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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

abandonnés du sommeil
mes yeux s’épointent aux angles de la pièce
et puis glacial et récurrent cet instant
venu transir le sous-bois de mes osje ne savais rien de ce qui se silence
au faîte de ta disparition
rien de ce qui s’enténèbre
à l’aune de la chair éteintecomme levé j’aspire au piano
mais sur le bûcher d’absence a brûlé la musique
tes empreintes s’éloignent indéfiniment
dans la cendre des nocturnescomme opiniâtre j’invoquerais le poème
si ce n’était que la fureur affole l’alphabet
et tes lèvres s’abîment indéfiniment
dans les distances des voyellesd’où vient-elle
cette vigueur de la lame détournée
du poignet diligent et diaphane ?d’où vient-elle
cette vigueur pour ces veines indemnes
bleu lacis de l’invivable ?d’où sortent-elles
les jambes
avec l’ahan ?d’où le courir
hors la pièce
hors la ville
hors l’extrême silhouette d’homme ?quelque chose de toi peut-être
dans les clarines sporadiques des pâtures
ce serait quelque chose de ton riresur ta stèle ton prénom de métal forge mon rouge regard
quelque chose de toi peut-être
dans l’irréfrénable timbre du ruisseau
ce serait quelque chose de ta villanelleà l’improviste une créature maléficie la berge
quelque chose de toi peut-être
dans l’élongé frémissement des cimes
ce serait quelque chose de ton extasequelle nuit d’éveil sous les étoiles intermittentes
aux confins de la quête et du souffle éperdus
toute ma hurlée avec toute ta réponse
réunis au coeur en cet allegro neuf
qui prélude d’une systole démiurgique
à l’albescent horizonTradescantia
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