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Les Diaphanes

  • Ce sujet contient 6 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 14-06-2022 05:00.
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    Sujet
  • #2693395
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
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      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      Source

      Abstraite des métiers
      et des contrats tu épanouis ton pas
      et ta taille à travers la proposition
      qui te souffle de passer sur les acrilans
      et les encaustiques de sa forêt

      en sibyllin enfouissage
      un blanchoiement t’alentit

      pour accomplir la décache
      ta complexion fait quérir l’agenouillescence

      Alors épousé le creux de la paume
      de ce fragment de faïence acutangle
      puis sous l’infime terre
      éludant le ciseau du côté
      point ce signe de parme

      exacte se ravive
      la nuance qui intitulait le poème

      la tutelle affabulée du feu
      n’a plus d’empire
      devant l’issant prodige du papier

      l’encre encore
      ondoyeuse des vocables
      épanche son rêve de rivière
      et trace gorgées de mauve
      jusqu’au tremblé de la passerelle
      les berges propices aux dynamies égales des amants

      Ce que brisent dès lors
      les rafales qui savent traquer les racines
      plongées dans l’aveu des éternités…

      et quelles peuvent bien être ces lisières
      méconnaissantes de l’enlumineur qui les gyre ?…

      Les Diaphanes

      Anaïs

      Les arêtes de l’hôpital
      leurs flous reliquats
      leurs évagations

      Anaïs devient archane

      les pas
      qu’il lui reste
      traversent l’hémi-nuit

      alors s’étendre
      et jusqu’aux entrailles
      la recouvre la cendre du linge
      qui eût à tierce recommencé à sécher son corps

      le bestiaire sparsile de l’orée lui est un sommeil

      luire entre les fûts insoupçonnables
      et rayonner converge vers la témérité du myocarde

      non plus se lever… translater
      en orient le dernier aplomb humain

      à la branche
      qui la passe d’une fasce d’éclat
      elle append le tissu des exécutions

      afin que la seule cloison de sa sépulture infinitive

      fût cette aube turquoise

      Tailleuse du ciel

      Nuages
      morceaux de lumière
      étoffes à l’ouvrage
      sur l’atelier bleu
       
      constantes coutures
      le vent doux
      pour aiguille et pour fil
      déchirures constantes
      le vent doux
      pour négateur
       
      et j’attends là
      étendue
      parmi les premiers foins
      sous les métamorphoses

      . . . . . . . .
       
      Reviendras-tu
      à mes côtés
      dans les habits blancs
      qui nous dépêchaient
      auprès de la majesté solaire

      Marina

      la voile
      tissue par la bruine filamenteuse

      et le grand vent de l’alphabet
      embarque le nautonier des songes

      le périple abandonnément
      enchâsse une escale d’émeraude
      dans l’aigue-marine liquide

      l’île est la fiancée des sens
      la source des guitares nocturnes
      le lexique des reviviscences intimes

      ainsi pour long temps de veines exaucées
      long temps d’horizon palimpseste
      de verbe marginal

      ainsi pour les arpents du neuf

      je les ligne
      et je les range
      cette ville monologique
      ces images recrues
      de la voile

      Repêcheuse de détresses

      l’ivresse préméditée
      a bifurqué sur la rumeur circonvoisine

      la petite nappe de papier
      décerne son angle aérien
      à l’équation gueuse du verre à pied

      parts du sortilège de relais
      la légère oblique du corps dégesté
      la lézardise des cristallins

      vestiges des pénultièmes lieues
      et des rescousses
      un cylindre alliance tous les fanaux

      le métal ajouré le gainant
      promulgue des cercles diversidiamétraux
      aux fins de composer ces danses rondant
      en faveur du centre qui fée

      le reflet tramail
      enlumine sous la vacance inopérante
      le remenant du chardonnay

      Clarisse

      D’albes fils, imperceptibles coulures d’oreilles, instillaient en mon esprit le premier mouvement d’une sonate.

      Clair de lune.

      Et la musique allait ailant mes pensées, au lieu que je fusse convaincue de traverser une ville.

      Elle avait de plus en plus d’empire sur les constructions qui épaississaient jusques aux amauroses le connu de ma déambulation – immeubles, maisons, boutiques, tavernes, cathédrale –

      De même qu’un métal peut être porté à incandescence par une chaleur intense, de même le ravissement de la musique les portait à diaphanéité.

      Les portes et les fenêtres s’étaient évaporées. Les façades se décontenançaient par degrés pour se muer en de très minces feuilles hyalines. Les arêtes et les angles maintenaient des lignes minimales, ennuagées d’une indéfinissable couleur où toutefois se filigranait le cyan.

      Et je pouvais percevoir une lumière, étrangère à l’étoile aussi bien qu’à la lampe, infiniment émerveillante et véritable de son désir de chemin, tout grain cardinal compromis, tout horizon transgressé.

      Chaque note du piano virtuose faisait ondoyer les lignes en proportion de son ampleur. Il devint manifeste qu’à partir d’un certain volume sonore elles se seraient évanouies…

      Mieux encore, il était clair, il était incoercible que la musique, émouvant, éclatant, exaltant relais des géométries fourbues, irait subrogeant la ville tout entière où, dès lors, le pas subtil, la cheville étincelée, j’aurais, affranchie des saturnales harasseuses, des vieux spleens, des repères qui étriquent, et de la destination inexorablement recommençante, atteint à l’absolu des escapades.

      Alessandra

      sur les feuilles
      frémissantes
      de ta peau qui s’offre
      l’émoi
      nervuré
      de mes mains qui s’ouvrent

      alentie frondaison du désir
      prélude sans minutes
      à la clameur du fruit
      inondé
      de nocturne safran
      et d’aurore déréelle

      les racines de nos délaissements
      sont humiliées jusqu’au fossile
      sous le faîte qui cingle
      et les souffles où flottent nos veines
      se fondent
      en un seul respir de sud

      Line-Christelle

      Trois grandes fenêtres offraient trois poèmes.

      Les lamelles segmentent l’ondulation multiple de l’arbre, et la chute des feuilles d’ambre y figure un clignotement doux

      Un grand oiseau noir adhère à la vitre, mais jaillit de la montagne mauve dans la couleur d’ardoise immense

      Un arbre au bûcher de ses rousseurs, de l’absence d’ailes, de l’anonymat de l’émondeur

      Trois grandes fenêtres offraient trois poèmes qui, un moment, firent de ma présence d’hôpital un butin consolé.

      Stéphanie

      Il lui est encore accordé
      un pampre de pouls

      accourcissant l’errance
      alors que les secouements de sa chevelure flavescent
      elle pénètre un village
      jusqu’à ce que cette chambre d’hôtel l’enclose

      une oblique poudroie
      afin que la clef se dissolve

      elle abhorre les truismes des voilages
      dont elle effondre les fuseaux

      pour les suppléer
      elle s’empare du linge
      un quadrangle
      parmi les étoiles liliales du couvre-lit

      au déploiement apothéotique
      il apparaît que leur lymphe parme effuse

      l’album de sa vie réunirait les photographies
      qu’inféode cette lumière-là

      cette source
      qui ne peut plus être visitée
      dans le battement limbique
      qu’il reste

      le mélodique charme de se dénuder

      telle une veine d’or
      le bracelet s’enfuit
      à travers la lenteur

      Stéphanie effleure du visage la thermie informe

      puis à gésir
      s’offre parmi les étoiles légères

      à l’instant du systaltique finale
      glisse la fenêtre improvisée

      et le corps
      jusques au sein tu
      devient gisant d’albâtre

      Actinia

      D’abord
      la fixité de sa verticale pastel

      il manque cette ligne
      au ciel

      Et puis son coeur issant
      en épiphanie de la rose

      Son haut-le-corps
      le plus lucide
      depuis longtemps

      la fait tomber
      dans le courant

      et frustre la langueur
      de son trophée

      La corolle s’éteint
      tout le long de l’ombre ample du pont

      Et franchisseuse
      son tourbillonnement
      distribue des grappes de papillotages
      à ses évanescences

      Roseline

      le souffle oiseleur des pensées
      quelle autorité échoit à la lucarne !

      ses angles regorgent d’évocations

      le frappeur et la minute
      en opportunes maladresses afin de tout épandre

      ces voyages d’encre à même le cyan
      leurs subtiles rencontres
      ont favorisé la façon rameuse

      preste une croyance
      sait désemparer les yeux

      cette créature de vêpre
      où se quintessencient les robustesses
      décache l’agent des rayons

      à une distance si heureuse
      du verre qui n’eût qu’étanché
      et encore promu l’approximation
      le rose allumé considère

      Marianne

      À ce point de l’épilogue de la flânerie bucolique
      Marianne a fixé les yeux sur l’ombre
      du drapeau qui est la proie du vent

      c’est au pied de la fontaine léonine
      dont l’ocre de la pierre
      laisse sourdre un clair arqué

      à maintes reprises
      elle en emplit la conjointure de ses mains

      et s’en délouve

      à peine la porte de la chambre franchie
      on la gourmande
      de ce qu’elle module de la sorte le temps

      elle a ri en s’élançant vers le bain
      où lyser les dernières heures strictes

      nue et mouillée
      son émaciation s’est figée devant la fenêtre

      étrangère aux métaboles du jour
      c’est juste toute la ville qui arde

      alors que l’on déploie un linge vaste
      à travers lequel la consomption
      se mue en bleu pastel qui flamboie
      elle ne veut pas d’autre vêture
      ni aucune autre contingence d’aube

      et la voici
      dans les rhombes dédaléens du tapis
      souffle et systole en exil qui poudroie

      une diagonale de sang née de ses lèvres
      se tait dans la gorge de lys

      puis va rutilant d’un pli
      à l’autre de son emmaillotement

      La disparaissante

      du vaisselier qu’elle entrebâille
      croît une ogive s’injectant de silhouette

      lucarneau de la jeune vivante
      sur la théière couleur de boucanée

      arc et spirilles violaçant le charme
      une fleur s’élonge au flanc du drageoir

      de la pérenne absence des parfums
      s’oignent les attentes magiciennes

      avec le cordonnet d’ambre flué
      quint de l’andante en promesse

      elle passemente le geste de cueillir
      pendant les flagrances d’une promenade de porcelaine

      et pour le corps qui rompt avec l’annuité
      pour le sang retourné au météore

      parmi la sépia polysémique du reflet
      elle épanche le paroxysme du congé

      Raphaëlle

      En fauve
      en flavescence où par intermittence
      paraît l’irisage errant
      la lumière de la nette après-midi
      cascatelle sur les mirabelles
      qui dans leurs consécrations de vannière
      adorent le rassasiement

      depuis de longues minutes
      les yeux clos
      la saillie des genoux
      oedématiée par les poings
      Raphaëlle est assise sur le lit
      à côté du linge qu’a déposé
      l’infirmière numineuse des aurores

      le rose pâle colore toutes ses images de vaillance

      avec une foi de boîte fée
      ses mains l’ont saisi
      pour le déplier

      pour qu’il aoûte devant la croisée

      que son coeur grandissant soit limbé par des allumements

      le soupir pour la nudité
      aux fins d’en emmitoufler
      les amoindriements médullaires

      Réinventer l’amour avec Arthur

      Il lui fut signifié que d’entre leurs myriades quelques-unes seulement devraient demeurer. Et, de lui seul, relèverait l’anthologie des étoiles. Pour l’accomplissement de cette tâche, une heure, toutefois la plus propice à l’éclat, lui était accordée. L’effroi le saisit, qui dessinait si nettement, sous les palpitances feues, la contemplation de son amie… de son amie, là-bas, si loin… son âme soeur d’Orient… Et déjà dans le silence de ses larmes s’éteignaient en coulant de longues constellations. Il fut grand temps de se redresser. Et il choisit. Ses mains abhorrées du travail brûlaient sans disparaître. Il songea à la mer, comme à la nuit définitive, où pourrait sombrer l’ultime lumière avec le corps inélucidable. Mais l’incandescence des mains recommençait le flambeau. Il les ouvrit fulguramment, elles parurent d’abord s’égailler, puis s’alentirent, et, point par point, allèrent composant une figure neuve, où il n’y avait plus aucun héroïsme approximatif, plus aucune superstition péremptoire, aucune ménagerie immémorée… Intime joaillier de silhouette, il avait porté à scintillation la joie simple et la marge lauréate de son amie, et un ciel se redéfinit tout autour avec une plus limpide profondeur, en sorte que le regard s’y trouvant dardé toucherait continûment à l’énigme.

      Luminéglises

      *

      à même les cierges de paraffine blanche
      envisagés au pied de la jeune voyante
      les ors et les incarnadins angeliciels
      s’emperlaient de pleurs lents 

      puisqu’ils n’auraient point connu
      cette consomption
      que prodigue l’enflammement paraboliste
      de tout un matin de vitrail

      *

      avant d’être communiquée
      par la main veineuse et trémulante
      aux deux petites bougies orbiculaires
      qui s’accotent l’une contre l’autre
      la flamme frissonnée
      retrempe sa lumière
      dans le chrysorangé des corolles
      qui ardent au pied du transport
      de la jeune fagotière de Massabielle

      *

      rehaussant les degrés
      qui mènent à la table célébrante
      un bouquet de roses

      dont le nuancier épétale
      les souffrances du supplicié
      jusqu’à l’albescence pascale

      Nocturne

      vêpre d’or
      profusément coulé
      dans les ajours
      de la frondaison

      luxuriante
      guipure
      du théâtre d’ombres
      de la brise en feuille

      salve d’incandescence
      dont la ténèbre
      parue
      fait son vagissement

      bris de l’enfance
      scintillée
      au passage
      de la lune éburnéenne

      Proie

      Les encres riches des faîtes
      imprégnant l’ouranopêchorangé
      s’approchent des bêtes faramines

      à la lune croissante allumé
      augmente un cristallin possible

      sous la minute des bruinants contrats
      la précision enlumine mon sang
      et parfait le lâcher des lisières

      Quatre fois la chambre 5 se souvient de la suicidée

      une chambre d’hôtel
      où prédominent les blancheurs

      or l’un des angles
      tuméfié par l’abat-jour mauve
      que piédestalisent des galets
      amoncelant les nuances du rose

      en possible d’illumination
      le signe de la variété effusive
      de la persuasion d’être meurtrie
      sur le gazon telle une neige négative

      or un florilège tissu
      dans un petit panier de toile
      ses centres jaune d’or
      radiés de pétales bleu pastel

      une infimité de métal noir
      qui délimite le symbole de l’alternance
      les surmonte

      cependant qu’il n’y a nulle part où le suspendre
      il a été traversé par le corps
      pour qu’il continue
      à tomber de la tour
      au signal du coup de feu
      enlumineur de tempe

      dans cette découpe cordiforme de l’espace

      or de grands rideaux tirés
      fixités ruisselantes de leur diaphanéité parme

      après la compromission des printemps et des accrétions
      pour source je veux la lumière
      qui comprend les jeux d’autrefois
      et les complexions adolescentes et heureuses
      s’abandonnant aux chansons de la sylphide

      et j’imagine cet ange juste à temps ayant éteint l’envie
      qui porte jusqu’à l’épiphanie des veines et des fatigues
      la nova dont rêvent les pléiades mutilées

      or un miroir oblong
      dans un étincellement d’argenture tourmentée

      je n’y supporterais pas mon image passagère

      aussi afin qu’elle n’y paraisse pas
      sinon parcellaire jusqu’à l’insaisissable
      qu’elle participe de l’absence de l’intime
      dont la vie fut renoncée plus haut dans la cité
      au faîte ajouré du château
      j’ai accroché par-devant avec des cintres
      ma veste écrue et mon noir manteau

      inconnue aux entropies
      une énergie meut les réfléchissements du cadre

      ils brûlent de se réunir
      en sorte que dans la radieuse mosaïque de l’enfance qu’ils rapiècent
      un sentiment d’éternel se mire

      Confondue avec le soir

      près des blés
      qui s’estompent
      je m’assieds
      l’imagination aiguë
       
      l’orangé
      palpitant
      gemme
      la vallée
       
      saillie
      dans la cendre de l’à-pic
      et de la mémoire
      la braise safran du clocher
       
      à la blandice qui souffle
      je livre de ma songerie
      le tulle et la percale
      couleur d’étoile naissante

      Les couleurs complémentaires

      désheurement
      des nuances rouges
      les rideaux clos
      en verger muent
      la lumière

      oranges et kakis
      clairent des faims
      d’escapades se détachant sur l’azur

      Femme poète

      Forêt
      je vais
      traversant
      où les altesses de tes encres intenses
      vont confluant

      ô figures d’étoiles
      qui délibèrent

      Les Vingt-trois phrases de Mademoiselle LIN traversant le bosquet

      *

      Quelle formule fut donc susurrée
      à l’instant où l’oiseau noir
      capturé par l’aubépine capiteuse

      réapparut blanc
      pour battre d’une diagonale d’ailes
      et conformer le firmament

      *

      Le nerprun s’évertue à retenir l’arc-en-ciel avec des fibules de nuit

      Une touche de jaune se mêle à une touche de bleu afin qu’à même la cendre du ciel l’émoi du spectre vaille son carat d’émeraude

      *

      S’ensommeillant tout contre la bourdaine feuille-d’-artificée de pluie

      sa main malingre pressant l’écorce
      vers le duramen des résiliations

      prémunie contre les lendemains du boire encore

      *

      Parmi le sorbier des oiseleurs
      mes ailes paroleuses se sont faites chair
      pour le risque d’une succulence de corail

      *

      Ce quadrangle mince prétendant l’identité
      apuré comme un emblème paissant
      par les gardes-promenades qui avaient appesanti la frontière
      je me retrouvai auprès du cornouiller

      au révèlement de mon vrai nom
      il rougit ses ramescences d’un acolyte sang

      *

      déclose la pensée
      au sentiment du chèvrefeuille

      un saut est composé
      qui délie de la doléance

      et surmonte le caprice

      *

      Bien que je n’aie émis le moindre phonème
      le jeune fusain a compris jusque dans ses sèves mon inclination au meurtre de moi-même

      il me fait le serment de la charbonner un jour
      sur un papier qui délivre

      *

      Des tesselles bleues
      îlettées de nuage
      balancent en l’adéquate ramée du troène

      Il devient plausible que le grief d’outrance laisse inachevée la mosaïque du ciel

      *

      Les arbrisseaux voisins demeuraient stupéfaits
      comme l’autan soudain
      avec des linéaments de cheval et d’ailes
      agitait seule la viorne mancienne
      au pied de laquelle allait m’enthousiasmant le poème

      je nouai son ombre sélène
      pour qu’elle ne s’envole pas
      et me soit cette vêture de vivants rinceaux

      *

      La parole d’acrimonie
      retenue
      pour toute réponse j’ai mis en paupière le diaphane sur mon sang

      et j’ai persisté dans la victoire du houx

      *

      Un cube de papier cristal, tournillant pèlerin des fluidités bleues, avait échoué dans l’enfance du néflier

      la ramure, à proportion de sa croissance épineuse, en disjoignit les faces

      bientôt vingt-quatre angles, au moyen d’une communication irisée, s’exhortèrent à tenir la toupie des fruits pour adversaire

      *

      J’ai bifurqué
      et je suis venue dire au merisier
      le conte de mes mélancolies

      l’ouïe bleu en liqueur
      qu’avaient raffinée ses grappes
      faisait cette lanterne plurielle
      en la poigne de la nuit

      *

      Par intervalles à travers le sureau noir
      des sons de flûte
      égrènent l’éternel repaire
      de la musicienne de mes jours

      *

      Où le sureau rouge ombre
      je subodorai ta flûte

      une ramille brisée patientera
      comme une autre moi-même
      jusqu’au regain de phalanges
      et de lèvres qui effluvent ta musique

      *

      En fleurs
      les lucioles du sang ont mué
      mes mains

      j’ai beau secouer
      le coudrier

      seuls tombent mes pétales diaphanes

      *

      À ceux qui strapassaient des girandoles de sang
      sur la neige de tes gambades

      en toi les coloralliances de la viorne obier
      ont épanoui la miséricorde

      *

      Incanté par la brise luxuriante de l’églantier

      le brodeur irrassasiable
      déchira ses mains de soie
      dans l’acuité des roses

      *

      De giboulée en giboulée
      une arborescence se sera persuadée

      parmi les cristaux de glace
      le plus pénétrant opérerait

      L’incision du pétale
      a effusé le papillon

      dont l’ailance est fleurie par deux faisceaux d’hapax

      *

      Les bornes du fragile
      l’alisier les passe

      il n’y a pas une nuance cardinale qui ne se dédise

      des grelots déclinent le brésil et le corail aux nords

      des aubes en corymbe reconsidèrent les ouests

      *

      Nos confidences

      le plus alifère des rayons
      croisant
      la plus gladiolée des ramilles

      à travers la faroucherie du pommier adolescent

      *

      L’aplomb
      entaillant les vaisseaux
      spleeniques qui confluaient vers mon coeur
      atteignit l’aubaine de la ramescence

      Le poirier sauvage lotit sa sève
      entre son aubier et ma candeur affine

      *

      J’ai soustrait le château à son ruiniste
      et je l’ai mis dans le prunellier

      le bleu ardoise rondit des sentinelles fructueuses
      au long de son drageonnement épineux

      si un papillon vient mimer l’assaut
      à l’envol suffit le brocart de ses ailes

      *

      J’ai cueilli le théâtre
      que le mouvement de mon corps
      faisait glisser sur un disque de safran pâle

      J’ai confondu ses sommets d’encre

      Et parmi les élèvements j’ai historié mon ombre longue

      que le ciel écime en étoile du soir

      *

      Aurore des rideaux
       
      diaphane orangé
      qui flamboies
      tu inspires
      cet allumement
      mystique
      au papier larme
      de mes yeux

      Samouraï

      ce rire d’enfant soudain
      un fragment de cristal
      dans lequel j’ai taillé ma journée

      Pur chant

      grand vent
      vespéral
      fleuve d’éther
      où mugit l’illimité

      emportés
      la touffeur de la bourgade
      le tempo médiocre
      des mots et des regards

      un tombereau d’ombre
      y décharge
      les derniers gravois
      des couleurs

      à la faveur
      de l’espace net
      sourd
      un oiseau de cristal

      Les rêves de Lucinda

      Salon imagier I

      Une confidence de braise a loti ses nuances entre les figures de verre

      le larynx des laves parachève l’abnégation des aubiers

      l’empereur qu’acrylique la théière invoque des ronds hydroïdes qui orchestrent le disque d’un ciel dentelé

      au clair de la vermeille que d’absconses mirances ont versée dans les tasses

      la vêprée accomplit les altesses tango de la tour

      quand le clocher safranenvole chaque vie inchoative et refusante qui a chu

      Outre-joyau

      le profond soupir du joaillier
      traverse les feuillages d’émeraude
      et prodigue le perlement de mon émoi
      à la parure rêvée par la transparence

      Dictamen

      Parmi la nuit épieuse
      deux flambes de fusil
      dénièrent le regain d’assurance

      d’entre les vaisseaux
      tumultuant le cambrioleur
      maintenant la voix s’effuserait
      sur les étincelles versicolores de l’insaisi

      Adagio
       

      sur le fil
      musical
      le funambule
      de ma détresse
       

      ta voix
      d’outre-ciel
      souffle
       
      ce don
      d’agripper
      la chute

      Baiser lamourette

      Au sein d’une note de piano
      mélancolieuse la mère
      a joint la lamie

      de leurs larmiers
      filète la dernière distance

      Au lieu qu’échoit au nocturne
      le cours des encres amnistiantes

      Anguillomeux

      Elle fut endormie par le nocturne
      qu’il bissait dans la pièce d’à côté

      Et ce seraient
      encore
      quelques notes
      éparses
      corollées ou
      préludières qui
      l’éveilleraient

      avec quelle candeur
      avec quelle voix infléchie
      par l’incoercible de la colorature
      elle répéterait son nom

      elle se lèverait pour trouver
      quelques pétales
      du bouquet nombreux où s’insinuait l’adieu

      roses sur le palissandre sur l’ivoire chus

      Colère

      poupée sans voile à tes prunelles
      un étranger soudain
      gifleur
      hurleur

      entre les murs
      familiers
      de la halte
      et du souffle confident
      cette anguleuse effusion de tes morceaux

      par l’oeillade instante d’un accès
      mon âme extravasée tout entière
      dans un sang
      de porcelaine

      Ardélion

      Dans un dédale
      monotonie des tailles
      verte lyse de ses degrés
      celui-là fut laissé

      Recru d’équerres
      sans opportunité… aussi
      serait seul concerné par sa minute corporelle
      le lion
      relevé d’entre ses dits cendreux

      Langage

      ce que les lilas communiquent à l’affranchi
      lorsque sous la nuée délitescente
      un parsemis de fluides idéogrammes
      emperle la moindre grappe du mauve

      cette verve éclose dans le miracle
      de la créature qui n’a pas désappris de faire halte
      et dont la poitrine tapante n’est pas
      un écho du tambour idolâtre

      Liarder

      Et brûlable le méphistophélès
      s’échinait à consteller de ses suppliques
      mes ciels naïfs

      Or il donna ce brin d’inéluctable
      venu cendrer mes pulpes contemplatives
      après l’ultime extraction du mineur

      féerie printanière

      à l’azur
      lents vols
      de linéaments d’or
      qui déliez
      mes pupilles

      Bouquetière

      Parmi les éclats les roses sparsiles
      parce que la colère elle aussi
      est candidate aux épures nocturnes

      Toute l’eau versée sur le tapis
      pour les noyades des sylphides
      qui se fussent délivrées de la laine veloutée
      et qui évasent la prunelle de bistre

      Brétailler

      Tout un maléfice
      à même un mot sourieur

      la peur et la tristesse s’entravitaillent

      Le vif-argent de la lame
      acharne ses saccades
      contre les syllabaires

      et trouve la crueur de l’air

      Melliloque

      De la vieille fabuleresse
      l’inflexion lente de la voix
      étalait de syllabe en syllabe
      les derniers jours de son premier amour

      Il y avait en ses prunelles
      ces brillances
      qui jaillissaient sur chacun d’entre nous
      mais pleurer n’en était pas le principe

      Nous entendions tout un été
      musicien de tisseuses aligères

      Et nous avons vu enfin
      la nudité magnifique
      à travers son linceul d’ambre
      couleur de miel périhélie
      qui avait pour jamais remplacé les hardes

      Paraphraseur

      La décalcomanie de sa parole luxuriante
      avait adhéré à la ville

      la perspective des translucidités
      pêle-mêlait des brunes avec des aubes
      des lactescences et des brésils

      fût-il retourné chez lui
      au lieu que l’heur du repère
      lui était ôté

      Il amplifierait tant son effort
      qu’iraient sourdre tout à l’heure les fredons de la défunte

      Enharnachée

      Le grand lé qui manquait
      au firmament
      depuis qu’elle eut disparu

      lui était devenu cette cape de ciel
      alors qu’elle glissait à travers le village

      apporteuse de cumulus lactescents
      pour faire boire les chatons
      qui ne l’avaient pas oubliée

      et des passements des envergures
      pour ailer les stupeurs du bourreau
      qui avait lampé la diaphane vierge

      Patte-pelu

      Ses blandices se répètent
      à même le battement

      du comble
      qui a gravé la déhiscence
      le myocarde révèle un butin de grenade

      Paperasser

      Puisque de rideaux de velours
      une robustesse de démon l’avait enclos
      puisque d’étagements d’acajou

      les angles suscitèrent les souffles
      trouvères de volutes et de torsades troubadours

      avec la roseur le tango le turquoise
      des encres pour empennes
      indéfiniment la pointe serait dardée
      acéraine contre les ombres de la cursive fictionnelle

      Salon imagier II

      Muant en bleu ulysse le sacrifice algide des orangeures de la consomption

      dans un octogone lunistellé deux oiseaux sont éployés par le cyan de la cheminée qui carrelle

      igniformes et munificents ils réinventent brûler

      afin que leur retour vernal soit distribué aux ampoules que lactogouttèle un rinceau de chrysocale

      au-dessus de l’outre-messidor des cueillaisons de lavande

      qui neigent insensiblement sur les dédorures titrant le vertige parmi maint abîme d’acide stéarique

      Éveil au subjonctif

      et le traitillé pour prémices
      carroie l’isatis qu’une laitance tavèle

      une obsidienne un onyx
      ce carboucle dardé hors l’aviaire axiome
      par la nativité des enfaîteaux

      en thoradelphe
      tour à tour à l’équerre
      de l’hyacinthe et du soufre

      l’éventail des horizontales et des verticales
      délibère le travesti des crucifiements

      il n’y aura pas un pourpris clamant graphite ou palissandre
      à travers lequel n’abeillent huile ou aquarelle

      à même la compromission des maçonneries
      où mon empan ressource l’envergure
      parmi l’oblique ru sciamicacé
      quelque alifugacité obombrométéore

      et de manière qu’il fût un glissé dans l’outre-levant
      ce trapèze exquisément décéléré
      afin que soit portée aux prestidigitations
      cette porcelaine à l’indicatif devant vouer encor

      le reliquat des jours à la riche abatoison

      La source

      il me surprit dans le bois, tout près de la lisière
      le ruisseau dont incontinent je devins l’hôte
      des étoiles y tremblaient sous les badinages des papillons
      la lumière étageait d’incalculables nuances de vert
      les cimes caressaient une incarnation bleue
      et l’extase en manière de soleil d’été
      toujours se partageait toujours se réunissait

      peu à peu dans la musique de l’eau je diluai ma pensée

      sur les bords les racines mises à nu
      étaient comme de grandes mains terreuses continûment puisant
      à ce qui les désagrégeait continûment

      un long temps les pierres ne furent que pierres à mes yeux
      mon esprit s’amusait à composer des passerelles
      inachevées comme ces traversées de l’existence
      qu’enchante seule la fraîcheur du gué soudain
      un long temps les pierres ne furent que pierres
      dont la mousse couvrante s’allumait par intervalles

      mais de la patience de mes pupilles parut la métamorphose
      et les pierres étaient devenues des visages
      et l’une de ces pierres me regardait fixement
      jaune et grise au milieu du courant
      un visage de femme que suppliciait l’absence
      au milieu du courant de mes actes
      c’était fini la paix du lieu c’était fini liquide enfin l’angoisse

      longtemps longtemps je marcherais pour retrouver la source
      des forces qui avaient ainsi précisé la physionomie de mes renoncements
      et je me suis déchiré le tissu et la peau à des acuités étrangement obstacles
      et j’ai atteint une bouche noire qui bavait l’eau entre les briques
      au-dessus passait de temps à autre un bolide insondable
      et j’ai gravi l’infinie forêt emplie d’épures de pendus
      des voix me parvinrent toute une rumeur
      de jeux, d’enfants, de filles, de flacons et de fête
      et la distance qui m’en séparait
      était une corde qui n’en finirait plus de se tendre
      avec son poids de prologues, de terreurs et d’escampettes
      réduisant en poudre la promesse extorquée
      longtemps longtemps j’ai marché dans la lente extinction
      des indices d’hommes et des dilapidations d’arbres

      et je me suis perdue tout ombre dans les montagnes de la nuit

      Tradescantia

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    • Auteur
      Réponses
      • #3379769
        Administratrice
        Avatar photoSybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 17854
          • Réponses: 198274

          Bonjour Tradescantia,

          De nouveau, mon téléphone Android a eu beaucoup de mal à accepter la longueur de ton texte…

          Que de recherches !
          C’est plein de subtilités, auréolés d’un voile de mystère et tout simplement très beau !

          Magnifique poésie en partage!

          Belle journée cher ami poète!
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3379836
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoislander
          Membre Oasis
            • Sujet: 8962
            • Réponses: 96830

            magnifique, on lit, on relit, on ne se lasse jamais, merci

            yann

          • #3379858
            Plume d'or
            ★★★★☆☆
            Avatar photoTradescantia
            Membre Oasis
              • Sujet: 480
              • Réponses: 1116

              Bonjour,

              La matinée s’ensoleille et vient éclairer vos visites et les mots de vos ressentis…

              Toute une part de sa lumière est Gratitude…

              La journée vous soit dense et étincelante ! …

              Tradescantia

            • #3381408
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour Colomba,
                Bonjour Sphyria,

                Sans les rayons de vos sentiments communiqués en quelques paroles, il manquerait quelque chose à l’aube nouvelle…

                Ce mot : Gratitude, encore et encore… ce n’est point addiction, ce n’est point drogue… C’est évidence de souffle ! …

                Transparence est souvent impudeur, mais Diaphanéité laisse passer la lumière à travers ses soieries sans jamais rien préciser des objets, des êtres, des formes, des lignes perceptibles … Suggestions… Évocations… Énigmes… Mystères… Incertitudes apaisantes… Exaltants crépuscules…

                Les Diaphanes, ce sont aussi les Fragiles qui atteignent au paroxysme de l’évanescence et, plutôt que de s’évanouir, rencontrent le grain, le trésor de robustesse au tréfonds de l’être, pour un envol, pour cet essor, pour cette ‘Poésie en personne…Aile…’ pour ce ‘voyage à plume d’Elles…’

                La journée vous soit Diaphane spectacle d’un presqu’été ! …

                Tradescantia

              • #3382406
                Plume de diamant
                ★★★★★★
                Avatar photocyrael
                Membre Oasis
                  • Sujet: 14564
                  • Réponses: 136019

                  bonjour

                  je vais lire un à un chaque poème

                  mais, il me faudra bien des jours pour tout lire

                  et, pouvoir, ressentir l’émotion, que tout lecteur voudrait ressentir…

                  mais , en survolant , l’ensemble de vos textes poétiques…..

                  j’ai retenu ce passage

                  Nocturne

                  vêpre d’or
                  profusément coulé
                  dans les ajours
                  de la frondaison

                  luxuriante
                  guipure
                  du théâtre d’ombres
                  de la brise en feuille

                  salve d’incandescence
                  dont la ténèbre
                  parue
                  fait son vagissement

                  bris de l’enfance
                  scintillée
                  au passage
                  de la lune éburnéenne

                  BRAVO

                  l'Amour rayonne quand l'Ame s'?l?ve, citation maryjo
                • #3382527
                  Plume d'or
                  ★★★★☆☆
                  Avatar photoTradescantia
                  Membre Oasis
                    • Sujet: 480
                    • Réponses: 1116

                    Bonjour cyrael,

                    Gratitude grande à votre égard d’avoir pris le temps d’opérer votre anthologie personnelle au coeur des Diaphanes… Vous avez retenu ce moment nocturne où pourtant ors du couchant et ivoires lunaires allument la métamorphose du Ciel et de la Terre…

                    La journée vous soit généreuse et étincelante ! …

                    Tradescantia

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