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REVU
Sac de voyages
Ariège mon beau pays natal
Au pied des Pyrénées à chaque pente
Qui nous demandait plus haut de monterLacets de route montagneuse
Dans le brouillard
Qui se déroule vertigineuse
Bise qui fouette brûlant estives sommets
Au bord des précipices fourrés et rameaux
D’épines de racines de tombeaux
Du tréfonds des grottes aux luxuriantes forêts
Où seule la parole monte
La voix coupée du monde
Kyrielles de torrents
L’ode en cascade descend
Gorges d’eaux musiciennes
Le long de la route s’empierrent
Lapidaires chuchotements
Que tout fond dans la meule
Pont éternel
Je pense à la rivière qui tanne les noms
À qui je donnais mon cœur de souche
La buse en déchire le jour
Orchidées ancolies campanules en laissent partout
Tant mes larmes ne savent à qui elles appartiennent
Dans ces moments réfléchis qui me reprennent
Dans le fleuve où mes yeux se sont noyés
Toujours de jeter un caillou dans sa pupille.EMA « A la frontière d’un caillou blanc »
***
Deux mille mètres. Dans la feuillure.
Des lacets de vertige. La route sur la tige. Un fond qui roule.
Un vent qui fouette.
Au bord du précipice. Fourrés qui revivent, des racines de vie.
Marées d’émeraudes. Tourbillons de diamants. A l’eau pourpre des roches.
Dans les sommets escarpés, des passages brumeux vaporisent les versants.
Chemins de cailloux et serpentins de neige.
Dans un sillon de cascades qui tombent du ciel,
l’altitude assourdissait les airs, les collines orchestrent le vent.
Un reste d’écho. Ma voix se rappelle.
Montagne qui guette…
La forêt tourne autour. Les villages comme les neiges éclatent au soleil.
Une virgule apostrophe l’azur. Touche le dernier bouleau, là-haut, qui se perd.
J’ai les mains nues. Je ne cueillerai rien. Je garderai tout.
Coulée de verre, l’eau du torrent s’empierre ;
le long de la route qui l’écoute et fond dans la meule.
Puis une ombre arrache tout, s’enfonce dans la sonde.
Trois kilomètres noirs,
centrés de petites torches bleues et rouges qui éblouissent la voûte.
Dans ce sac, près d’étouffer, je pense au ciel.
Après le tunnel. Au pont éternel.
Le pont des lumières, et de la rivière qui étamait les Noms ;
celui, à qui je donnais mon cœur de souche.
La buse déchire le jour. Les jonquilles en font partout.
Mes larmes savent à qui elles appartiennent,
dans ces moments qui saignent et me reprennent dans le fleuve…
où mes vœux se sont noyés toujours,
de jeter un caillou au fond de ses yeux.
Le temps d’une averse pour répondre qu’ils sont deux,
le soleil est revenu.
C’est la montagne ! Comme la mer !
Elles reviennent.EMA
Toi l'ineffable devenir,
Dont je bois les mots de l'autre c?t? des choses.
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