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Poème partagé par JacquesHiers – création poétique en ligne
Il y a ces calvaires
Où s’abîment mes sens
Et ces chants de la mer
Au ras des champs de blé,
Il y a ces chemins
Venus de nulle part
Qui s’en vont vers le ciel
En pleine turbulence…
Et il y a ces filles,
Blonds cheveux dans le vent
Qui ressemblent à des blés
Plantés au firmament ;
Puis s’en viennent ces pluies
Pareilles à des chiennes
Qui viendraient mettre bas
Là, en bas des rochers
Et ce Christ rouillé
Au sang qui s’éparpille
Sur le calvaire dressé
Au fond de mes pupilles…
Mon seul Seigneur est là
Qui regarde le vide
Où des nuages au trépas
Font des courses rapides
Où leur ombre s’en va
En touches et en rides
Sur des orges peignés…
Et puis, il y a la mer
Et sa gorge salée
Qui offre ses tétons
A des Anges affolés
Venus de l’horizon
A coups d’ailes pressés…
Quelque part, une messe,
N’entends-tu pas les orgues
Qui se déchirent et cessent
En sanglots ravalés ?
Sur le clavier des flots
Bach s’en est allé,
L’église à tous les vents
Laisse les pluies salées
Mouiller son eau bénite
Au fond d’un bénitier
Et jusqu’au tabernacle
Où le sang de ce Christ
Coule encor pour les Hommes…
Tout brille de partout,
Jusqu’au bout des épis
L’on cisèle des diamants
Tout écrasés de pluie
Dans le soleil couchant…Alors moi, le pécheur,
Je reviens à pas lents
Par le sentier des pleurs,
Crucifié de lumière
Aux lances effilées…Et que m’importait l’heure,
Promeneur, je priais,
Les champs étaient mouillés,
S’en venait de la mer
Une infinie douceur
Et le ciel en langueurs,
Peu à peu dégagé
Avait ce pâle bleu
Des grands yeux en prière…Le calvaire s’égouttait
Et son Christ pleurait
Des larmes de lumières
En gouttes alternées
Qui tombaient sur la pierre
A la mousse brisée
Par tous les chagrins de la terre…Jacques Hiers
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