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Sujet
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La lune s’est endormie parmi les saules,
Les corbeaux passent en criant parmi nous,
Les âmes fugitives
S’accrochent à leurs ailes
Dans leur bonheur aveugle
Les coucous portent des étoiles sur leurs ailes
Pour ceux qui n’ont plus de destin,
Pour ceux
Qui sont abandonnés à un destin implacable,
La lune rêve
Dans les saules tremblants,
Des larmes d’argent coulent
Sur ses joues de bronze,
Dieu, peut-être qu’elle a aussi un amour perdu,
Peut-être que ce visage invisible cache
Le tragique de l’éternelle rotation,
L’écho du terrain vague où
Ceux qui n’ont plus de place ici sont exilés.
Les grues passent,
depuis des milliers d’années,
Obsédé par le même printemps,
Ils ne savent pas combien sont peu nombreux
Ceux qui les accueillent,
Combien sont rares
ceux qui ouvrent les fenêtres la nuit
Pour écouter leur murmure divin,
Combien sont ceux
Qui meurent
Sans connaître la lune rêveuse
Et la face invisible de l’âme…
:timide:
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