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Poème partagé par jean-nol – création poétique en ligne
illustration : Guernica de Picasso 1937
» Ni guerre, ni cahot. »
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En revenant de Guernica.
————————Au 7, dans l’atelier des Grands Augustins,
De mai à juin 37, dans une balance de blancs et de noirs,
Le long de sept mètres par trois de haut, le destin,
Joue sur la toile l’horreur de la guerre et le désespoir.« Que les crânes nus et les animaux cruels s’avancent,
Ici on massacre, on pleure, on enlève et viole les femmes. »
Et le lampadaire éclaté éclaire sur tout ce noir qui balance,
Le cheval convulsé qui hurle à la mort parmi les flammes.Un taureau tourne vers nous son regard hébété,
Plus loin, on hurle sur la mort d’un enfant,
Là, c’est un bras qui pend au sol d’une tête déchiquetée,
La folle près du cheval court en perte au brasier ardent.Le taureau : c’est la force virile et brutale,
Le cheval : symbole très féminin de la clarté,
La femme au flambeau : l’âme pure et invulnérable,
Et la lumière : ce qui éclaire la nuit de l’homme en pureté.C’est une grande mythologie moderne et enracinée,
Enracinée dans la mythologie personnelle du Pica-peintre,
L’obsession et l’horreur se trouvent mêlées et calcinées,
Pour évoquer en ombre et soleil, tout l’abject à éteindre.L’officier allemand, visiteur, pose l’incroyable question :
« Qui a fait ça, c’est vous ? »
Et Picasso sans se démonter réplique dans l’émotion,
« Non, c’est vous !. »————————————–
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