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Le Florilège composé pour Cassandra

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 17-05-2022 06:31.
  • Créateur
    Sujet
  • #2693112
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Absence

      ma cueillaison allume
      ces trois petits feux parme
      par-devant ton portrait
      et l’encre au futur aubergine
      qui s’est souvenue du parolier
      sur un déchiré de papier vélin

      un vol onde le bleu pastel

      les cryptides des frondaisons sont vivifiés par la brise

      le couchant attise

      je ne savais pas encore que tu brûlais si belle
      dans une éclosion de corolles

      Passiflore

      l’évanouie des négoces
      sa grâce célère
      passant les centiares s’anonymisant

      une tératologie de pervenche
      ne sait croître en la roseur immaculée qui nuage

      l’escale herbue
      ne corrompt d’aucun grappillage
      son cinétique gobelin de clair-obscur

      la soif n’a pas d’empire
      sur les réfléchissements scintillorhéiques

      outre-ouranocardie la fortune des pas
      à en étoiler l’agenouilloir
      où perdre l’exigu des cueillaisons

      à travers la limpidité du souffrir
      promesse de la chair au retombé de la gaze
      les pistils noient leurs clous dans la poussière anémophile
      et le tremblé des feuilles graffigne le silence

      Thyrse

      des hurlantes farandoleuses qui sacrent l’excès
      et enclosent les lacunés de la vengeance
      jaillir avec la fraternité de l’éclair
      dans la firmamentielle viole

      une opiniâtreté de tendreur se dévouant à verdir
      parmi la fantasque crête d’angles
      jardin d’iguanes où se désabuse un sanctuaire
      reçoit l’arme affranchie de la plaie

      partourdisseuse lenteur
      comme le pampre roule ses spires
      son mime galactique
      effleurant le bris d’un visage
      un impromptu de coupe se désensable

      à la colonne obliquée
      qu’échancre la morsure foimentie
      aspire l’accolade du lierre
      et déjà l’aède où claire son feuillage
      couvre le poudreux balbutieur de la parole gravée

      Drakkar

      à travers les os thésauriseurs
      onde et pousse la partance

      les angles hissés s’ouatinent
      recomposant le carré qu’enfle le soupir abscons

      au risque s’épanouissant d’une mer innomée
      par les intermittences de l’étonnement
      oeuvre l’aiguadier troubadour

      les derniers photons vont solfiant
      le linceul du sombre serein

      en spirales se livre le vague
      en parturientes arabesques
      où se diapre le témoignage des rémiges

      un regard taillé dans le paroxysme du trépas
      propose au dragon son foyer gemmal

      sa foudre satellise la lyre originelle
      et continûment au-delà de leurs formes
      les lignes silhouettent le charme explorateur

      d’angelicielles ailes
      ajourent ses abordescentes verticales

      s’étoilent les transparences
      dont l’orage lisère l’hémérocalle

      Angeliciel

      D’errance
      en errance
      elle aura fini par natter
      la plénitude de la nuit

      pour que toutes les branches
      de la rose des vents
      convergent vers ce grain
      de flamme paraissant

      pour qu’il n’y eût
      plus d’autre conséquence
      que croissant
      cet écho aliforme
      des êtres de feu
      dont la formule du vol
      consume les pesanteurs

      Améthyste

      Où triste gésir cette intime pièce composée par le souffle

      l’angle atramenteux des chansons d’étambord éclabousse la dénudation

      cependant que les drisses recommencent par l’enluminure des voilages

      l’émaciement aux fins d’offrir en cible les coronaires dresse la femme

      passeur de vermois le faisceau arrive aux fermoirs du talisman de silice

      Elle se sera coulée dans la transparence qui baigne les amnisties avec les courroux

      une chute éploya sa bleuissure telle une chance d’alcyon

      mais puisque la mer houle et déferle ses boissons mélancolieuses

      c’est en aile que répute saoule la laisse longue qu’elle danse

      au carat nouveau de sable en calcaire la fiducie appareille la paume

      Le ruiniste des phares a donc pénétré l’exuvie de la foudre et sa culminance de sylphide

      controuve le vacillé des degrés n’ayant pas désappris de gravir

      limbique le sommet qu’infirme la constellation dilacérée

      mais conculquer ainsi musicienne brute le bris de l’ancien guide

      mène à cet elliptique écrin ouvré en coeur des chaos

      Pour abyssal matin la lueur qui persiste jusqu’aux épouvantés

      recompose des yeux dans un crâne obliqué

      en faveur de son gabier les linéaments de la mâture envisagent un sel

      comme au bond déjà il échoit le regard entrelace ses nages et va

      les violaçant au long de l’engravement qui tressaille d’un sentiment de haleurs

      Alcools

      chrysolithe ambre rubis
      alcools en livrées
      oiseleurs des rayons ultimes
      vagabondés dans la chambre

      puis boire comme un ailleurs obombre l’étoile

      gemmes et chagrins
      fantômes et lueurs
      ont kaléidoscopé le sang

      un flambeau de corail
      que tigre un appel d’ivoire
      brûle l’obscur
      espaceur des destins constellés par le ciel

      Matinales

      I

      Musique du dernier moment de lune

      des vieilles pierres de safran tigré de sombre
      s’exhale une voyelle comme météore
      candide vélaire et lyrique
      pour ajourer le bois brut des alphabets

      dans l’orphelinat des batailles
      je demeure sans plus d’oraison ni de haro
      et les prononçants qui croissent à l’entour
      n’ont plus de clair que cette tessiture des aurores

      II

      Armistice

      pour traverser l’ardoise pluviale des prémices
      carquois et traits s’arquèrent
      dans le poids émerveillé des sept couleurs

      et vaguement sagittaire encore
      un nuage abandonne la cible
      au lilial vivier de sa métamorphose

      III

      Le péridot des aurores

      ta silhouette
      esprit funambule
      sur le premier fil de lumière

      et ce soupèsement déjà
      du sens verdoyé
      où feuille l’éveil

      mais nulle chute
      ne le thésaurise
      et l’obsessif abîme

      sertit le péridot grandissant des aurores

      Perdre les gemmes

      l’instinct héliophane
      de toute sa contention de rose lactescente
      mamelonnait le ciel maculé de la cour

      parmi l’épars nébuleux
      allait cousant l’imminence de sa vanité

      un angle de la table
      était épanoui par ce long verre
      qui limbait le liquide diamant de la lumière

      or l’alchimie féline
      l’énergie pour que dégorger
      après la minute oscillée des paroxysmaux bords
      sertisse dans l’indemne la béance

      l’inéteint réfugié en prunelles
      extraites du prélassement
      se mue en regard
      qui atteint aux vantaux de turquoise

      jusqu’à ces prémices de fuligine
      où se réunit et navre le mouvement de la bête

      par un forjet d’arbre et de toit
      sur une brève traverse de silence
      au profond du retroussis de l’extase
      n’a de cesse de cambrioler la croissante pénombre

      Prémiciel

      Dès lors
      ce sont à ce point claires
      des montagnes

      leurs lilas et bleu pastel
      indolente diaphanéité systaltique
      confessant l’immatériel

      il y a pour l’étoile ce soupir
      qui apièce des éclats

      le vol vêt le blanc et le noir
      aux fins d’essayer l’altitude
      et de tracer à même l’illimité
      l’audacieuse synchronie d’un paraphe et de son effaçure

      nul pronom personnel
      n’est tenu sous le joug
      du prédicat nucléant pleurer

      pourtant seule
      la première larme
      confirmerait le monde dans sa source

      mer jaune

      passante de la pierre
      qui obombre les heures mutinées
      méticuleusement la cendre s’enquiert

      l’hélianthème calligraphe
      l’encharme de l’inflexion chère

      le poème obsessif
      qui t’épeura jusques aux neiges funérales
      te silhouette désormais
      dans tous ses chantournements du dicible

      sans offreuse les florilèges larment en ors taciturnes

      le mot inexplorable
      et la languissance des trouveurs
      élongent de silence
      les lèvres des proues abyssales

      par maint brisant de foudre
      s’inaccomplit l’été d’absence

      d’un sablon empreint de nos confiements
      se recompose le fileyeur paternel de tes ailleurs

      oh ! siller
      où blondoie la poudre accalmie
      de nos traverses fromentales

      Passerose

      alors que le quadrilatère de luisance
      dirime les disputes qui murent
      va désagrégeant ses angles
      sur une mince eau bleu diaphane
      contre un rivage imitateur
      le pétale de paresse ne laisse pas que de folitrépasser

      Désormais les dimensions
      par le pluriel du bouquet suppléées
      imprègnent la robe du partir

      à la ville des moments
      soustraire une carène
      et inventer la mâture

      drisser le drap d’anémone

      épargné par le pas d’air apte à l’avant
      l’aiguail qui empêchait que le joaillier ne disposât ses rangs
      guerdonne en apiéçant toute une mer argonautique
      avec la quintessence de ses symplégades

      inépuisable cueilleur de l’étrave
      son geste dérubane les hautes tiges
      pour que fleurisse le renoncement
      aille s’exhalant la dérive

      les corolles translatent la tempête en leurs moires

      de delphines épures attestent l’anthologie du calme

      le météore affin ose pâlir un septième de son arc

      une pensée encor pertuise sa gangue posocardique
      et permise pur accueil épanouit le corps

      il arrive une nuit de sécession
      dont n’est plus obombrée la franchisseuse de satin

      Traversante

      avec l’ombreuse étoffe qui divise
      la béance de l’épicerie
      bombe le rose
      mystifiant le degré de l’effaçure

      la robuste mémoire
      confirme sa carène
      et l’houache staminée

      des corolles
      enfuies de la cueillaison argonautique
      muent le naufrage en jardin

      entre les colonnes du pavillon
      la quintessence de l’escale
      grâce au rosier s’ogivant
      et l’île déborde le fugace et le récrée

      de turbides débits
      embouent et ambrent l’inépuisable de la mer

      et cette passation d’inconnus au marbre noir
      cette proue calligraphe afin que ton nom se dore
      qu’y pourra l’ancre pétrée
      qu’ayant ouvré la symétrie des rugisseurs
      perla le rite éploré ?…

      si des mains étoiles
      les surmontent encore de leurs bouquets hissés
      dans la risée viride d’outre-chair

      Tradescantia

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    • Auteur
      Réponses
      • #3377831
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photoNoireLune
        Membre Oasis
          • Sujet: 1482
          • Réponses: 52493



          Bonjour à vous…Tradescantia
          La richesse des mots employés dans cette poésie
          personnalise d’une manière idoine
          la resplendissance des plantes
          qui se dressent par devant nous
          et qui semblent glorifiées…

          Très amicalement…


          La Po?sie ?a sert ? faire du bien...
          ?a d?noue le n?gatif...
          et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...
        • #3377835
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoislander
          Membre Oasis
            • Sujet: 8962
            • Réponses: 96830

            je n’ai lu que le premier abscence, je suis lent et prend le temps de lire, c’est très beau, merci

            yann

          • #3377952
            Administratrice
            Avatar photoSybilla
            Maître des clés
              • Sujet: 17854
              • Réponses: 198274

              Bonsoir Tradescantia,

              Une suite de magnifiques poésies florilèges aux métaphores très prenantes !

              Belle soirée cher ami poète !
              Toutes mes amitiés
              Sybilla

              Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
            • #3377989
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour…

                … Ce mot : Gratitude, qui n’est pas répétition, mais rayon du jour nouveau…

                … Lenteur, oui, éloge de la lenteur bienfaisante, bienveillante, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de lire l’autre-, l’étranger-en-poème… Ce florilège se veut certes un ensemble, un seul poème : ‘Pour Cassandra’… Toutefois son unité se compose de nuances recevant chacune son titre propre… S’il se trouve quelqu’une, s’il se trouve quelqu’un pour s’approcher, pour lire un moment, pour apprécier peut-être ne serait-ce que l’une de ces nuances, ne serait-ce que quelques vers de l’une d’entre elles, alors m’en voilà radieux…

                Florilège signifie choix : à la lectrice, au lecteur, de toute l’heureuse lenteur qui lui conviendra _ idoine, direz-vous, NoireLune_ d’opérer son propre florilège au coeur même du florilège…

                La journée vous soit étincelante !…

                Tradescantia

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