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Poème partagé par Flaminia – création poétique en ligne
D’une arrière tante, j’ai hérité
D’une maison au lourd passé.
Jamais personne, au grand jamais
Ne m’avait dit qu’elle existait,
Cette grand tante Joséphine
Qui par testament me destine
Ce lieu qui fut, entre autre chose,
Une célèbre maison close.
Me voilà donc sur le perron
Là-bas un banc de pierre rond
Que recouvrent lierre et glycine
Et où la tonnelle s’incline
Semble se souvenir des jours
De pique-nique, de balades pour
Des baisers fous dans le jardin,
Sous le grand saule du bassin.
Maison vide et pourtant remplie
De lustres, miroirs et de lits,
De couleurs vives et de joie !
Les tableaux disent avec émoi
Plus que tous les livres d’histoire :
Là, Vénus nue sur fond de moire
Ici Priape en majesté,
Poursuivant la Nymphe égarée,
Bacchus, les yeux bandés qui vise
De son arc d’or le vieil Anchise,
Démontrant ainsi qu’en amour
L’expérience sert toujours…
Qui fûtes-vous donc, visiteurs ?
Combien ont vu cette demeure ?
Industriels ou politiques,
Notables ou ecclésiastiques,
Respectables pères de famille
Enivrés par le corps des filles.
Ils venaient pour s’encanailler
Et y chercher la volupté,
Vivre là leurs secrets fantasmes,
Et réaliser dans un spasme
Que les richesses et la puissance
Ne sont rien sans la jouissance !Flaminia
"L?homme le plus heureux
est celui qui fait le bonheur d?un plus grand nombre d?autres"
Denis Diderot
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