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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
Paysage de Raphaëlle
Aquarelle de Cassandra
Graffiti de Clarisse
Lai de Nathalie
Dits de Lin
Camaïeu rouge de Marina
Ballade de Miyuki
Slam de Line-Christelle
Adagio de Myriam
Guitare de Stéphanie
Chanson de Luna
Barcarolle de Francesca
Thrène de Marianne
Improvisation de Roseline
Supplique d’Esperanza
Collage d’Alessandra
Haïkus de Sayuri
Danse de Lucinda
Craie d’Actinia
Aquatinte d’Anaïs
Calligraphie de MeilihuaPaysage de Raphaëlle
où perdre cadrans et toponymes
multitudes et chiffreurs
la saillance d’un genou exhausse le papier
et la halte se délinéamenteaquarelle jubilation tel un pleur pluriel
pour baigner la palette
réunir en pinceau l’ardent diaphane de la mainles élancements des berges
soulagent le saisir
romanesque comme tutélairegouttes d’ambre au bord d’un arceau pastel
parmi les céladons limbiques
processionnent des créatures bonhommesdans son déliement de gaze
une fauve dentelle onde des ruines virtuosesun translucide coquillage
médaille et flambe
au sein de la soulane vertegris-bleus acérins des aigus des arêtes
s’abandonnent au sfumato
qui approche par degrés les thébaïdes de neigeet les ajours du prénom qui signe
intiment à toute idée de source
l’épanchement du clair de pupillesAquarelle de Cassandra
Le noir jais de l’oiseau
se délaie
à travers le bleu cielLa pesanteur de mon érythropoésie
rosoie
au profond des bois s’allumant de verticalesNous avons étanché la synchronie de nos soifs
à l’arceau que fait sourdre la fontaine
quand elle musique la transparenceGraffiti de Clarisse
sur des limbes rouge orange
par intervalles des encres brunes
dépouillent le ramifiécette diastole pour paysage
embrasements et ponants
y baignent leur commune enfancela perte allume ses aubiers
et sous la pleutre itinérance
suggère d’incandescentes lettrinesLai de Nathalie
où l’ombre
couvre la neige
c’est un sûr cheminoù la neige n’est pas atteinte
par l’ombre
mes pas s’enfoncentfossile de neige
exagération du clair
mes pupilles au supplice
je puis traverser
des champs
encoreoù donc arriverai-je
lorsque toute la lumière sera versée dans mon voyage ?Dits de Lin
Bifurquée
mon irrépressible désir
de suivre l’oiseau de jais
dont la furtivité
crée la perpendiculaire du cheminAvancer
lilas couleur de rouille
le chariot printanier grince
sur la route de l’étéAstronomie de tes cernes
voûte en mon tréfonds
deux lunes y rivettent
leur disque violâtreInstant de conte
lutins espiègles
qui grimpez aux maïs
éclatantes vos chevelures rousses
sous la poussière de pluieRenard furtif
soif blonde des blés
cette goutte de cuivre animal
déjà bueTraits
l’horloge
ce sagittaireet par les plaies larges
venues
aux trains du soir
ce saignement
de vouloirs
de visages
de vêtures
dans la lumière
qui s’orangeBleu germinal
semailles d’oiseaux
dans le sillon du cielet cette céréale solaire
pour l’appétit du vraiOdorat consolateur
parfum
de l’orange
par les mains
mise à chair
et partagée sans conviveà ce point subtil
qu’il sait habiter
l’interstice
où la coulée des yeux
se départ
du chagrinOpulence glacée
aurore insue
rafale de lumières
safranées
écrin d’ambres
et de vermeils
renversé
profusément
sur les chemins
en puissance de neigeIvresse
le vin vaste et safrané
dans la coupe
que violettent les montagnesqui l’a bu d’un trait sûr
pour que le chagrin noir comme un ciel
pétille soudain d’étoiles ?Métaphorique
comme une canine
noire
la cime
du sapin
avec sa réticence
à percer
la chair liliale
de la luneMéconnaissable
loup de lumière
pour le bal de l’aurore
et la mélancolie
ne m’identifie plusÉtanchement
avec l’eau bleue
du ruisseau
boire
le midi des chosesRoute sous le soleil d’hiver
dans le moule des empreintes gelées
le patient ouvrage
des traversées d’orMatinale
lacis de veines
dont la couleur
est une quiétude
dans les confiances
qui verdissentet la seconde
s’étoile
comme un ballon lâché
par un sommet
sans convoitiseFlocons
cet évangile
de la neige
fait danser
le vent prophétique
sur les toits
empanachésCiel
nuages
ossements diffus
éthérés
dans l’expectative
de la grâce
et du sangEssor
Sur la montagne
j’ai porté haut
ton absenceun filet de larmes
à force de vent
y devint cet oiseau
de sel et d’eau
aussi fugace
et sans repère
qu’un instant de joie pureVagabond sélénien
j’aime
par les nuits
glacées
et crépitantes
chausser la vaste terre
qu’épouse la neige
couleur de luneFragile
papier de soie
qui devint
fille blancheelle brûle
dans la flamme lascive
de sa danseDésheurée
un arbre sec
ses ramilles sans nombre
ont quelque chose de rose
dans la lumière du presque soirmyriades d’arantèles
brasillent dans la brisel’heure
a beau sonner au loin
chacun de ses coups
s’y prendPlénitude
à la lame
du jour
un éclat
d’oiseau
épouse
ma lacuneCamaïeu rouge de Marina
I
Feuille comme fer de lance
dans l’ombre ensauvagée
du fruitier des paresseuxAux foulées dévolu
alumineux petit coeur
et quelle aortique embellieReste de craie
chair de bruine
près du dessin inachevéLes pierres comprenantes
qui borduraient ta dépouille
jalonnent ma baguenaudeII
Languide
à travers les frondaisons
s’enténébrantcet enlacis de veines
que l’indicible taillele macassar et le méranti du ponant
effusent sur les prévenances de ouatineBallade de Miyuki
Légende
taillés dans la pierre jadis
des dragons gris
au sommet d’une longueur pentue
sur les degrés d’un escalier
qui domine la villedardent leurs regards enfants
les roses rares
dont la tutelle les borde
leur développent l’ardeur
du vol et du feu plus éclatant
que toute la cathédraleau déployé de sa rosace
Slam de Line-Christelle
et fatale arythmie
mon nom
se détache
de la cime du chagrin
voyelle
consonne
par intermittence
m’épelle l’automne
en presque feux
en ors discrets
avec l’inflexion de ton silenceAdagio de Myriam
à travers la chambre
sourd le pianoflacons
et sursis
y clairent leurs ambresleurs safrans échoïques
abat-jour
et carreauxune si simple vigueur
vient deux fois
à la lamepour couler
les veines
sur l’adagiopar-delà
les durées
liquide pianoque le rouge
musiquémique
coloreGuitare de Stéphanie
Le temps
a pris la forme
de ta guitare
sa rosace
qui demeure
sous le porte-bouquet défleuril’intègre chaleur de la chambre
dans la chair du silence
retrouve parfois tes mainsalors à l’aune de mes insomnies
je ne doute pas des premières notes
ni du grandissant contrepoint de nos regardsChanson de Luna
encres de Chine
dans la nuit d’hiver
que dessinez-vous ?encres de Chine
parsemées d’étoiles
que dessinez-vous ?encres de Chine
poussées des terres de neige
que dessinez-vous ?encres de Chine
sur la chanson du ruisseau
que me dites-vous ?j’ai bu le vin
qui pesait dans mon baluchon
et faisait profondes
les empreintes de mes pasencres de Chine
me laisserez-vous devenir
un trait de votre poème ?Barcarolle de Francesca
vaisseau intérieur
la voile
tissue par la bruine filamenteuseet le grand vent de l’alphabet
embarque le nautonier des songesle périple abandonnément
enchâsse une escale d’émeraude
dans l’aigue-marine liquidel’île est la fiancée des sens
la source des guitares nocturnes
le lexique des reviviscences intimesainsi pour long temps de veines exaucées
long temps d’horizon palimpseste
de verbe marginal
ainsi pour les arpents du neuf
je les ligne
et je les range
cette ville monologique
ces images recrues
de la voileThrène de Marianne
bourrasques
les tombes frissonnées
s’effeuillent
et n’en finissent plus
d’aimer à la folieéchappant
de mes doigts manuscrits
ta dernière lettrebourrasques
au ciel platine
hanté de cendre
envol
d’une colombe de vélinton linceul
épouse le haut-relief
de ma mémoirebourrasques
le photophore et les fleurs
bousculés
auront besoin
de mes mains vivesj’ai vu ta pierre
envisager
les narines du ventbourrasques
le grand cierge
soufflé
rayonne
ses oraisons de pluieImprovisation de Roseline
sur une page de la tragédie,
dérobant la fin du dodécasyllabe,
une maculature d’encre pâle
évoque une tête d’hippomorphemon imagination est emportée loin du livre
et si la chevauchée soudain s’alentit
c’est afin qu’Iphigénie,
s’étrangeant du bûcher oraculeux
et du déchirement d’Agamemnon,se serre contre moi sur le fougueux moreau
Supplique d’Esperanza
encore
ton or
soleil
pour humilier
les médailles nécrophagesencore
ton argent
lune
pour prosterner
l’orfèvrerie spasmophileencore
ton bronze
peau offrante
pour agenouiller
les statues ravisseusesCollage d’Alessandra
À l’orée du rouge
au bord de l’étang lacune
le cercle de pierres blanches
qui circonscrivait la cendreun peu plus à l’ouest avec des frondes
de fiers enfants brûlent
de lapider l’albescence des essorsHaïkus de Sayuri
Onzeseptembre
mère sevrée d’aube
à la ruine reculée
poindra le poèmeTa tombe
étrangers au vent
la grave nacre du lys
l’or de tes voyellesDépouilles de neige
maints gisants cendreux
la pleine sève foule
dans son allant d’yeuseCouchant
troubadours d’étoile
à travers le bois dédié
je glisse à vos orsLa soif authentique
eau mince hors la pierre
à l’entrelacs de mes mains
la coupe et l’agapeOnzeseptembre
poussière en dédale
aux porte-voix de cent vrais
seule une toux grasseLe signet
sa moire lilas
sur l’à-pic du florilège
une cascatelleLevant
braise s’ouvrant l’onde
une voie déjà passe
le tout premier spleenFonte printanière
ubique cristal
et kaléidoscope
d’oiseaux prodiguésTa tombe encore
dans ton marbre noir
l’avrillée aura serti
un bris d’échappéeOnzeseptembre
calvaire hypogé
à couvert du bafouillis
le flambeau poèmeHaïkus du dialogue
la Palestinienne
mon pouls solaire
qu’y puis-je si ses rayons
passent la frontière
l’Israélienne
ma fleur d’artère
qu’y puis-je si l’éclosion
franchit la guerrièreDanse de Lucinda
De la musique
de la musique matinale
vient d’aplomb sur la rue si passantej’écoute les yeux clos
le visage effleurant
les voilages en fleursô accordéon doux
qui sais taire les tumultes
et comme sur le parvis
accrocher des danses
aux ressauts de la maladieCraie d’Actinia
Je suis entrée dans la nef gothique
avec un sursis de craie rose pastel
qu’au plus pétulant d’une impasse
abandonnèrent des enfants d’attritionEt à taire ses paraboles hyalines
tendait la hautesse des quadrangles
pour se muer en tableaux vespéraux
offerts aux naïvetés de la passagèreMais le ravit la fugacité multicolore
qui glissait son semis de venelle en venelle myste
et le roula jusqu’au pilier de soutènement
dont la blêmeur réclamait un mot d’horizonAquatinte d’Anaïs
Voilages
éberlués oiseleurs
d’une neige rémigeNotre sibylle en flocon
rémittentes tesselles
de l’essor rebrousséÀ travers la serpente de brume
une aquatinte vitale
délinée l’intermède des aubiersCalligraphie de Meilihua
De l’urne inclinée soudain
par ces mains aériennes à suppléer l’éther
s’épancheraient tes cendres
sans rien ombrer de l’ardeur bleue des lavandes
elles se fondraient dans le sud que nous frayâmes
oh ! cette incandescence du souvenir impuissante à les joindre
mon reflet pulvérisait tous les miroirs
les yeux chers parcellisaient leurs candeurs
et le papier de riz éperdument neigeait la saison de l’absence
j’ai eu si mal
de demeurer
et les vadrouilles
m’ont gîtée
tous les traits
de mon nom
éparpillés
mais s’en saisit le poème que tu aimais
si long temps de pierre sans eau et de feuille blanche
si long temps d’encre que n’émancipe pas son broiement
et de pinceau orphelin des forces exactes
il y a tant à réunir pour se résoudre en geste
les tressauts du myocarde broussaillent les tracés
et l’accolade des langueurs enserre l’équilibre
pourtant, mon amour, à ta voix qui s’escrime à poindre
il monte comme une évidence de ciel
derrière le dragon gaucheTradescantia
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