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Poème partagé par CALIJO – création poétique en ligne
Un an ce 22 juillet que ma chienne Gipsy, ma compagne d’un temps m’a quitté.
Irai-je en cet endroit quand tu ne seras plus ?
Des oiseaux bondissant comme des voltigeurs
Sont tentés par la graine aux barres des ramures ;
La mare et la forêt sous cuivres et rougeurs
Font un pèlerinage à l’hôte des voussures.Quelques rayons épars s’égarent sur ma peau
A travers les piliers de la charpente épaisse,
De même que des glands tombant sur mon chapeau
Roulent sur le chemin pour propager l’espèce.Je me sens épié, tout bouge…et je suis seul !
La sylve est un tombeau, la flache son linceul
Où gisent à couvert de longues promenades.–Nous étions deux amis sur la sente, autrefois,
Deux esprits mariés, solitaires des bois,
Pour le temps imparti de quelques escapades.–Un fantôme s’avance et se jette dans l’eau,
Éclaboussant l’oubli d’images en cascades,
Fulgurances d’hier étoilant le tableau :Je me souviens de nous, allongés sur la mousse,
A l’ombre d’un vieux frêne il faisait bon rêver,
Lorsque j’ai ressenti la petite secousse
Du poids de ton museau dans mon cou se lover.Et, quand tu ressortais suintant des ondes glauques,
Je me faisais tremper par tes séchages forts,
Tes roulades sur l’herbe et tes aboiements rauques
Se mêlaient dans l’azur à mes cris de stentors.Mais le film est fini, la solitude règne
En maître dans mon cœur par le fiel habité,
Dans la mare et le bois des souvenirs, se baigne
Le dur instant présent de la réalité.
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