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Poème partagé par COEURDESILES – création poétique en ligne
La première fois je m’en souviens, Dieu que j’étais peu fière,
Toi l’armoire Kabyle, avec un accent à couper à la rapière.
C’était le début du commencement de la fin de la guerre,
Ou l’on avait tous laissé, un ami, un oncle ou un frère.Seul, isolé, dans le froid sur ces hauts plateaux,
Logé en guitoune à la même enseigne que toi,
On se ressemblait comme deux gouttes d’eau
Malgré mon patronyme de vieux « François »Mais ceux de la racaille ne se posent pas de question,
Ils te jugent sur la couleur de ton faciès ou sur ton nom,
Ce qui m’a coûté moultes fois mes plus belles tannées;
Toi tu m’as reçu à ta table et tu as soigné mes plaies.J’étais là, sans famille; j’étais à « merci-corvéable »
Tu n’étais guère mieux loti, tu étais « leur putain d’Arabe »
Mais que tu avais fière allure quand tu criais « Ä moi Arverne* »
Tu étais mon ancien, j’ai tout appris de toi, c’était en Auvergne.Si malgré l’érosion du temps, je suis au bord de la petite larme,
C’est que tu es resté gravé à jamais dans mes bons souvenirs.
Avec ta déglingue de trouffion j’entends encore ton rire,
Tu étais et tu resteras, car nous étions frères d’armes.(Arvergne: cris de guerre des gaulois,devenu le cris de ralliement)
🪶 Signature de la plumeUn grand bonheur sans partage n'est qu'un petit plaisir solitaire ! (coeurdesiles.)
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