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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
SAHARA
V- les profondeurs
Rimbaud rentre dans ses appartements
Hanté par la vision sensuelle d’Innana
Tout en elle était chatoiement
Des promesses vous emmenant au nirvana.Devant lui Aycha surgit
Peur et dépit dans ses yeux
D’une voix triste elle lui dit:– » Oh pauvre orgueilleux
Ne crois pas aux promesses d’Innana
Ne garde pas ce sourire radieux.
Suis moi pour voir son mécénat . »Elle lui prend les mains avec autorité
Couloirs après couloirs, descendant des escaliers
Elle le conduit vers les Profondeurs
Tous deux comme des rodeurs.Arrivé en bas
Elle lui parle tout bas :
– » Regarde Athur les promesses de la Déesse
Regarde ses amants, regarde leurs détresses. »Devant lui des centaines d’hommes
Jeunes mais lents et fatigués
Est cela le Royaume
L’empire des regrets.Il s’approche d’eux
Les regarde, leurs parle, les frappe
Rien dans leurs yeux
Tout ici était un chausse trappe.Puis les amants le regardent
Tous ensemble déclament :
-« ‘ Nous sommes ses amants
Je suis Simbad le marin
Je suis un berger
Je suis un croisé
Je suis un assassin … »Tous se nommaient
Célèbre ou mécréant
Tous regrettaient
leurs vies d’avant.Finit les beaux matins
Tous se mettaient à parler
Tous racontaient l’ennui de l’éternité
Abandonnés, loin de la vie
Sans famille, sans enfants
Une déesse qui vous aime le temps d’un soupir
Puis vous oublie éternellement
Voilà leurs horribles destins.Aycha :
– » Voilà le destin de ses amants
Vivant ici depuis tout ce temps
Dans les profondeurs de la nuit
Aimés seulement le temps d’une goutte de pluie.
Viens avec moi Arthur
Suis moi
Sortons de cet endroit
Quittons ces murs. »Ils courent, courent comme des fous
S’éloignant de l’étrange cour
Ils passent les remparts, ils courent dans le sable
Le Diable à leurs trousses, loin de la redoutable.Puis Arthur entend un rire, la joie d’une harpie
Il ferme les yeux : » Annana, je te maudis »
Puis comme Loth ou Orphée il se retourne
Aycha sur le sable se meurt, horrible vérité.
Sur son visage des rides, ses cheveux ont blanchis
Un pauvre sourire sur son visage racornie :– » Oh mon beau voyageur
Je meurs
J’entend tes pleurs
Ne sois pas triste mon amour
Depuis des siècles, j’ai vécu sans amour
Hors de la ville le temps me rattrape
De la mort rien ne s’échappe. »Rimbaud baise ses lèvres
Viens un gout de poussière
Aycha se mélange au sable
Un destin inévitable.Au loin, la cité disparaît
Comme un mirage
Haut dans les nuages
Annana riait.Epilogue
Trois jours plus tard
Une patrouille de la légion
Par le plus pur hasard
Trouva Rimbaud à l’abandon.Ce qui se passa ensuite est connu
Du poète quelques années perdues
Puis la mort prés de ses parents
Aycha peut être l’attendra dans le firmament.FIN
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