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Récit de voyage (L’alarme sur le S/T Léda.)
Le Léda, dernier voyage de ma carrière de marin de commerce, était immense.
le plus gros navire européen du moment., une montagne flottante.
capable de transporter deux-cent-soixante-quinze mille tonnes de pétrole brut d’un bout à l’autre du globe en moins de trente jours, un record pour l’époque. » Nous étions fin es années 60. Fin 70, le pétrolier Batilus pouvait transporter le double, 540000 tonnes »
Tout était automatique à bord, des renvois d’alarme dans tous les coins, un tableau synoptique à la passerelle inouï où, d’un seul coup d’œil, on pouvait se rendre compte de ce qui se passait à la machine, presque cinquante mètres plus bas.
Mais voilà, la nuit, plus rien de tout cela, les alarmes étaient transférées chez l’officier machine de garde, c’est lui qui assurait le bon fonctionnement du navire. Car contrairement aux pétroliers de moins de cent mille tonnes où le quart était assuré aussi bien la nuit que le jour, « les gros » se passaient de surveillance la nuit, seul un homme veillait. A lui de faire des rondes s’il en avait envie, il était le seul responsable. (Uniquement valable pour la machine, car la navigation, elle, était assurée vingt-quatre heures sur vingt-quatre).
Aussi sophistiqué que ce monstre des mers l’était, il n’avait pas été étudié comme il se devait, la preuve, ce récit.
Revenons à notre homme de garde, qui fait ses rondes par une nuit tranquille. Arrivé au plus profond de la machine par l’ascenseur, il en sort, trébuche sur la dernière marche d’un petit escalier de fer descendant à une pompe de refoulement d’eau de mer et va s’assommer en face sur une vanne de commande de cette même pompe. Il ne sera retrouvé et secouru qu’au petit matin par le premier graisseur de quart donnant l’alerte. Il était temps, car le malheureux avait perdu pas mal de sang, et une heure de plus lui aurait été fatale.
Les faire descendre par deux pour que le rescapé puisse donner l’alerte? La solution n’a pas été retenue car, comme je vous l’ai décrit plus haut, plus le bateau est gros, moins il y a de personnel, et cette deuxième personne, où la prendre?
La réponse, toute simple, efficace, consistait en une alarme que l’homme devait enclencher avant de descendre, il effectuait sa ronde, et en remontant de la machine, il stoppait l’alarme avant qu’elle ne se déclenche. Si, comme chacun l’aura compris, personne ne stoppait le système, il se mettait en marche, et on accourait à la machine pour voir ce qui était arrivé à notre homme de garde.
Ironie de la personne qui créa ce dispositif, il l’appela:
« ALARME DE L’HOMME MORT ».Momo, ex b?b? Cadum, ancien beau gosse Maurice pour ses ?crits d'ancien marin de commerce D?clar? maladie de Charcot fin 2019, en fin de compte ce n'est qu'une neuropathie s?v?re &?volutive des membres inf?rieurs
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