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Sujet
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Qu’il me semble loin, le temps du premier amour …
Ces jours où la nature faisait bien les choses,
Où celle des hommes n’aliénait pas ma prose,
Où les fleurs me chatouillaient son nom pour toujours.J’avais la foi, l’envie et les raisons d’y croire …
La satisfaction de voir que mes espoirs d’enfants
Se matérialisaient dans la douceur d’un faon,
Dans l’écho que ses yeux offraient à notre histoire.J’avais une étincelle qui m’incendiait l’œil,
L’ombre d’une flamme m’embrasait la poitrine,
Le ventre noué me donnait mauvaise mine,
Mais le pied ferme j’embobinais les écueils.J’aimais et ça me suffisait pour exister.
Peu m’importait pour qui l’on pouvait me prendre,
Il m’était impossible de les entendre :
Mon cœur n’écoutait que ses illusions chanter.Je ne suis tombé qu’une fois dans cette toile,
Mais de toutes mes chutes, ce fut la plus belle.
Jamais, ô grand jamais, je n’aurais voulu d’ailes
Pour m’extirper de cette douce pluie d’étoile.Oh ! Il y en a eu quelques autres, depuis …
Ersatz sentimentaux et complices fantômes,
Ils n’avaient de mon paradis que les arômes.
Mais chacun d’entre eux m’a réellement séduit.Je ne cherche pas ce que j’ai déjà trouvé.
Elle était mienne, j’étais sien ; je n’y peux rien.
Je ne suis pas pour mes souvenirs un vaurien,
Et aucun de mes grands amours n’est achevé.Je ne renie pas à l’ombre des lendemains
Les lumières que j’ai hier idolâtré,
Mais le passé ne m’a pas pour autant châtré,
Et mon bonheur peut briller sur bien des chemins.C’est moi que je cherche … Ce que je peux être …
Ce que j’ai à offrir … Ce que j’ai à penser …
Ce n’est pas parce que je m’échine à danser,
Que la mélodie aussi profond me pénètre.C’est pourtant là … Latent. Elle attend l’étincelle,
La braise qui rougeoie encore dans mon âme.
« Que lui faut il, ce blondinet, pour qu’il se pâme ? »
Se répète t elle, quand elle voit que je chancelle …Qu’on me rende la force que je feins d’avoir ;
Qu’on me rende l’envie de repeindre le monde.
Je ne sais pas pour ma gueule mener la fronde,
Et c’est dans le cœur de l’autre qu’est mon pouvoir.Que me pardonnent celles qui l’auraient mérité,
Qui s’y sont essayé sans jamais réussir.
Aucune ne fut la source de mes soupirs ;
Je porte le deuil de ma propre éternité.
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