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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
Lacuneux
Tes mains ont oeuvré
mais tes yeux qui sont tristes
qu’ont-ils contemplé ?La Suicidée
Silhouette de fille bleue
au-delà du tempérament des venellesson chant fouaille le retard
au-delà de l’aile vaste des primes neigeset puis le silence de la solution
versé par l’aiguière sans lèvresla lune dans la fonte du bleu
décoche la flèche qui l’arquela plaie brille profusément
à la manière de l’étoile protagonisteVol d’oiseaux
dardée par la cime du chêne
cette flèche
aux mille pointes d’argent
aux mille empennes de neige
innocente de la cibleEntre les bleus
Sentir les fiertés
couler hors des fibres
avec l’eau du ruisseauen grâces de chevreuils
les peurs atteindre
la lisière dissolvantela transposition du coeur
dans les battements d’ailes
figés par la corolleà ce point dépris et interstitiel
occuper l’espace des sereins
entre les bleus
versants comme vapeurs
qui nuancent le soirFoison
tu vacilles dans la déréliction
mais il n’y a pas un espace entre les branches
que ne féconde une étoileTrois automnes
premier automne
petite feuille sur le trottoir
une étoile paraît
dans la nuit des piétinements
deuxième automne
petite feuille d’or sur la rue
le regard s’étoile
dans la nuit des passages
troisième automne
petite feuille rouge sur le vieux tourniquet
mon cœur s’est détaché
au sein du square sans enfantsReflets
comment dans le lac serein
cette baignade des étoiles
qui n’ont pas quitté le ciel ?La couleur des blés
le poudroiement du matin
a dissous ma destinationmon sang s’attarde
à la croisée des vaisseaux
mon souffle guette
l’exemplarité du vent
une faim décisive
réinvente mon corpsle vert des blés
si clair dans ses moires
que la blondeur du pain
s’y repose déjàFugace
mouvant clair de trapèze
parmi le voilagecomme traverse arachnéenne
au zéphyr
une ombre oscillemendieuse de l’intense
qui recolore et mutile les oiseauxFlèche animale
grâce rayonnée
aux confins
des labours
la trajectoire ininterrompue
des chevreuils
arque mes sensSurvivance
j’ai tant marché
à travers les rafales
qui apiècent l’hiverdans le dilemme de l’orée
avec la lame de la lune
j’ai coupé mes veinesmais unique térébrante
tout au minuit obsidional
la cloche pour saignementô quand viendras-tu
m’affranchir des aubes orphelinesde ton éveil ?
De-celare
à l’ocré solaire du parcours
fourvoyer la veine désormais
et parmi la pierraille acoquinée avec le bris
comme mémorial de la supplique et de la semaille
faire bruire sous un pas originel
le dernier crâne des couleurs qui dissimulèrentTradescantia
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