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Poème partagé par Tolkien95 – création poétique en ligne
Toi que j’ai aimé pourtant si naïvement,
Mis très haut sur un si grand piédestal doré,
Mais devenu depuis un géant de papier,
Puisque je te hais vraiment autant maintenant.Je me souviens pourtant d’un large et beau sourire,
Moi juché sur tes solides épaules en rentrant,
Hélas, c’était un de ces rares bons moments,
A comparer à ceux où tu m’as fait souffrir.Où sont donc passés tous les beaux noëls d’antan,
Ou une orange en papillote suffisait,
A me faire ouvrir de grands yeux émerveillés,
J’ignorais la fragilité de ces instants.Plus tard, contre toi, je me suis bien révolté,
Plus pour me révéler que vraiment te déplaire,
Je détestais tant ta discipline de fer,
Tes brimades, ton baiser ceinturé d’acier.Les années passées, je ne cherche plus querelle,
Naguère, je m’y suis vainement essayé,
Pendant dix-sept ans, je t’ai alors effacé,
La vie a filé si vite, elle était belle.Contre toi, je me suis si longuement dressé,
Indifférent et ne voulant pas plus savoir,
Que derrière chaque révolte, tous les soirs,
Sur les miens chers, tu t’es énervé et vengé.J’ai vagabondé souvent insouciant alors,
Mais tous ceux qui étaient obligés de rester,
Prudemment et fort sagement, ils se taisaient,
Se montrant si indulgent sur mes propres torts.Un jour, à mon tour, pourtant j’étais comme toi,
Le responsable d’un si petit bout de rien,
Vers toi, je suis revenu, il le fallait bien,
J’ai repris parole sage et suis resté droit.Tu l’ignores mais il m’en a beaucoup coûté,
Sans pitié mais je ne voulais pas de remords,
Ni de regrets, même si c’est toi qui a tort,
Je veux juste en fait que mon fils soit bien traité.C’est le premier pas qui coûte souvent dit-on,
On ne dit rien de tous les milliers d’autres semblables,
Je ne suis plus confiant et ne croit plus qu’au diable,
Ils sont tous trop lourds et pesants, j’ai l’impression.Je me force, je me tais ou pleure en silence,
Maudissant ce père indigne, si cruel,
Sans toi, je suis sûr que la vie est bien plus belle,
Aujourd’hui, c’est hélas ma plus grande évidence.Crève donc là, vieillard sec, seul et décharné,
J’ai mes souvenirs torturés et mes nuits blêmes,
Laisse-moi donc seul avec mes propres problèmes,
Je mourrai à mon tour sans avoir eu pitié.Je sais bien que ce n’est pas en soi défendable,
Un fils renégat qui hait tant son pauvre père,
Mais il suffit de penser encore à ma mère,
Pour qu’en toi, je haïsse le seul vrai coupable.🪶 Signature de la plumeL'homme est le r?ve d'une ombre
(vers 135-140 des Pythiques de Pindare, le prince des po?tes).
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