Oasis des Artistes. Le plus beau site de poésie

Oasis des artistes: Poésie en ligne, Concours de poèmes en ligne – membres !

A l’estrémité de l’humanité , journal de bord du radeau de la Méduse

  • Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Avatar photoislander, le 27-08-2013 15:41.
  • Créateur
    Sujet
  • #2629285
    Avatar photoyoledelatole4
    Membre Oasis
      • Sujet: 4281
      • Réponses: 56546

      Poème partagé par yoledelatole4 – création poétique en ligne

      Journal de bord du second matelot Philippe Lemaitre du navire de la Méduse

      Deux juillet mille neuf cent seize
      Heure inconnue
      A quelques miles de la Mauritanie

      Voilà maintenant quelques heures que nous dérivons à bord de ce radeau de fortune
      Je ne serai dire ö combien nous sommmes sous cette lune
      Tant d’hommes abandonnés par notre commandant , monsieur Chaumarays
      Cent-cinquante
      Peut -être deux cent
      Il y a une femme parmi nous
      Je ne sais son nom
      Je doute qu’elle connaisse le mien ….
      Et je doute que celà ait quelque importance

      Trois juillet mille neuf cent seize
      Le peu de ration que nous avions sont maintenant épuisées
      Un paquet de biscuits , juste un paquet de biscuits
      Et quelques barriques de vin et d’eau
      Elles aussi épuisées
      Quelques hommes se sont jetés à l’eau
      Sans doute dans un espoir meilleur
      Ou quelques abandons de cette folie qui nous gagnent
      Plusieurs de nos compagnons sont décédés
      Certains dont le lieutenant Lescure ont décidés de les jeter par dessus bord
      J’ai soif , si soif ,
      J’ai faim , si faim ……

      Sept juillet mille neuf cent seize
      Le vigile qui était a mes cotés vient de mourir
      Les étoiles se sont assoupies a notre infortune
      La nuit j’entends des bruits , des mots des phrases sont lancées
      Les hommes parlent de nourriture improvisée
      Mais de quoi parlent ils donc ?
      Quelles idées de folie les assaillent ?
      Je ne peux me résoudre à dormir
      Mon compagnon de naufrage me guette , m’observe incidieusement
      La femme qui nous accompagnaient est morte
      Ils ont décidés de garder son corps
      Sans doute dans l’espoir vain de lui rendre une scepulture , un jour , un autre jour plus lointain
      Que dieu ait pitié de nos âmes
      Si dieu éxiste encore .

      Huit juillet mille neuf cent seize , je crois
      J’ai si soif , si faim
      La nuit qui à précédé , ils l’ont faient
      Cette femme et deux de ces hommes qui ont succombés
      Ils l’ont faient
      Ce mot que je n’ose prononcer :
      Cannibalisme
      Les restes et le sang de ces corps en attestent
      Comment ont ils put ?
      Mes lèvres me brûlent
      Et ce vent , ce vent qui hurle
      Et les hommes qui crient ,
      Qui espèrent un secours de l’humanité
      Mais sommes nous encore seulement humains ?

      Douze juin mille neuf cent vingt
      J’ai bu cette eau salé
      je n’aurai pas dut
      Mais j’ai si soif encore
      Un de mes compagnons m’a offert un morceau de canard
      Il était certes cru mais il a apaisé ma faim
      Au moins pour quelques heures
      Ma mère est venue me rendre visite ce matin
      Nous avons parlés de tout et rien
      j’ai demandé au matelot Legasquet d’arreter de me regarder fixement ,
      Rien n’a changé , j’ai décidé de le jeter par dessus le pont
      Lescure est mort , ils l’ont dévorés
      Bientöt viendra l’heure du repas , la cloche va bientöt tinter ……..

      Seize mars mille neuf cent vingt-deux
      J’ai mal au ventre , mais oú suis je
      J’ai du m’endormir
      Nous sommes si peu nombreux
      Dix , vingt peut être
      Ou est la dame qui nous accompagnaient
      Je ne vois d’elle que des lambeaux de sa robe autrefois bleue
      Et du sang , partout du sang !
      Mon dieu qu’avons nous faient ?
      Et oú est ma mère
      Oú sont les hommes ?
      Mes pieds alors que j’écris sont dans cette eau glacée
      Oú est la terre ?
      Oú est cette voile qui viendra nous sauver ?
      J’ai la gangraine , c’est le médecin qui me l’a annoncé , le canard n’est pas revenu ce matin .

      Douze juillet je crois
      Année , e ne sais plus
      Ait plus la force d’écrire , uste boire encore un peu
      Elle m’aide à boire maman
      Heureusement elle est là
      Et le canard
      Mes lèvres brulent
      J’ai si soif , maman encore un peu , uste un peu
      Uste un peu

      Trente trois mars
      E m’en vais ailleurs
      Ais j’ia maman avec moi
      M’en vais aillurs
      Aillueiurs

      Trente neuf
      Soif , si soif , faim
      Fin
      Si faim

      🪶 Signature de la plume

      la nostalgie est un bouquet de fleurs enfoui au fond de votre coeur , qui vous embaume quand remontent les souvenirs du bonheur , yohann

    Vous lisez 1 fil de discussion
    • Auteur
      Réponses
      • #2883451
        Avatar photocandidao
        Membre Oasis
          • Sujet: 747
          • Réponses: 8357

          Juste ce qu’il faut de réalisme pour garder le poétique du récit…
          Une belle suite où la résignation est dite, puis le délire…
          Merci pour ce beau moment de lecture ami Yoledelatole!

          🪶 Signature de la plume

          Pri?re ne pas remonter mes anciens textes, merci
          Le tagastin: quand on vit d'amour et de vers, il faut assumer ses coliques!

        • #2883454
          Avatar photoislander
          Membre Oasis
            • Sujet: 8966
            • Réponses: 96843

            bonjour yohann, tu nous fait vivre des moments privilégiés, je ne connaissais pas cette histoire tout à fait étonnante et unique, je la découvre avec admiration, bravos soutenus,

            yann

        Vous lisez 1 fil de discussion
        • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.