-
Sujet
-
Une autre histoire – 11 –
Juliette s’enquiert : « Alors ? ». Sa sœur lui relate son chou blanc
par le menu :
? Dis-donc tu le soignes, ton beau veuf. Il insiste vraiment pour poursuivre ses recherches avec nous. Tu lui as tapé dans l’œil , ma parole !
Laure reprend place devant son écran, le rose aux joues, et claviotte pour se donner une contenance. Un silence, puis sa sœur s’écrie :
? Mais j’y pense, mon exclu qu’on a pas encore affichée, ça ressemble diablement à ce que ton mec aurait en vue ?
? D’abord, c’est pas mon mec. Mais tu as raison, comment ai-je pu ne pas y penser. Lundi, on lui en parle…
Juliette, fine mouche, a retenu la vivacité des réactions de Laure. Charmant, ce Monsieur Renoux. Ah ah ? Wait and see… Elle ferme l’agence, son fiston doit être rentré de la fac.Le dimanche s’étire pour Bastien, qui n’est plus guère optimiste sur l’aboutissement à court terme de son projet. Il paresse un peu, puis se décide pour une randonnée pédestre pour meubler son ennui. Cet après-midi il va se faire une toile au ciné : on y joue « Rabbi Jacob » de quoi se dérider un brin. Alors qu’il n’y aura rien de nouveau à priori, il est pressé d’être à demain, et se surprend du plaisir qu’il aura à retrouver Miss Brémond à l’agence. Mignonne et sympa, complété de plus car affinité… Il brûle d’en savoir plus sur elle.
Neuf heures, ouverture de l’agence Brémond. A peine le rideau levé que déjà Laure est au téléphone. On décroche :
? Bastien Renoux, j’écoute…
? C’est Laure Brémond, J’ai du nouveau, pouvez-vous venir rapidement ? Nous croyons avoir quelque chose qui pourrait vous convenir .
? Ah, vraiment ? Je comptais passer en fin de matinée mais, le temps de me préparer et je suis à vous, disons, dans vingt minutes.
Il n’a pas été sans remarquer l’excitation de sa correspondante. Intrigué, il ne tarde pas à se mettre en route.Lorsque Juliette ouvre la porte, elle les trouve tous deux en grande discussion autour du reportage photo qui défile sur l’écran PC.
Rien d’anormal, direz-vous ? Sauf qu’ils sont du même coté du bureau, à se toucher, et c’est à peine s’ils remarquent son arrivée. Là, y a un truc, ou alors je suis myope, se dit-elle. Laure aurait enfin décidé d’oublier l’épisode Aldo ? Elle fait glisser bruyamment son fauteuil en tonitruant :
? Alors, on signe quand ?
Ils sursautent et se séparent comme des gamins pris en faute. Elle est morte de rire, mais comme elle est polie, n’en laisse rien paraître…
? Bonjour Madame. Nous n’en sommes pas encore là, mais ce que je vois est diablement intéressant et mérite une visite in situ. Est-ce possible ?
? Çà peut s’arranger après déjeuner, j’ai récupéré les clefs ; tu t’en occupes, Laure ? Je vous rejoindrai la-bas.Effectivement, c’est bien situé: Une impasse à mi-chemin de la rue Reboul qui descend raide depuis l’Hosto jusqu’au cours Jean Jaurés. L’impasse Gardiane. Comme il a scruté sa zone sur Google Earth, à portée de main: La Mairie, Théâtre, Cinéma, Notaires, et en bas, le marché ! Environnement : super ! Juliette les rejoint, dossier et sésame.
Eux sont venus dans le carrosse de Julien. Devinez : ils ont déjeuné ensemble au fast-food. Une première pour lui : il n’est pas client des Macdos, mais que ne ferait-il pas pour être avec elle ? Agréable entracte où chacun livre un peu de soi. Une interrogation : pourquoi son sourire s’est-il effacé lorsqu’un bande de joyeux drilles, genre VRP s’est bruyamment installée? D’ailleurs, il lui semble qu’un mec la fixe avec insistance.
? Vous le connaissez ?
Elle répond distraitement « Non-non » avant de se reprendre et fermer la bulle amicale sur leur loge. Pourtant, il aurait juré….Et il ne faut jurer de rien…
A suivre
Parceval
- Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
