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Sujet
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Sous un ciel d’acier,
les pas résonnent comme des tambours.
À peine nés, déjà marqués,
on nous remet un numéro, un rôle, un chemin tracé.
Les visages se ressemblent,
les pensées s’alignent,
et la foule avance, compacte, silencieuse,
coulée dans le même moule,
au rythme d’une marche imposée.Dans les ateliers du monde,
les cœurs sont forgés comme des armes,
les rêves limés jusqu’à disparaître.
On apprend à frapper, à survivre, à obéir,
on cloue sur la peau des mots définitifs :
vivre, mourir, combattre.
Les voix s’éteignent une à une,
englouties par la cadence.Personne ne s’arrête.
Personne ne questionne.
Les corps défilent comme des pièces sur un convoyeur,
les âmes passent sans laisser de trace.
Le temps est une usine,
l’homme, une production en série.Puis soudain,
un cri fend l’air.
Fragile d’abord,
puis immense,
comme une onde qui brise le silence.
Il réveille les mémoires endormies,
il secoue les chaînes invisibles :
« Reprenez vos vies, vos esprits,
osez choisir, osez être. »Alors certains ralentissent,
d’autres trébuchent,
quelques-uns sautent hors de la ligne.
Ils marchent à contre-courant,
brisent le tapis roulant des habitudes,
hurlent leur droit d’exister autrement,
portent la différence comme un étendard.Les machines grincent,
les rouages se dérèglent.
Dans les regards renaît l espoir,
dans les mains tremble la liberté.
Et lorsque la cadence s’arrête,
quand les pas ne sont plus imposés,
l’homme enfin se dresse,
non plus produit,
mais vivant.[/img]

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