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Poème partagé par jaicemail – création poétique en ligne
Cumparsita
Paroles de G. H. Matos Rodriguez (1916)
« Le cortège
de misères sans fin défile,
autour de cet être malade,
qui bientôt va mourir de peine.C’est pour cela que dans son lit
il sanglote tristement,
se rappelant le passé
qui le fait souffrir. »Ta la tchap tchap tchap tchap
Ta la la la-a-a la tchap tchap tchap tchapMon ami Jean-François, fier danseur de tango,
Passe ci, passe là, par ici, et par Elle,
Encor elle, encor là, à la « Cumparsita » !
Et vos pas allegro, font céleste manière,
Au rythme sangloté, de ce looser reclus,Lâché de tous, (même le chien, n’en voulait plus) ;
Plus d’amis! Maladie ! Un trait sur sa carrière…
Mais pourquoi, les machos, avec leur Lolita,
Se meuvent à passion, en figures si belles,
Sur les lamentations, de ce pauvre Zéro ? !Tchap, tchap…
Panne de courant
Sur le grès de l’évier, j’ai brisé ma verseuse,
Et mon frigo ouvert, bée muet et obscur
Au lait resté tout froid, sur la plaque allogène ;
Ah ! Le beurre trop mou, huile mes doigts pressés,
Sur un quignon qui choit, du côté confiture…Dans le congélateur, de molle nourriture,
Barbotte tièdement, en tas décompressés ;
Une mouche piégée, s’ébroue et morigène ;
Me mouvant à tâtons, dans le bleu clair-obscur,
Je heurte un coin de table, et blesse une valseuse.Tchap, tchap…
Quadrature
Dans cette obscurité, voilà la quadrature :
Manger, puis me vêtir, en amant empressé,
Et répéter les pas, du tango indigène,
Qu’au brunch de ce tantôt, dans un style très pur,
Je dois danser avec, une amie pétrisseuse…Fatiguant la laitue, j’ai tâché ma vareuse ;
Cassoulet digéré, au subjonctif futur,
Et haricots tarbais, me mettent dans la gêne;
L’éclair au chocolat, par ma bouche oppressé,
Coule sur mes vernis, grasse et brune mixture.Tchap, tchap…
Je suis prêt
Dès ma porte franchie, je revoie mes figures,
Chuintant bandonéon sur la « Cumparsita » ;
D’abord la « Salida », vers l’ascenseur inerte,
Qui n’ose demander, pourquoi je pars si tôt :
Un ! Arrière pied droit, Deux ! Latéral du gauche,Trois ! Ramener le droit, sur celui-là de gauche,
Tchap, tchap ! Dissociation, Et quatre ! Gauche en haut !
Cinq ! Ramener le droit, peser d’un poids alerte,
Six ! Pied gauche en avant, Sept ! Droit vers Lolita,
Huit ! Rassembler les pieds… Nickel ! De bons augures !Tchap, tchap…
Seul dans la ville
Dimanche de printemps, après-midi en ville,
Ciel bleu, la rue est blanche, et déserte, et muette ;
L’heure est aux, diners fins, des grands chefs, étoilés,
Qui rôtissent, veau d’or, dans d’étranges, cuisines,
Avec des, prix torrides, et des plats, surgelés.Je dois localiser, le rendez-vous… je l’ai !
Mon GPS, acquiesce, et l’odeur de résine,
De ce parquet de pin, sous les mâts entoilés,
Me grise à n’esquiver, quelqu’un qui me claquette,
Ma valseuse épargnée : c’est Lolita ! La vile !Tchap, tchap…
Sur la piste
« – Salut ! Fier cavalier ! Tu es déjà plié !…
Mais de grâce modère, un peu cette courbure :
Elle me cambre tant, que ma nuque a cogné,
Les lames du parquet ! Ollé ! Tu me redresses…
…Mes cheveux sont coincés ! Ma perruque est au sol ! »« – Je vais trouver les pas, pour reprendre sans dol,
La postiche sans quoi, tu manques de tendresse !
A « Parada » je stoppe, sur l’objet dépeigné,
Tu enjambes, et du pied, tu lèves la coiffure,
Je guide et elle retombe en ton crâne exfolié ! »Tchap, tchap…
Péroraison
Comme à « Cumparsita », la Condition Humaine,
Nous oblige à glisser, sur le fil du hachoir,
Et autour, on nous pousse, on gémit, on s’embrase ;
Nous marchons, esquivons, comme pas de tango,
Pour terminer un soir, à l’autre bord de piste.Je viens de m’éveiller d’un doux rêve utopiste :
En lascifs mouvements sur air de fandango,
Lolita dessinait des figures d’extase;
Las ! A « Cumparsita », elle ne cesse de choir,
Sur un danseur macho qui en fait son domaine.JMA – 26/07/12
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