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Poème partagé par JRARTISTE – création poétique en ligne
Trois gouttes d’eau.
Trois gouttes d’eau que le soleil respirait, s’évaporaient de fleurs en feuilles.
Toute innocence de leurs jeux, le toboggan de cette aurore.Trois « point du jour » dans cette funeste maille, anéantis d’un long sommeil qu’il ne faudrait jamais quitter.
Trois poussières de soif sous une aube rougie appréhendent ce conte de l’orage dans lequel noble duc fait figure de bien mauvais peintre, éclatant de sa couleur les colères de la vie.
Trois verres de pied ferme dans un boum de cristal étamé, l’air opaque, dépolis par l’attente d’une pluie qui ne viendra plus.
Et le vent dans sa douceur caresse la détresse de ces lueurs parcourues.
Puis le temps dans sa candeur fige à jamais les mémoires jusqu’au creux divin d’une possible paix.Trois gouttes flic flac ! L’espoir ricochet par cette halte. L’eau est un miroir manifeste qui déforme l’eau.L’au- delà. La joie.
Trois gouttes d’hymne pour Ludwig et ses quatuors d’insomnies sous des bombes à te guérir un sourd.
Trois robinets bien mal fermés goûtent « rouge « le tartre de la guerre. L’eau ne fait pas chanter que la lumière. La tête sous l’océan Debussy sentait venir l’enfer.
Trois gouttes d’air. Des jeux d’eau en mystère sous les doigts révélés d’un piano.
Trois gouttes d’eau étaient comme trois graines de larmes sur des corps inertes dans la rosée de leur sang.
Trois gouttes de sang en cathodique religieusement sur mon plateau me faisaient la nique entre le fromage et le gâteau.
C’était « trois gouttes d’un cri ».
En direct du marché de Sarajevo.JEAN-ROBERT DRAY. Cergy.
Le 15/02/1994. 1h18.
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