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Poème partagé par Merdesiles – création poétique en ligne
Ils étaient eux ou trois
Ils ont couru…
Se sont séparés pour tromper les chiens
Les chasseurs de têtes avec leurs armes
Sont un peu ralentis par le poids
De leurs habits , musettes chargés
La chaleur , ils n’y sont toujours pas habituer
Les esclaves eux sont nus ou presque
Un tissu à la taille , le torse au soleil
Sous leurs pieds poussent des ailes
Les mots des anciens répétés de génération en génération
Chantent dans leurs têtes
Traverser une rivière pour échapper à la meute
Ne pas se retourner se serait perdre le temps
Une minute , une seconde à son importance
Ne pas rester ensemble pour donner à l’un
La chance d’être libre
Ils courent , ils traversent les hautes fougères
Ils ne veulent plus les coups , les chaines
Servir jusqu’à leurs dernières heures
Le tam-tam résonnent dans leurs crânes
Son chant la liberté
Ils n’ont pu effacer de leurs mémoires
Sa musique , l’odeur des épices
La danse venue de la grande terre
La force que leur donne leurs prières
Ils courent…
Les branches déchirent leurs bras
Les pieds nus sont en sang maintenant
Les chiens se sont tus
Ils courent
ILs n’ont qu’un but
Le haut de l’île
Le sommet inaccessible à l’homme blanc
Ils se retrouveront là haut
Sous les étoiles qui protègent déjà
Quelques uns hommes et femmes
Ils seront parmi les marrons
Ceux qui n’ont pas de terre , pas de maisons
Tout sera à construire
Une vie sans fouet , sans injure
Ils se sont arrêter pour attendre le plus jeune d’entre eux
Ils devaient se retrouver à cet îlet
Mario manque à l’appel
Le jeune homme a couru lui aussi pendant des heures
Puis c’est perdu juste avant la rivière
Des hommes à ses trousses
Comment en réchapper ?
Alors , devant ses yeux une dame magnifique
Lui ouvre un passage secret
Un buisson de haut bougainvillier apparaît
La dame l’invite à s’y cacher
Les fleurs , les lianes , les épines se referment
Il est protégé dans ce lieu secret
Les chasseurs s’interrogent
Ou est il passé?
Ici , il n’aurait pu y aller
Ils s’en vont , rentrent déçus
Les esclaves ont disparu
Beaucoup plus tard , l’homme reviendra
Placera une dame de bois à l’endroit
Ou il fut épargner , il revient pour y prier
Au moins une fois
Il sait que ce fut un miracle qui le sauva
Aujourd’hui , Mafate encore sous le ciel
Protège ses enfants qui n’ont plus voulu de la vie
Autre part que sous son aile
Ou priait Mario
On prie encore , on demande des grâces
Une église tranquille , une vierge noire divine
Sur l’île enchantée , peu ont oublié
Le prix de la liberté
Ils ne parlent pas de fratrie
Car tous sans exception sont leurs frères
Ils l’ont compris
Le pardon c’est s’aimer sans raison
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