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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
Source
Abstraite des métiers
et des contrats tu épanouis ton pas
et ta taille à travers la proposition
qui te souffle de passer sur les acrilans
et les encaustiques de sa forêten sibyllin enfouissage
un blanchoiement t’alentitpour accomplir la décache
ta complexion fait quérir l’agenouillescenceAlors épousé le creux de la paume
de ce fragment de faïence acutangle
puis sous l’infime terre
éludant le ciseau du côté
point ce signe de parmeexacte se ravive
la nuance qui intitulait le poèmela tutelle affabulée du feu
n’a plus d’empire
devant l’issant prodige du papierl’encre encore
ondoyeuse des vocables
épanche son rêve de rivière
et trace gorgées de mauve
jusqu’au tremblé de la passerelle
les berges propices aux dynamies égales des amantsCe que brisent dès lors
les rafales qui savent traquer les racines
plongées dans l’aveu des éternités…et quelles peuvent bien être ces lisières
méconnaissantes de l’enlumineur qui les gyre ?…Les Diaphanes
Anaïs
Les arêtes de l’hôpital
leurs flous reliquats
leurs évagationsAnaïs devient archane
les pas
qu’il lui reste
traversent l’hémi-nuitalors s’étendre
et jusqu’aux entrailles
la recouvre la cendre du linge
qui eût à tierce recommencé à sécher son corpsle bestiaire sparsile de l’orée lui est un sommeil
luire entre les fûts insoupçonnables
et rayonner converge vers la témérité du myocardenon plus se lever… translater
en orient le dernier aplomb humainà la branche
qui la passe d’une fasce d’éclat
elle append le tissu des exécutionsafin que la seule cloison de sa sépulture infinitive
fût cette aube turquoise
Tailleuse du ciel
Nuages
morceaux de lumière
étoffes à l’ouvrage
sur l’atelier bleu
constantes coutures
le vent doux
pour aiguille et pour fil
déchirures constantes
le vent doux
pour négateur
et j’attends là
étendue
parmi les premiers foins
sous les métamorphoses. . . . . . . .
Reviendras-tu
à mes côtés
dans les habits blancs
qui nous dépêchaient
auprès de la majesté solaireMarina
la voile
tissue par la bruine filamenteuseet le grand vent de l’alphabet
embarque le nautonier des songesle périple abandonnément
enchâsse une escale d’émeraude
dans l’aigue-marine liquidel’île est la fiancée des sens
la source des guitares nocturnes
le lexique des reviviscences intimesainsi pour long temps de veines exaucées
long temps d’horizon palimpseste
de verbe marginalainsi pour les arpents du neuf
je les ligne
et je les range
cette ville monologique
ces images recrues
de la voileRepêcheuse de détresses
l’ivresse préméditée
a bifurqué sur la rumeur circonvoisinela petite nappe de papier
décerne son angle aérien
à l’équation gueuse du verre à piedparts du sortilège de relais
la légère oblique du corps dégesté
la lézardise des cristallinsvestiges des pénultièmes lieues
et des rescousses
un cylindre alliance tous les fanauxle métal ajouré le gainant
promulgue des cercles diversidiamétraux
aux fins de composer ces danses rondant
en faveur du centre qui féele reflet tramail
enlumine sous la vacance inopérante
le remenant du chardonnayClarisse
D’albes fils, imperceptibles coulures d’oreilles, instillaient en mon esprit le premier mouvement d’une sonate.
Clair de lune.
Et la musique allait ailant mes pensées, au lieu que je fusse convaincue de traverser une ville.
Elle avait de plus en plus d’empire sur les constructions qui épaississaient jusques aux amauroses le connu de ma déambulation – immeubles, maisons, boutiques, tavernes, cathédrale –
De même qu’un métal peut être porté à incandescence par une chaleur intense, de même le ravissement de la musique les portait à diaphanéité.
Les portes et les fenêtres s’étaient évaporées. Les façades se décontenançaient par degrés pour se muer en de très minces feuilles hyalines. Les arêtes et les angles maintenaient des lignes minimales, ennuagées d’une indéfinissable couleur où toutefois se filigranait le cyan.
Et je pouvais percevoir une lumière, étrangère à l’étoile aussi bien qu’à la lampe, infiniment émerveillante et véritable de son désir de chemin, tout grain cardinal compromis, tout horizon transgressé.
Chaque note du piano virtuose faisait ondoyer les lignes en proportion de son ampleur. Il devint manifeste qu’à partir d’un certain volume sonore elles se seraient évanouies…
Mieux encore, il était clair, il était incoercible que la musique, émouvant, éclatant, exaltant relais des géométries fourbues, irait subrogeant la ville tout entière où, dès lors, le pas subtil, la cheville étincelée, j’aurais, affranchie des saturnales harasseuses, des vieux spleens, des repères qui étriquent, et de la destination inexorablement recommençante, atteint à l’absolu des escapades.
Alessandra
sur les feuilles
frémissantes
de ta peau qui s’offre
l’émoi
nervuré
de mes mains qui s’ouvrentalentie frondaison du désir
prélude sans minutes
à la clameur du fruit
inondé
de nocturne safran
et d’aurore déréelleles racines de nos délaissements
sont humiliées jusqu’au fossile
sous le faîte qui cingle
et les souffles où flottent nos veines
se fondent
en un seul respir de sudLine-Christelle
Trois grandes fenêtres offraient trois poèmes.
Les lamelles segmentent l’ondulation multiple de l’arbre, et la chute des feuilles d’ambre y figure un clignotement doux
Un grand oiseau noir adhère à la vitre, mais jaillit de la montagne mauve dans la couleur d’ardoise immense
Un arbre au bûcher de ses rousseurs, de l’absence d’ailes, de l’anonymat de l’émondeur
Trois grandes fenêtres offraient trois poèmes qui, un moment, firent de ma présence d’hôpital un butin consolé.
Stéphanie
Il lui est encore accordé
un pampre de poulsaccourcissant l’errance
alors que les secouements de sa chevelure flavescent
elle pénètre un village
jusqu’à ce que cette chambre d’hôtel l’encloseune oblique poudroie
afin que la clef se dissolveelle abhorre les truismes des voilages
dont elle effondre les fuseauxpour les suppléer
elle s’empare du linge
un quadrangle
parmi les étoiles liliales du couvre-litau déploiement apothéotique
il apparaît que leur lymphe parme effusel’album de sa vie réunirait les photographies
qu’inféode cette lumière-làcette source
qui ne peut plus être visitée
dans le battement limbique
qu’il restele mélodique charme de se dénuder
telle une veine d’or
le bracelet s’enfuit
à travers la lenteurStéphanie effleure du visage la thermie informe
puis à gésir
s’offre parmi les étoiles légèresà l’instant du systaltique finale
glisse la fenêtre improviséeet le corps
jusques au sein tu
devient gisant d’albâtreActinia
D’abord
la fixité de sa verticale pastelil manque cette ligne
au cielEt puis son coeur issant
en épiphanie de la roseSon haut-le-corps
le plus lucide
depuis longtempsla fait tomber
dans le courantet frustre la langueur
de son trophéeLa corolle s’éteint
tout le long de l’ombre ample du pontEt franchisseuse
son tourbillonnement
distribue des grappes de papillotages
à ses évanescencesRoseline
le souffle oiseleur des pensées
quelle autorité échoit à la lucarne !ses angles regorgent d’évocations
le frappeur et la minute
en opportunes maladresses afin de tout épandreces voyages d’encre à même le cyan
leurs subtiles rencontres
ont favorisé la façon rameusepreste une croyance
sait désemparer les yeuxcette créature de vêpre
où se quintessencient les robustesses
décache l’agent des rayonsà une distance si heureuse
du verre qui n’eût qu’étanché
et encore promu l’approximation
le rose allumé considèreMarianne
À ce point de l’épilogue de la flânerie bucolique
Marianne a fixé les yeux sur l’ombre
du drapeau qui est la proie du ventc’est au pied de la fontaine léonine
dont l’ocre de la pierre
laisse sourdre un clair arquéà maintes reprises
elle en emplit la conjointure de ses mainset s’en délouve
à peine la porte de la chambre franchie
on la gourmande
de ce qu’elle module de la sorte le tempselle a ri en s’élançant vers le bain
où lyser les dernières heures strictesnue et mouillée
son émaciation s’est figée devant la fenêtreétrangère aux métaboles du jour
c’est juste toute la ville qui ardealors que l’on déploie un linge vaste
à travers lequel la consomption
se mue en bleu pastel qui flamboie
elle ne veut pas d’autre vêture
ni aucune autre contingence d’aubeet la voici
dans les rhombes dédaléens du tapis
souffle et systole en exil qui poudroieune diagonale de sang née de ses lèvres
se tait dans la gorge de lyspuis va rutilant d’un pli
à l’autre de son emmaillotementLa disparaissante
du vaisselier qu’elle entrebâille
croît une ogive s’injectant de silhouettelucarneau de la jeune vivante
sur la théière couleur de boucanéearc et spirilles violaçant le charme
une fleur s’élonge au flanc du drageoirde la pérenne absence des parfums
s’oignent les attentes magiciennesavec le cordonnet d’ambre flué
quint de l’andante en promesseelle passemente le geste de cueillir
pendant les flagrances d’une promenade de porcelaineet pour le corps qui rompt avec l’annuité
pour le sang retourné au météoreparmi la sépia polysémique du reflet
elle épanche le paroxysme du congéRaphaëlle
En fauve
en flavescence où par intermittence
paraît l’irisage errant
la lumière de la nette après-midi
cascatelle sur les mirabelles
qui dans leurs consécrations de vannière
adorent le rassasiementdepuis de longues minutes
les yeux clos
la saillie des genoux
oedématiée par les poings
Raphaëlle est assise sur le lit
à côté du linge qu’a déposé
l’infirmière numineuse des auroresle rose pâle colore toutes ses images de vaillance
avec une foi de boîte fée
ses mains l’ont saisi
pour le déplierpour qu’il aoûte devant la croisée
que son coeur grandissant soit limbé par des allumements
le soupir pour la nudité
aux fins d’en emmitoufler
les amoindriements médullairesRéinventer l’amour avec Arthur
Il lui fut signifié que d’entre leurs myriades quelques-unes seulement devraient demeurer. Et, de lui seul, relèverait l’anthologie des étoiles. Pour l’accomplissement de cette tâche, une heure, toutefois la plus propice à l’éclat, lui était accordée. L’effroi le saisit, qui dessinait si nettement, sous les palpitances feues, la contemplation de son amie… de son amie, là-bas, si loin… son âme soeur d’Orient… Et déjà dans le silence de ses larmes s’éteignaient en coulant de longues constellations. Il fut grand temps de se redresser. Et il choisit. Ses mains abhorrées du travail brûlaient sans disparaître. Il songea à la mer, comme à la nuit définitive, où pourrait sombrer l’ultime lumière avec le corps inélucidable. Mais l’incandescence des mains recommençait le flambeau. Il les ouvrit fulguramment, elles parurent d’abord s’égailler, puis s’alentirent, et, point par point, allèrent composant une figure neuve, où il n’y avait plus aucun héroïsme approximatif, plus aucune superstition péremptoire, aucune ménagerie immémorée… Intime joaillier de silhouette, il avait porté à scintillation la joie simple et la marge lauréate de son amie, et un ciel se redéfinit tout autour avec une plus limpide profondeur, en sorte que le regard s’y trouvant dardé toucherait continûment à l’énigme.
Luminéglises
*
à même les cierges de paraffine blanche
envisagés au pied de la jeune voyante
les ors et les incarnadins angeliciels
s’emperlaient de pleurs lentspuisqu’ils n’auraient point connu
cette consomption
que prodigue l’enflammement paraboliste
de tout un matin de vitrail*
avant d’être communiquée
par la main veineuse et trémulante
aux deux petites bougies orbiculaires
qui s’accotent l’une contre l’autre
la flamme frissonnée
retrempe sa lumière
dans le chrysorangé des corolles
qui ardent au pied du transport
de la jeune fagotière de Massabielle*
rehaussant les degrés
qui mènent à la table célébrante
un bouquet de rosesdont le nuancier épétale
les souffrances du supplicié
jusqu’à l’albescence pascaleNocturne
vêpre d’or
profusément coulé
dans les ajours
de la frondaisonluxuriante
guipure
du théâtre d’ombres
de la brise en feuillesalve d’incandescence
dont la ténèbre
parue
fait son vagissementbris de l’enfance
scintillée
au passage
de la lune éburnéenneProie
Les encres riches des faîtes
imprégnant l’ouranopêchorangé
s’approchent des bêtes faraminesà la lune croissante allumé
augmente un cristallin possiblesous la minute des bruinants contrats
la précision enlumine mon sang
et parfait le lâcher des lisièresQuatre fois la chambre 5 se souvient de la suicidée
une chambre d’hôtel
où prédominent les blancheursor l’un des angles
tuméfié par l’abat-jour mauve
que piédestalisent des galets
amoncelant les nuances du roseen possible d’illumination
le signe de la variété effusive
de la persuasion d’être meurtrie
sur le gazon telle une neige négativeor un florilège tissu
dans un petit panier de toile
ses centres jaune d’or
radiés de pétales bleu pastelune infimité de métal noir
qui délimite le symbole de l’alternance
les surmontecependant qu’il n’y a nulle part où le suspendre
il a été traversé par le corps
pour qu’il continue
à tomber de la tour
au signal du coup de feu
enlumineur de tempedans cette découpe cordiforme de l’espace
or de grands rideaux tirés
fixités ruisselantes de leur diaphanéité parmeaprès la compromission des printemps et des accrétions
pour source je veux la lumière
qui comprend les jeux d’autrefois
et les complexions adolescentes et heureuses
s’abandonnant aux chansons de la sylphideet j’imagine cet ange juste à temps ayant éteint l’envie
qui porte jusqu’à l’épiphanie des veines et des fatigues
la nova dont rêvent les pléiades mutiléesor un miroir oblong
dans un étincellement d’argenture tourmentéeje n’y supporterais pas mon image passagère
aussi afin qu’elle n’y paraisse pas
sinon parcellaire jusqu’à l’insaisissable
qu’elle participe de l’absence de l’intime
dont la vie fut renoncée plus haut dans la cité
au faîte ajouré du château
j’ai accroché par-devant avec des cintres
ma veste écrue et mon noir manteauinconnue aux entropies
une énergie meut les réfléchissements du cadreils brûlent de se réunir
en sorte que dans la radieuse mosaïque de l’enfance qu’ils rapiècent
un sentiment d’éternel se mireConfondue avec le soir
près des blés
qui s’estompent
je m’assieds
l’imagination aiguë
l’orangé
palpitant
gemme
la vallée
saillie
dans la cendre de l’à-pic
et de la mémoire
la braise safran du clocher
à la blandice qui souffle
je livre de ma songerie
le tulle et la percale
couleur d’étoile naissanteLes couleurs complémentaires
désheurement
des nuances rouges
les rideaux clos
en verger muent
la lumièreoranges et kakis
clairent des faims
d’escapades se détachant sur l’azurFemme poète
Forêt
je vais
traversant
où les altesses de tes encres intenses
vont confluantô figures d’étoiles
qui délibèrentLes Vingt-trois phrases de Mademoiselle LIN traversant le bosquet
*
Quelle formule fut donc susurrée
à l’instant où l’oiseau noir
capturé par l’aubépine capiteuseréapparut blanc
pour battre d’une diagonale d’ailes
et conformer le firmament*
Le nerprun s’évertue à retenir l’arc-en-ciel avec des fibules de nuit
Une touche de jaune se mêle à une touche de bleu afin qu’à même la cendre du ciel l’émoi du spectre vaille son carat d’émeraude
*
S’ensommeillant tout contre la bourdaine feuille-d’-artificée de pluie
sa main malingre pressant l’écorce
vers le duramen des résiliationsprémunie contre les lendemains du boire encore
*
Parmi le sorbier des oiseleurs
mes ailes paroleuses se sont faites chair
pour le risque d’une succulence de corail*
Ce quadrangle mince prétendant l’identité
apuré comme un emblème paissant
par les gardes-promenades qui avaient appesanti la frontière
je me retrouvai auprès du cornouillerau révèlement de mon vrai nom
il rougit ses ramescences d’un acolyte sang*
déclose la pensée
au sentiment du chèvrefeuilleun saut est composé
qui délie de la doléanceet surmonte le caprice
*
Bien que je n’aie émis le moindre phonème
le jeune fusain a compris jusque dans ses sèves mon inclination au meurtre de moi-mêmeil me fait le serment de la charbonner un jour
sur un papier qui délivre*
Des tesselles bleues
îlettées de nuage
balancent en l’adéquate ramée du troèneIl devient plausible que le grief d’outrance laisse inachevée la mosaïque du ciel
*
Les arbrisseaux voisins demeuraient stupéfaits
comme l’autan soudain
avec des linéaments de cheval et d’ailes
agitait seule la viorne mancienne
au pied de laquelle allait m’enthousiasmant le poèmeje nouai son ombre sélène
pour qu’elle ne s’envole pas
et me soit cette vêture de vivants rinceaux*
La parole d’acrimonie
retenue
pour toute réponse j’ai mis en paupière le diaphane sur mon sanget j’ai persisté dans la victoire du houx
*
Un cube de papier cristal, tournillant pèlerin des fluidités bleues, avait échoué dans l’enfance du néflier
la ramure, à proportion de sa croissance épineuse, en disjoignit les faces
bientôt vingt-quatre angles, au moyen d’une communication irisée, s’exhortèrent à tenir la toupie des fruits pour adversaire
*
J’ai bifurqué
et je suis venue dire au merisier
le conte de mes mélancoliesl’ouïe bleu en liqueur
qu’avaient raffinée ses grappes
faisait cette lanterne plurielle
en la poigne de la nuit*
Par intervalles à travers le sureau noir
des sons de flûte
égrènent l’éternel repaire
de la musicienne de mes jours*
Où le sureau rouge ombre
je subodorai ta flûteune ramille brisée patientera
comme une autre moi-même
jusqu’au regain de phalanges
et de lèvres qui effluvent ta musique*
En fleurs
les lucioles du sang ont mué
mes mainsj’ai beau secouer
le coudrierseuls tombent mes pétales diaphanes
*
À ceux qui strapassaient des girandoles de sang
sur la neige de tes gambadesen toi les coloralliances de la viorne obier
ont épanoui la miséricorde*
Incanté par la brise luxuriante de l’églantier
le brodeur irrassasiable
déchira ses mains de soie
dans l’acuité des roses*
De giboulée en giboulée
une arborescence se sera persuadéeparmi les cristaux de glace
le plus pénétrant opéreraitL’incision du pétale
a effusé le papillondont l’ailance est fleurie par deux faisceaux d’hapax
*
Les bornes du fragile
l’alisier les passeil n’y a pas une nuance cardinale qui ne se dédise
des grelots déclinent le brésil et le corail aux nords
des aubes en corymbe reconsidèrent les ouests
*
Nos confidences
le plus alifère des rayons
croisant
la plus gladiolée des ramillesà travers la faroucherie du pommier adolescent
*
L’aplomb
entaillant les vaisseaux
spleeniques qui confluaient vers mon coeur
atteignit l’aubaine de la ramescenceLe poirier sauvage lotit sa sève
entre son aubier et ma candeur affine*
J’ai soustrait le château à son ruiniste
et je l’ai mis dans le prunellierle bleu ardoise rondit des sentinelles fructueuses
au long de son drageonnement épineuxsi un papillon vient mimer l’assaut
à l’envol suffit le brocart de ses ailes*
J’ai cueilli le théâtre
que le mouvement de mon corps
faisait glisser sur un disque de safran pâleJ’ai confondu ses sommets d’encre
Et parmi les élèvements j’ai historié mon ombre longue
que le ciel écime en étoile du soir
*
Aurore des rideaux
diaphane orangé
qui flamboies
tu inspires
cet allumement
mystique
au papier larme
de mes yeuxSamouraï
ce rire d’enfant soudain
un fragment de cristal
dans lequel j’ai taillé ma journéePur chant
grand vent
vespéral
fleuve d’éther
où mugit l’illimitéemportés
la touffeur de la bourgade
le tempo médiocre
des mots et des regardsun tombereau d’ombre
y décharge
les derniers gravois
des couleursà la faveur
de l’espace net
sourd
un oiseau de cristalLes rêves de Lucinda
Salon imagier I
Une confidence de braise a loti ses nuances entre les figures de verre
le larynx des laves parachève l’abnégation des aubiers
l’empereur qu’acrylique la théière invoque des ronds hydroïdes qui orchestrent le disque d’un ciel dentelé
au clair de la vermeille que d’absconses mirances ont versée dans les tasses
la vêprée accomplit les altesses tango de la tour
quand le clocher safranenvole chaque vie inchoative et refusante qui a chu
Outre-joyau
le profond soupir du joaillier
traverse les feuillages d’émeraude
et prodigue le perlement de mon émoi
à la parure rêvée par la transparenceDictamen
Parmi la nuit épieuse
deux flambes de fusil
dénièrent le regain d’assuranced’entre les vaisseaux
tumultuant le cambrioleur
maintenant la voix s’effuserait
sur les étincelles versicolores de l’insaisiAdagio
sur le fil
musical
le funambule
de ma détresse
ta voix
d’outre-ciel
souffle
ce don
d’agripper
la chuteBaiser lamourette
Au sein d’une note de piano
mélancolieuse la mère
a joint la lamiede leurs larmiers
filète la dernière distanceAu lieu qu’échoit au nocturne
le cours des encres amnistiantesAnguillomeux
Elle fut endormie par le nocturne
qu’il bissait dans la pièce d’à côtéEt ce seraient
encore
quelques notes
éparses
corollées ou
préludières qui
l’éveilleraientavec quelle candeur
avec quelle voix infléchie
par l’incoercible de la colorature
elle répéterait son nomelle se lèverait pour trouver
quelques pétales
du bouquet nombreux où s’insinuait l’adieuroses sur le palissandre sur l’ivoire chus
Colère
poupée sans voile à tes prunelles
un étranger soudain
gifleur
hurleurentre les murs
familiers
de la halte
et du souffle confident
cette anguleuse effusion de tes morceauxpar l’oeillade instante d’un accès
mon âme extravasée tout entière
dans un sang
de porcelaineArdélion
Dans un dédale
monotonie des tailles
verte lyse de ses degrés
celui-là fut laisséRecru d’équerres
sans opportunité… aussi
serait seul concerné par sa minute corporelle
le lion
relevé d’entre ses dits cendreuxLangage
ce que les lilas communiquent à l’affranchi
lorsque sous la nuée délitescente
un parsemis de fluides idéogrammes
emperle la moindre grappe du mauvecette verve éclose dans le miracle
de la créature qui n’a pas désappris de faire halte
et dont la poitrine tapante n’est pas
un écho du tambour idolâtreLiarder
Et brûlable le méphistophélès
s’échinait à consteller de ses suppliques
mes ciels naïfsOr il donna ce brin d’inéluctable
venu cendrer mes pulpes contemplatives
après l’ultime extraction du mineurféerie printanière
à l’azur
lents vols
de linéaments d’or
qui déliez
mes pupillesBouquetière
Parmi les éclats les roses sparsiles
parce que la colère elle aussi
est candidate aux épures nocturnesToute l’eau versée sur le tapis
pour les noyades des sylphides
qui se fussent délivrées de la laine veloutée
et qui évasent la prunelle de bistreBrétailler
Tout un maléfice
à même un mot sourieurla peur et la tristesse s’entravitaillent
Le vif-argent de la lame
acharne ses saccades
contre les syllabaireset trouve la crueur de l’air
Melliloque
De la vieille fabuleresse
l’inflexion lente de la voix
étalait de syllabe en syllabe
les derniers jours de son premier amourIl y avait en ses prunelles
ces brillances
qui jaillissaient sur chacun d’entre nous
mais pleurer n’en était pas le principeNous entendions tout un été
musicien de tisseuses aligèresEt nous avons vu enfin
la nudité magnifique
à travers son linceul d’ambre
couleur de miel périhélie
qui avait pour jamais remplacé les hardesParaphraseur
La décalcomanie de sa parole luxuriante
avait adhéré à la villela perspective des translucidités
pêle-mêlait des brunes avec des aubes
des lactescences et des brésilsfût-il retourné chez lui
au lieu que l’heur du repère
lui était ôtéIl amplifierait tant son effort
qu’iraient sourdre tout à l’heure les fredons de la défunteEnharnachée
Le grand lé qui manquait
au firmament
depuis qu’elle eut disparului était devenu cette cape de ciel
alors qu’elle glissait à travers le villageapporteuse de cumulus lactescents
pour faire boire les chatons
qui ne l’avaient pas oubliéeet des passements des envergures
pour ailer les stupeurs du bourreau
qui avait lampé la diaphane viergePatte-pelu
Ses blandices se répètent
à même le battementdu comble
qui a gravé la déhiscence
le myocarde révèle un butin de grenadePaperasser
Puisque de rideaux de velours
une robustesse de démon l’avait enclos
puisque d’étagements d’acajoules angles suscitèrent les souffles
trouvères de volutes et de torsades troubadoursavec la roseur le tango le turquoise
des encres pour empennes
indéfiniment la pointe serait dardée
acéraine contre les ombres de la cursive fictionnelleSalon imagier II
Muant en bleu ulysse le sacrifice algide des orangeures de la consomption
dans un octogone lunistellé deux oiseaux sont éployés par le cyan de la cheminée qui carrelle
igniformes et munificents ils réinventent brûler
afin que leur retour vernal soit distribué aux ampoules que lactogouttèle un rinceau de chrysocale
au-dessus de l’outre-messidor des cueillaisons de lavande
qui neigent insensiblement sur les dédorures titrant le vertige parmi maint abîme d’acide stéarique
Éveil au subjonctif
et le traitillé pour prémices
carroie l’isatis qu’une laitance tavèleune obsidienne un onyx
ce carboucle dardé hors l’aviaire axiome
par la nativité des enfaîteauxen thoradelphe
tour à tour à l’équerre
de l’hyacinthe et du soufrel’éventail des horizontales et des verticales
délibère le travesti des crucifiementsil n’y aura pas un pourpris clamant graphite ou palissandre
à travers lequel n’abeillent huile ou aquarelleà même la compromission des maçonneries
où mon empan ressource l’envergure
parmi l’oblique ru sciamicacé
quelque alifugacité obombrométéoreet de manière qu’il fût un glissé dans l’outre-levant
ce trapèze exquisément décéléré
afin que soit portée aux prestidigitations
cette porcelaine à l’indicatif devant vouer encorle reliquat des jours à la riche abatoison
La source
il me surprit dans le bois, tout près de la lisière
le ruisseau dont incontinent je devins l’hôte
des étoiles y tremblaient sous les badinages des papillons
la lumière étageait d’incalculables nuances de vert
les cimes caressaient une incarnation bleue
et l’extase en manière de soleil d’été
toujours se partageait toujours se réunissaitpeu à peu dans la musique de l’eau je diluai ma pensée
sur les bords les racines mises à nu
étaient comme de grandes mains terreuses continûment puisant
à ce qui les désagrégeait continûmentun long temps les pierres ne furent que pierres à mes yeux
mon esprit s’amusait à composer des passerelles
inachevées comme ces traversées de l’existence
qu’enchante seule la fraîcheur du gué soudain
un long temps les pierres ne furent que pierres
dont la mousse couvrante s’allumait par intervallesmais de la patience de mes pupilles parut la métamorphose
et les pierres étaient devenues des visages
et l’une de ces pierres me regardait fixement
jaune et grise au milieu du courant
un visage de femme que suppliciait l’absence
au milieu du courant de mes actes
c’était fini la paix du lieu c’était fini liquide enfin l’angoisselongtemps longtemps je marcherais pour retrouver la source
des forces qui avaient ainsi précisé la physionomie de mes renoncements
et je me suis déchiré le tissu et la peau à des acuités étrangement obstacles
et j’ai atteint une bouche noire qui bavait l’eau entre les briques
au-dessus passait de temps à autre un bolide insondable
et j’ai gravi l’infinie forêt emplie d’épures de pendus
des voix me parvinrent toute une rumeur
de jeux, d’enfants, de filles, de flacons et de fête
et la distance qui m’en séparait
était une corde qui n’en finirait plus de se tendre
avec son poids de prologues, de terreurs et d’escampettes
réduisant en poudre la promesse extorquée
longtemps longtemps j’ai marché dans la lente extinction
des indices d’hommes et des dilapidations d’arbreset je me suis perdue tout ombre dans les montagnes de la nuit
Tradescantia
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