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De la pierre autrefois si pensante

  • Ce sujet contient 4 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoTradescantia, le 06-10-2022 02:36.
  • Créateur
    Sujet
  • #2696440
    Plume d'or
    ★★★★☆☆
    Avatar photoTradescantia
    Membre Oasis
      • Sujet: 480
      • Réponses: 1116

      Poème partagé par Tradescantia – création poétique en ligne

      De la pierre autrefois si pensante _ précédé de Avec le poisson, et de Dépouillement, suivi de Absolution, et de Solitudo

      _Pentaptyque_

      Avec le poisson

      charme foliaire
      dans un semblant de tête
      un éclaircissement rond
      propose un oeil déclos

      il demeure un peu de vert tendre
      pour essaimer des écailles
      mais des nervures
      effuse tout un paysage lilas
      où par intermittences se mêle un cortège

      à la tige tenue pour la nageoire caudale
      je m’agrippe
      et la nage zéphyrienne commence

      nous traversons de hautes herbes
      qui oscillent tout autour de nous
      et dont les aigrettes sans nombre
      redéfinissent mes vêtements
      de manière que je devienne exploratrice des îles
      qui effaceront leurs distances angulaires

      les sons de la cité minimale
      les inflexions de ses truismes
      et de ses classements
      s’évanouissent
      surtout le rire d’hôpital 
      de la femme éreintée
      qui fait subir l’attrition à ses bénéfices

      une houle en offrande
      versée par les frondaisons
      nous participons de plus en plus des faîtes
      où des protées abyssaux avalent
      et rendent le soleil

      j’ai retrouvé l’épave
      où patientent mes poèmes
      qui ont traversé la mer des angoisses

      nous parcourons le pont
      et nous nous muons en spirale
      tout autour du mât
      dont le brisement suggère une lettrine

      Dépouillement

      il est temps de s’asseoir sur la grande pierre plate
      il a suffisamment marché
      celui qui n’a plus où aller

      le lait sucré
      le beau que sillonnent les vers
      ne feront que peu contre mon éreintement

      enfin les derniers humains s’en vont
      toutes ces femmes avec tous ces enfants
      et toutes ces inflexions qui sacrent les inquiétudes

      ils ont fait mal au silence
      dont je m’étais considéré comme la sentinelle
      avec le baume du soir
      j’ai veillé sa convalescence

      au comble de la cicatrice vient le vent
      au-dessus du panachage de bêtes
      que l’homme a composé
      et c’est le vent comme un toit
      de feuilles et d’étincelles
      et je m’étonne de mon livre
      de mes mains qui saignent son alphabet
      et sur la pierre
      me rassure la boisson épandue en transparence

      et les paons se juchent
      et allument des franges de délivrance
      et les oies étendent
      et secouent leurs grandes ailes blanches

      leurs plumes ainsi neigées
      disent-elles les âmes des pommes
      qui se corrompent dans le tremblé d’un linceul d’ombres ?

      De la pierre autrefois si pensante

      De la pierre autrefois si pensante
      ce corps d’ange paru
      et parmi la mousse du gris jaune le temps
      a gagné le regard des présences

      échos de pluie
      glaçant la cire des photophores
      dans leurs entrelacs fusinés

      serpentine théorie
      des galets du trimard
      lacuneux tracé des patiences minérales

      Autour du disque de la table
      pour toute géométrie qui n’y pèse
      abîme soudain

      hôtesse déjà de la fraîcheur
      la gangue noire du vin
      mais le geste manque au démon qui s’enfuit

      sa chute désormais
      confidente du bris coutumier

      ubique et diaprée
      la fenêtre-liqueur éclabousse le soir

      Absolution

      chaque soir
      depuis les prémices de l’été
      lorsque le soleil
      pénétrant dans les faîtes
      allume les céladons et les péridots
      qui dominent l’hôpital
      un vieil homme s’approche
      d’un grand amas de bois coupé aux alentours

      il contemple longuement
      la petite pièce qu’il a emportée dans sa paume
      et dont un semblant d’or
      fait luire les chiffres
      qui composent une valeur et une année

      ensuite avec une impulsion du pouce
      il la projette
      et les yeux clos
      écoute le carillonnement de sa chute saccadée
      à travers le pêle-mêle des bûches

      tandis que le soleil descend
      prince des vitesses
      la pourpre et la sombreur
      vont en croissant

      la lune a parfois besoin de se renouveler

      il arrive que les étoiles
      délibèrent sur leurs figurations
      en des atermoiements nuagers

      mais lui rêve à la lumière
      que coalisent toutes les pièces amoncelées
      dans l’insondable

      mais lui voit cet éternel feu
      qui brûle seulement
      les excroissances du pardon

      Solitudo

      D’inextinguibles fêtes épaississent la rive
      des panaches de fumées s’enchevêtrent
      dans sa prison qui brasille
      l’orangé s’aliène l’horizon
      des chairs de bronze conglomèrent un levant avide
      des musiques en boîte
      aventurent des trémoussements
      le pain myriadaire plaisante
      le vieux rompement multiplicateur de l’évangile
      aucune voix n’atteint à la rencontre
      aucun baiser ne distance l’aspect

      Mais
      sur les frissons pastel de l’eau
      un geste
      cygne exact
      sa lenteur
      la limite
      outrepassée

      détisse ma présence

      en noue
      le fil
      au glissando du soir

      Tradescantia  

    Vous lisez 3 fils de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #3404271
        Mascotte d'Oasis
        Avatar photodolores
        Membre Oasis
          • Sujet: 5307
          • Réponses: 62916

          Bonjour Tradescantia,

          Comme le dit Barbegrise , la longueur des textes
          et d’en mettre plusieurs est un frein à la lecture
          j’avoue perdre pied au suivant

          Belle journée amitiés

        • #3404292
          Mascotte d'Oasis
          Avatar photoNoireLune
          Membre Oasis
            • Sujet: 1482
            • Réponses: 52493



            Bonjour à vous…Tradescantia,
            Une poésie surpuissante…
            Avec des images catapultant des effets saisissants…

            Très amicalement…


            La Po?sie ?a sert ? faire du bien...
            ?a d?noue le n?gatif...
            et ?a devrait ?tre rembours? par la s?curit? sociale...
          • #3404344
            Administratrice
            Avatar photoSybilla
            Maître des clés
              • Sujet: 17861
              • Réponses: 198276

              Bonjour Tradescantia,

              Au travers de tes images si subtilement écrites en tes mots toujours choisis avec soin et ton immense originalité, tes poésies sont d’une telle profondeur qui touchent les coeurs !

              C’est très beau et si sombre parfois !

              Je te souhaite que la lumière entre dans ta vie !

              Douce journée cher ami poète !
              Toutes mes amitiés
              Sybilla

              Le r?ve est le poumon de ma vie (Citation de Sybilla)
            • #3404400
              Plume d'or
              ★★★★☆☆
              Avatar photoTradescantia
              Membre Oasis
                • Sujet: 480
                • Réponses: 1116

                Bonjour,

                S’accrocher à une feuille d’automne qui ressemble à s’y méprendre à un poisson, et le voyage onirique commence… Il mènera jusqu’aux profondeurs abyssales où parmi tant d’argonautes mûrissent les poèmes…

                Cinq fois Gratitude pour avoir visité, lu le pentaptyque, pour avoir offert les mots traduisant vos sentiments…

                La journée vous soit bienveillante ! …

                Tradescantia

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