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Poème partagé par coburit – création poétique en ligne
Quand les derniers frimas s’envolent
Le vieux professeur reprend ses flâneries
Dans les bosquets des Tuileries
Prés des Demoiselles de Maillol.Ainsi tous les après midi il les contemple,
Assis sur une vieille chaise les adorant
Comme le faisaient les anciens dans les temples
De Venus, des déesses des anciens temps.Sa préférée est une douce jeune fille
Posée comme le Penseur, si fragile.
Sa douleur ravive ses souvenirs
Lui qui lentement se voit mourir.Les heures ont passé, la Lune s’est levée.
Ses rayons d’or inondent la brune chevelure
Redonnant à la jeune fille l’illusion de l’été,
Au cœur du vieillard une tendre tribune.Comme dans un songe il la voit se lever,
S’approcher de lui, lentement l’effleurer,
Un souffle chaud se pose sur sa joue,
Une main ferme l’aide à se mettre debout.Sur son crane dégarni ses cheveux repoussent,
Habilement elle lui ôte ses vêtements.
Ses vingt ans reviennent grâce à sa douce,
Sous les tendres caresses la vigueur des amants.Au matin, un jardinier trouva une pile de vêtements
Posées sur une vieille chaise pliante.
Il remarqua d’un œil distrait la nouvelle statue
Celle d’une jeune fille et de son amant nus.Ils s’embrassaient comme aux amours naissants,
Curieux il s’approche, entendit un bourdonnement.
Sur le bronze il posa une oreille :
Deux cœurs battaient unis dans leurs sommeils.
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