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Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne
De la pierre autrefois si pensante _ précédé de Avec le poisson, et de Dépouillement, suivi de Absolution, et de Solitudo
_Pentaptyque_
Avec le poisson
charme foliaire
dans un semblant de tête
un éclaircissement rond
propose un oeil déclosil demeure un peu de vert tendre
pour essaimer des écailles
mais des nervures
effuse tout un paysage lilas
où par intermittences se mêle un cortègeà la tige tenue pour la nageoire caudale
je m’agrippe
et la nage zéphyrienne commencenous traversons de hautes herbes
qui oscillent tout autour de nous
et dont les aigrettes sans nombre
redéfinissent mes vêtements
de manière que je devienne exploratrice des îles
qui effaceront leurs distances angulairesles sons de la cité minimale
les inflexions de ses truismes
et de ses classements
s’évanouissent
surtout le rire d’hôpital
de la femme éreintée
qui fait subir l’attrition à ses bénéficesune houle en offrande
versée par les frondaisons
nous participons de plus en plus des faîtes
où des protées abyssaux avalent
et rendent le soleilj’ai retrouvé l’épave
où patientent mes poèmes
qui ont traversé la mer des angoissesnous parcourons le pont
et nous nous muons en spirale
tout autour du mât
dont le brisement suggère une lettrineDépouillement
il est temps de s’asseoir sur la grande pierre plate
il a suffisamment marché
celui qui n’a plus où allerle lait sucré
le beau que sillonnent les vers
ne feront que peu contre mon éreintementenfin les derniers humains s’en vont
toutes ces femmes avec tous ces enfants
et toutes ces inflexions qui sacrent les inquiétudesils ont fait mal au silence
dont je m’étais considéré comme la sentinelle
avec le baume du soir
j’ai veillé sa convalescenceau comble de la cicatrice vient le vent
au-dessus du panachage de bêtes
que l’homme a composé
et c’est le vent comme un toit
de feuilles et d’étincelles
et je m’étonne de mon livre
de mes mains qui saignent son alphabet
et sur la pierre
me rassure la boisson épandue en transparenceet les paons se juchent
et allument des franges de délivrance
et les oies étendent
et secouent leurs grandes ailes blanchesleurs plumes ainsi neigées
disent-elles les âmes des pommes
qui se corrompent dans le tremblé d’un linceul d’ombres ?De la pierre autrefois si pensante
De la pierre autrefois si pensante
ce corps d’ange paru
et parmi la mousse du gris jaune le temps
a gagné le regard des présenceséchos de pluie
glaçant la cire des photophores
dans leurs entrelacs fusinésserpentine théorie
des galets du trimard
lacuneux tracé des patiences minéralesAutour du disque de la table
pour toute géométrie qui n’y pèse
abîme soudainhôtesse déjà de la fraîcheur
la gangue noire du vin
mais le geste manque au démon qui s’enfuitsa chute désormais
confidente du bris coutumierubique et diaprée
la fenêtre-liqueur éclabousse le soirAbsolution
chaque soir
depuis les prémices de l’été
lorsque le soleil
pénétrant dans les faîtes
allume les céladons et les péridots
qui dominent l’hôpital
un vieil homme s’approche
d’un grand amas de bois coupé aux alentoursil contemple longuement
la petite pièce qu’il a emportée dans sa paume
et dont un semblant d’or
fait luire les chiffres
qui composent une valeur et une annéeensuite avec une impulsion du pouce
il la projette
et les yeux clos
écoute le carillonnement de sa chute saccadée
à travers le pêle-mêle des bûchestandis que le soleil descend
prince des vitesses
la pourpre et la sombreur
vont en croissantla lune a parfois besoin de se renouveler
il arrive que les étoiles
délibèrent sur leurs figurations
en des atermoiements nuagersmais lui rêve à la lumière
que coalisent toutes les pièces amoncelées
dans l’insondablemais lui voit cet éternel feu
qui brûle seulement
les excroissances du pardonSolitudo
D’inextinguibles fêtes épaississent la rive
des panaches de fumées s’enchevêtrent
dans sa prison qui brasille
l’orangé s’aliène l’horizon
des chairs de bronze conglomèrent un levant avide
des musiques en boîte
aventurent des trémoussements
le pain myriadaire plaisante
le vieux rompement multiplicateur de l’évangile
aucune voix n’atteint à la rencontre
aucun baiser ne distance l’aspectMais
sur les frissons pastel de l’eau
un geste
cygne exact
sa lenteur
la limite
outrepasséedétisse ma présence
en noue
le fil
au glissando du soirTradescantia
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