout au bord du zinc
Des ongles carminés,
Comme des griffes en pavois
Sur le blanc de l’acier…Des sirènes se renvoient
Les mêmes cris affolés
Et sur les eaux huileuses
Dans un bassin aveugle
Flottent d’aventureuses
Ombres d’anciens noyés;
Et la nuit est pluvieuse,
En haut des mâts piquée,
Tout comme ces pleureuses
Qu’on voit sur les jetées…Les grues sont au trépas,
Silencieuses et rouillées,
L’on voit passer un rat
A la mâchoire croqueuse;
Au fond, dans le café,
Le Temps s’ennuie et boit
Une bière mousseuse
Aux dentelles d’apparat…Une fille s’endort,
La tête dans ses bras,
La visite amoureuse
Ce soir ne viendra pas…Quelque part…un port…
Jacques Hiers
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