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Sujet
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[center]La survivance des silencesPoème
Le ciel porte un silence aux nuances fanées,
Comme un souffle arrêté au bord de l’oubli ;
L’arbre nu tend ses bras, lentement condamnés,
À caresser le vide où s’efface la vie.Ses branches sont des doigts qui cherchent la mémoire,
D’un printemps effacé dans l’encre des saisons ;
Elles écrivent en l’air une fragile histoire,
Que le vent lit tout bas sans donner de raisons.Mais voici qu’un éclat, timide et nécessaire,
S’invite en contrepoint du bois presque défait ;
Un vert obstiné luit comme une prière,
Et murmure à la mort : « je ne cède pas, jamais. »[/center]Prose poétique
Le ciel s’est retiré en lui-même, comme un vieil homme qui ne veut plus répondre aux questions du jour. Il étend son gris sans nuance, sans colère, sans promesse: une fatigue suspendue.
L’arbre, lui, ne proteste pas. Il se tient debout dans l’aveu de sa nudité. Ses branches, fines comme des regrets, griffent l’air à la recherche d’un souvenir de printemps. Il ne demande plus, il se souvient. Et dans ce souvenir, il tient encore.
Puis il y a cette touffe verte, insolente presque. Une confidence mal gardée. Elle surgit sans autorisation, comme un rire dans une chambre de deuil. Elle n’explique rien, elle insiste. Elle ne nie pas la mort autour, elle la contourne avec une tendresse têtue.
Je regarde cet ensemble comme on regarde une vérité qu’on ne voulait pas comprendre : ce n’est pas la vie qui triomphe, ni la mort qui gagne, c’est leur entêtement à cohabiter.
Et dans ce fragile accord, quelque chose en moi respire à nouveau, non pas par espoir…mais par habitude d’aimer ce qui persiste.[center]Copyright©2026 Charef Berkani
Photo : Charef[/center]
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