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La sébile _ précédé de Regard, et de Coloquinte, suivi de Stymphale, et de Ce fut une colère

  • Ce sujet contient 3 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 13-09-2022 03:05.
  • Créateur
    Sujet
  • #2695945
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      _Pentaptyque_

      Regard

      à même le temps anuméral
      le tamaya suspend
      sa carpomélancolieuse angélophanie

      mais sur tant d’ailes de scellement
      l’après-sombre calque ses paupières
      afin que paraissent des yeux de péridot

      le tout à coup de safran
      promeut les angles qui fenêtrent
      au nonchaloir du sfumato

      et par-delà l’évidence verdie
      ingénument l’ombre route les aoûtements
      dans un guillochis polymorphe

      Coloquinte

      la tantalienne liqueur du ponant
      où Cynthia silhouette son émaciement

      le presque infus ourle la minute séditieuse
      y teindre
      le fruit qui déborde le cueillir

      est-ce s’évanouir
      ou s’augmenter de la nuit volcanant un lever ?

      vers la borne
      convergent les axiomes d’éclater
      et profuse la pulpe supplée l’aube

      la toxicophore humilie le prodrome des coupoles

      son repos que parfait la rupture
      a désankylosé l’inespoir
      et leur concert tresse l’impasse du sang

      un ru murmureur de reflets
      se résout en l’antienne de l’effusion

      chaque trait chaque héliophobe rame
      des morosités les plus féales
      son envisagement les épointe

      les portera cette contenance
      qu’obscurcicolore la rebuffade du décor

      et d’aussi populeusement s’aiguiser et se brandir
      se désheure l’adversaire goniorragique
      devant l’imminence de l’archère des rancoeurs

      La sébile

      j’ai vu l’arbre immense
      qui semblait porter les balcons
      ne pas pouvoir la retenir

      ses jaunes et ses carmins
      se déposer sur le trottoir
      où ils furent épargnés par les foulements

      j’ai assisté d’heure en heure
      à sa métamorphose brunissante
      comme elle a cessé toutes ses nuances
      pour un semblant de fermeture 
      et même d’enroulement
      tandis qu’elle se préparait à recevoir

      par intermittences tombait en elle
      de l’une ou l’autre fenêtre des façades
      un pétale parme ou safran
      rose ou rouge sang

      je décidai un jour à l’aube
      de me faire mendiante
      et j’adoptai la sébile foliaire

      lorsqu’à mes yeux il y en eut suffisamment
      je m’étrangeai du quartier
      et donnai d’abord un peu de son butin
      contre un sentiment vertigineux de liberté

      je n’avais nul autre bagage
      mes vêtements étaient clairs et légers
      j’ai traversé toute la cité
      les yeux baissés sur mes mains riches

      au profond d’une forêt
      j’ai songé à m’offrir une logette
      en enluminant le zéphyr
      mais une partie de l’aumône renversée
      a coloré le ruisseau
      qui m’a renvoyé une image de femme libre
      parmi la mélodie de l’eau
      parmi les pierres polies
      ambrées et virides telles des gemmes

      j’ai retrouvé la petite église
      où des silences enceignaient mes désheurements
      et là j’ai désiré les reflets des vitraux
      allumant de rocou
      les vieux cierges blanchoyeux de l’autel
      et les bouquets tristes dans les grands vases transparents
      mais ils passaient déjà
      ils s’évanouissaient
      et je demandai quel était le prix
      pour figer l’étoile

      sur leurs métamorphoses
      j’ai semé un peu du contenu de la sébile
      afin que les lueurs
      fassent encore des corolles et des flammes

      une faim et une soif nouvelles
      grandissaient en moi

      à l’intérieur d’un magasin
      j’ai dépensé presque tout le demeurant
      j’ai acheté un masque d’enchanteresse
      et l’ai mis sur les traits de la folie

      je fus comblée par l’émerveillement des employés
      et par la candeur des enfants

      les pétales volaient partout
      comme les déchirures des contrats

      certains retombèrent sur mes vêtements éclatants
      comme ceux des créatures angelicielles
      et dessinant un baudrier
      pour l’épée de ma joie
      d’autres figurant des empreintes
      qui passaient par le coeur
      et se juchaient sur les épaules frêles

      Stymphale
       
       
      Et de ta première distance tu connais l’exténuation vérace
       
       
      tes lignes sans viatique portaient la gamme d’un dieu
      les étamines de la nuit ressourçaient le pollen de ton nom
      il n’y aurait à se relever qu’à la clameur de la combinaison neuve
       
      dans sa précision graduelle un chant t’ouvrit les yeux
      sa mélancolie te restitua la saillie des os
      bas, le convoi dodelinait de toute sa joaillerie de flambeaux
       
      alors foudre d’encres ces ailes éployées
      alors ce borée des cris, à saisir ton baptême des confins
      et ces éclats de marécage absorbant la panique constellée
       
       
      À la lueur qui survit paraît un monstre assouvi

      Ce fut une colère

      cri et horion réunis
      inventent une déflagration

      l’analyse des corolles fait flamber la chute

      une fugacité ombrant le sol
      ce qu’il demeurait d’eau

      un instant de vase encor
      roule sa laquure de sable ocre

      s’amorce
      l’éloignement géant de la force
      alors que le poids des poings l’incline

      un bris ce visage le silence
      chacun des étages de la maison a pris la couleur de son ubiquité

      ce qui vient alors muer la peur
      et son figement

      cette esthésie d’ailes soudaines
      qui concerne le parsemis des pétales

      épanché le pleur
      laisse transparaître la solution des essors

      ce risque des yeux déjà
      la cheminée l’exhorte

      entre elle et le regard
      avoir bâti
      est méconnu

      sa pierre s’est faite boîte à féeries

      et fermer
      n’appartient plus aux ogreries

      tous les oiseaux approfondis en son arcane
      renouvellent le signe de l’éther

      Tradescantia

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    • Auteur
      Réponses
      • #3400713
        Administratrice
        Avatar photoSybilla
        Maître des clés
          • Sujet: 17854
          • Réponses: 198274

          Bonjour Tradescantia,

          De superbes images surréalistes très émouvantes évoquant tant de maux !

          Bon courage !

          Douce journée cher ami poète !
          Toutes mes amitiés
          Sybilla

          Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
        • #3400714
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photodolores
          Membre Oasis
            • Sujet: 5307
            • Réponses: 62917

            Bonjour Tradescantia,

            Des images métaphoriques un peu trop abscons à mon goût
            merci pour le partage poétique sous votre belle plume qui
            je suis sûre est un petit bijou.

            Amitiés

          • #3400781
            Plume d'or
            ★★★★☆☆
            Avatar photoTradescantia
            Membre Oasis
              • Sujet: 480
              • Réponses: 1116

              Bonjour,

              Un moment féerique sur une Terre du Ciel, cette feuille tombée d’un arbre, sur le trottoir, et se métamorphosant par degrés en sébile. Les pétales se détachent des fleurs qui ornent les fenêtres voisines, et la remplissent, telles des pièces de monnaie, de jaune en rose, de parme en safran, d’incarnat en rouge sang. Comment ne pas se faire mendiante, puis l’emporter, et s’offrir d’abord, avec une partie de son contenu, un authentique sentiment de liberté humaine, entre regard et colère ? …

              À vous qui avez pris un peu de temps pour la voir évoluer, à vous qui avez laissé quelques mots chaleureux afin que soient exprimés vos ressentis… Gratitude émue ! …

              La journée vous soit cette découverte de petits trésors naturels qui sont les vraies richesses ! …

              Tradescantia

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