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Sujet
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« …la main posée légèrement sur la
lisse de mon navire comme sur
l’épaule d’un ami éprouvé »
« Le compagnon secret » de J. Conrad.Mon beau bateau
Mon seul ami
Qui dans nos nuits
Voguions sans bruit
Sur l’eau qui bruit
De nos envies
L’éclat jauni
Des phares brandis
Des terres vieillies
Et sans folie.Mon vieux bateau
Dès notre enfance
L’incandescence
De nos errances
Toutes ces danses
Nos impatiences
Dans la brillance
De nos démences
Mers en cadence
Crient leurs fragrances.La mer fendue
Par mon étrave
Les eaux fondues
Comme une lave
Le cap tenu
Cette baie hâve
Barre maintenue
Que l’eau délave.
C’est vers ce roc
Hautainement
Capant ma coque
Assurément
Que mon compas
Pointe sa route
Que vont mes pas
Tout en déroute.Tribord amure
Choix de la vie
Comme ma voile prend un ris.
Bâbord amure
La mort me prend
Comme le loch prend son empan.Alors je choque toutes les voiles
A fond de cale
Vraiment très pale
La peur au cœur
Vient la rumeur
Du long sillage
Cet ensilage
Des flots hersés
Par l’avancée.Oh ! dieux si je suis viable
N’inclinez pas vers la terre
L’écume de mon erre !
Si souvent supplié oh ! diable
Je te serai gré de ton choix
Et ce quel qu’il soit.Depuis quand en rêvais-je
De cet instant sans fin
Où je saurais enfin
Si c’est la vie qui veut
Si c’est la mort qui peut.L’erre du navire se casse.
L’air de ma longue vie lasse.Enfin, je vais savoir……….
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