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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
_Pentaptyque_
Regard
à même le temps anuméral
le tamaya suspend
sa carpomélancolieuse angélophaniemais sur tant d’ailes de scellement
l’après-sombre calque ses paupières
afin que paraissent des yeux de péridotle tout à coup de safran
promeut les angles qui fenêtrent
au nonchaloir du sfumatoet par-delà l’évidence verdie
ingénument l’ombre route les aoûtements
dans un guillochis polymorpheColoquinte
la tantalienne liqueur du ponant
où Cynthia silhouette son émaciementle presque infus ourle la minute séditieuse
y teindre
le fruit qui déborde le cueillirest-ce s’évanouir
ou s’augmenter de la nuit volcanant un lever ?vers la borne
convergent les axiomes d’éclater
et profuse la pulpe supplée l’aubela toxicophore humilie le prodrome des coupoles
son repos que parfait la rupture
a désankylosé l’inespoir
et leur concert tresse l’impasse du sangun ru murmureur de reflets
se résout en l’antienne de l’effusionchaque trait chaque héliophobe rame
des morosités les plus féales
son envisagement les épointeles portera cette contenance
qu’obscurcicolore la rebuffade du décoret d’aussi populeusement s’aiguiser et se brandir
se désheure l’adversaire goniorragique
devant l’imminence de l’archère des rancoeursLa sébile
j’ai vu l’arbre immense
qui semblait porter les balcons
ne pas pouvoir la retenirses jaunes et ses carmins
se déposer sur le trottoir
où ils furent épargnés par les foulementsj’ai assisté d’heure en heure
à sa métamorphose brunissante
comme elle a cessé toutes ses nuances
pour un semblant de fermeture
et même d’enroulement
tandis qu’elle se préparait à recevoirpar intermittences tombait en elle
de l’une ou l’autre fenêtre des façades
un pétale parme ou safran
rose ou rouge sangje décidai un jour à l’aube
de me faire mendiante
et j’adoptai la sébile foliairelorsqu’à mes yeux il y en eut suffisamment
je m’étrangeai du quartier
et donnai d’abord un peu de son butin
contre un sentiment vertigineux de libertéje n’avais nul autre bagage
mes vêtements étaient clairs et légers
j’ai traversé toute la cité
les yeux baissés sur mes mains richesau profond d’une forêt
j’ai songé à m’offrir une logette
en enluminant le zéphyr
mais une partie de l’aumône renversée
a coloré le ruisseau
qui m’a renvoyé une image de femme libre
parmi la mélodie de l’eau
parmi les pierres polies
ambrées et virides telles des gemmesj’ai retrouvé la petite église
où des silences enceignaient mes désheurements
et là j’ai désiré les reflets des vitraux
allumant de rocou
les vieux cierges blanchoyeux de l’autel
et les bouquets tristes dans les grands vases transparents
mais ils passaient déjà
ils s’évanouissaient
et je demandai quel était le prix
pour figer l’étoilesur leurs métamorphoses
j’ai semé un peu du contenu de la sébile
afin que les lueurs
fassent encore des corolles et des flammesune faim et une soif nouvelles
grandissaient en moià l’intérieur d’un magasin
j’ai dépensé presque tout le demeurant
j’ai acheté un masque d’enchanteresse
et l’ai mis sur les traits de la folieje fus comblée par l’émerveillement des employés
et par la candeur des enfantsles pétales volaient partout
comme les déchirures des contratscertains retombèrent sur mes vêtements éclatants
comme ceux des créatures angelicielles
et dessinant un baudrier
pour l’épée de ma joie
d’autres figurant des empreintes
qui passaient par le coeur
et se juchaient sur les épaules frêlesStymphale
Et de ta première distance tu connais l’exténuation vérace
tes lignes sans viatique portaient la gamme d’un dieu
les étamines de la nuit ressourçaient le pollen de ton nom
il n’y aurait à se relever qu’à la clameur de la combinaison neuve
dans sa précision graduelle un chant t’ouvrit les yeux
sa mélancolie te restitua la saillie des os
bas, le convoi dodelinait de toute sa joaillerie de flambeaux
alors foudre d’encres ces ailes éployées
alors ce borée des cris, à saisir ton baptême des confins
et ces éclats de marécage absorbant la panique constellée
À la lueur qui survit paraît un monstre assouviCe fut une colère
cri et horion réunis
inventent une déflagrationl’analyse des corolles fait flamber la chute
une fugacité ombrant le sol
ce qu’il demeurait d’eauun instant de vase encor
roule sa laquure de sable ocres’amorce
l’éloignement géant de la force
alors que le poids des poings l’inclineun bris ce visage le silence
chacun des étages de la maison a pris la couleur de son ubiquitéce qui vient alors muer la peur
et son figementcette esthésie d’ailes soudaines
qui concerne le parsemis des pétalesépanché le pleur
laisse transparaître la solution des essorsce risque des yeux déjà
la cheminée l’exhorteentre elle et le regard
avoir bâti
est méconnusa pierre s’est faite boîte à féeries
et fermer
n’appartient plus aux ogreriestous les oiseaux approfondis en son arcane
renouvellent le signe de l’étherTradescantia
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